Interview de Kwabs

Interview de Kwabs

Comment as-tu commencé ta carrière musicale ?

J’ai toujours chanté. Mais j’ai vraiment décidé de faire de la musique vers 21 ou 22 ans. J’ai mis une reprise d’un titre de Corinne Bailey Rae sur Internet pour voir si les gens pouvaient m’aimer comme chanteur ou voir si quelque chose allait se passer. J’ai attendu et les gens se sont mis partager la vidéo et à l’aimer. J’ai donc décidé de faire ma propre musique et de composer mes propres chansons.

 

 

Tu es né au Ghana. Tu as grandi dans une famille d’accueil près de Londres. Une prof de musique a repéré ton talent. Tu penses que tout ça est dû à la chance ?

Je pense que dans la vie tu crées ta proche chance. Quand tu travailles dur, certaines opportunités s’ouvrent à toi plus facilement. Mon parcours a en quelque sorte était béni.

 

Tu as rencontré les bonnes personnes au bon moment.

Je ne pense pas que tu puisses rencontrer les bonnes personnes sans te mettre en condition pour qu’elles te rejoignent. Tu dois t’ouvrir à elles.

Je me sens très chanceux. Il y a eu quelques personnes dans ma vie qui ont encouragé mes rêves quand j’en avais besoin. C’est vraiment quelque chose de spécial parce qu’on ne dit pas à tout le monde que seul le ciel est la limite. C’est important, spécialement quand tu es jeune, de savoir que tu peux atteindre ce que tu veux si tu le veux vraiment.

 

Tu as actuellement 3 EPs à ton actif (« Wrong Or Right », « Pray For Love » et « Walk »). Pourquoi avoir choisi ce format ?

Avec un EP tu suis un processus créatif qui te permet de sortir des projets qui te représentent vraiment au moment de l’écriture. Et ça te permet d’embarquer d’autres gens dans ce processus. Tu ne produis pas que des chansons qui te représentent, tu impliques aussi des gens dès le départ.

Au moment où je vais sortir l’album, il y a déjà plusieurs chansons que les gens qui me suivent connaissent déjà. Je trouve ça bien d’avoir des fans qui savent déjà ce que tu fais.

 

Ton album « Love+War » sort prochainement (le 29 juin). Peux-tu nous raconter un peu son histoire ?

J’ai commencé à écrire les chansons il y a 3 ans environ. Je ne pensais pas du tout à faire un album. Je voulais juste avoir des chansons qui voulaient dire quelque chose et ça a pris un peu de temps. L’album a suivi un processus de découverte. Je cherchais des chansons que j’aimais, qui me représentaient à ce moment-là, et la déclaration que je voulais faire en tant qu’artiste.

J’ai essayé plusieurs choses différentes. En 3 ans, ta vie peut changer. C’est vraiment l’année passée que j’ai senti que j’avais les titres qui composeraient l’album. Je savais que j’avais trouvé ce que je voulais dire à travers les paroles et à travers la musique. L’album est un recueil de mon meilleur travail et me représente le mieux sur cette période.

 

 

Pourtant, en 3 ans tu as pu changer.

Certainement. Mais les chansons qui sont restées le plus longtemps avec moi sont celles qui me représentent certainement mieux que ce que j’aurais pu imaginer.

L’album s’appelle « Love+War ». Il décrit les éléments que j’ai rassemblés au moment de l’écriture et qui s’opposent, des côtés de l’humanité qui sont très différents, mais qui la font fonctionner. L’humanité est faite de bons et de mauvais côtés qui doivent coexister.

 

C’est pourquoi les titres des morceaux ont parfois un aspect négatif comme Cheating On Me ou au contraire un aspect plus positif comme Make You Mine ?

C’est ce que j’aime. Et je pense que c’est ce qui est intéressant.

 

Tes morceaux sont vecteurs d’émotions. Tu as besoin d’être dans un état particulier pour les écrire ?

Parfois. Généralement, je tire l’inspiration de quelque chose que j’ai pu ressentir. Que ce soit il y a un an, que ce soit hier ou que ce soit maintenant. Ça doit, d’une certaine manière, être quelque part dans mon esprit.

 

SOHN a produit des titres pour toi. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Grâce à mon manager. Je connaissais son titre The Wheel. Je n’avais aucune idée de si on allait travailler ensemble ou pas. J’ai juste profité de l’opportunité qui m’était donnée. La première fois que nous avons travaillé ensemble était également la première fois que nous nous sommes rencontrés. Nous avons écrit The Last Stand.

 

 

Comment t’a-t-il aidé ?

Nous écrivions juste ce que nous aimions tous les 2. Il se trouve que sa production, son écriture, son instinct et ma voix collaient ensemble. Il n’y avait pas vraiment besoin de parler ou d’analyser. La combinaison de nos voix fonctionnait et nous avions besoin de continuer à travailler là-dessus.

Sa production m’a permis de découvrir que la meilleure place pour ma voix était peut-être en toile de fond. C’est devenu vraiment excitant quand j’ai réalisé que c’est vraiment ce qui était important : avoir ce contraste entre ma voix qui peut sonner un peu vintage et la mixer avec quelque chose de plus pointu.

 

Tu explores différents styles de musique comme le r’n’b, le gospel et la musique électronique. Tu aimes mixer ces styles ?

Le fil conducteur de cet album c’est ma voix et la façon dont je parle. J’ai eu la chance de pouvoir explorer différents styles en gardant le tout cohérent. Je pense que c’est plus sympa que de vouloir essayer la même chose sur chacune des chansons. Ça devient stressant d’essayer de faire sonner tout de la même façon.

J’ai fini par trouver des morceaux que je pouvais sélectionner pour créer un album dont chaque partie allait l’une avec l’autre.

 

Tu as rencontré le prince Harry. Comment ça s’est passé ?

C’était lors d’un documentaire de la BBC (NDLR: Goldie’s Band) qui mettait en avait 12 jeunes musiciens. Ça se terminait dans une grande salle de concert qui s’est trouvée être Buckingham Palace. J’y ai joué et ai serré la main du prince Harry. C’est un mec très sympa.

C’est un évènement que je peux désormais rayer de ma liste de choses à faire dans ma vie. (rires)

 

 

Tu as fait une reprise du titre The Wilhelm Scream de James Blake. Si quelqu’un devait reprendre un de tes morceaux, qui voudrais-tu que ce soit ?

Excellente question. Je dirais Bon Iver. Je préférerais que ce soit quelqu’un comme lui qui a une approche complètement différente. Et il a une voix incroyable.

 

Tu écoutes quoi actuellement ?

Jessie Ware, Tove Lo, Erik Hassle. J’aime beaucoup la musique de Tove et de Erik parce que c’est de la pop, mais de la pop très fraîche.

 

Quels sont tes projets pour la suite ?

Une fois l’album sorti, il guidera la suite.

J’écris des chansons, peut-être pour le prochain album, peut-être pour d’autres artistes. Je trouve ça amusant d’écrire pour d’autres.

Actuellement je suis en tournée. J’ai vraiment beaucoup de festivals en Europe cet été. Je profite du fait de voyager. Je verrai bien si je survis. (Rires)

 

Tu joues à Paris au Café de la Danse ce soir. Tu te sens comment ?

C’est génial d’être de retour. Peut-être que cette fois je visiterai un peu plus la ville parce que parfois tu as juste le temps de jouer dans une ville et tu la quittes aussitôt.

 

 

L’album « Love+War » sort le 29 juin 2015 sur le label Atlantic Records.

Interview réalisée le 8 avril 2015.

Remerciements : Kwabena aka Kwabs, Arnaud, Adrien.

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