Interview de Matthew Young

Interview de Matthew Young

Où es-tu en répondant à ces questions ?

Assis sur le bord de mon lit, écoutant Clair de Lune en boucle pour essayer de couvrir le bruit des ouvriers qui construisent un nouveau bloc d’appartements à côté, pour que je puisse répondre sans distraction.

 

Tu es sur SoundCloud depuis un an environ et tu n’as montré ton visage que récemment. Tu étais trop timide pour te montrer ou tu voulais en jouer pour attirer l’attention ?

Au début je voulais juste créer une image qui ne donnait pas ou peu d’indications sur le genre de musique que je fais. Je voulais jouer avec les formes et les couleurs. Il n’y avait aucune réflexion particulière à cacher mon visage. Je voulais que la musique parle d’elle-même.

Ça ne devait être utile que momentanément mais les choses ont pris plus de temps que prévu à sortir et la révélation est devenue tout un sujet.

 

 

Tes morceaux mixent des beats électroniques et des sonorités r’n’b pour créer un son très sensuel. D’où tires-tu ton inspiration ? Est-ce que ça provient d’expériences personnelles ?

Je pense que c’est toujours mieux d’écrire à partir de son expérience personnelle. Même si j’exagère certains détails ou en minimisent d’autres c’est toujours la base de mon écriture. Parfois j’écris au sujet d’un ami qui traverse quelque chose, mais généralement c’est juste moi. J’aime exploiter les idées de paroles un peu kitsch et les rendre mièvrement douces ou un peu « à part », si tu vois ce que je veux dire.

 

Ton EP « Dive » est sorti le 12 juin. Peux-tu nous raconter l’histoire de cet EP ?

L’EP contient 3 des 4 morceaux originaux que j’ai mis sur SoundCloud, et 3 autres pour lesquels j’attendais la sortie de l’EP. J’ai travaillé pendant presque un an, et amener la direction artistique et toute la matière à un niveau tel que je l’attends peut être long, mais ça vaut finalement le coup. Ça donne un avant-goût de ce que je suis capable de faire pour pouvoir continuer à en faire plus.

 

Tu as précédemment parlé de ton amour pour Prince, Michael Jackson ou Madonna. Tu penses que les années 80 sont les meilleures musicalement ?

D’un point de vue personnel, je dirais oui : les années 80 représentent la meilleure décennie pour la musique.

Visuellement ça m’a toujours parlé parce que les gens s’intéressaient beaucoup à jouer avec les styles, les formes et les couleurs. Ils n’étaient pas cantonnés  à paraître trop masculins et c’était fun.

Je pense que c’est pareil pour la musique, c’était coloré et fun. La production musicale en général a fait un énorme bon en avant pendant cette période et la musique s’est diversifiée tout en se concentrant à faire des hits.

 

Tu as sorti un clip pour Magic. Comment as-tu trouvé cette idée de vidéo en noir et blanc ?

Le concept est simplement d’élaborer une esthétique que nous avions déjà commencé à définir jusqu’alors. Mais je voulais donner un vrai sens au mouvement et à l’ambiance d’une façon un peu moins conventionnelle. C’était intentionnellement narcissique et rebutant avec toutes ces images de mon visage presque en mode éditorial.

Le bras de la femme se voulait être sensuel sans être sexy. Ça se voulait aussi un peu terrifiant, ce qui est bien.

 

 

La mode, les clips, les pochettes, tout est très visuel. Quelle est ta relation avec tout ça ?

À la base je devais poursuivre des études d’art à l’université après le lycée. Mais à la dernière minute, j’ai finalement pris une décision impulsive en choisissant la musique. En plus, la musique donne le meilleur de tout, parce que tu peux prendre autant de temps à travailler sur l’esthétique visuelle qu’auditive.

J’ai toujours aimé la mode et l’art, et j’ai toujours essayé de créer la combinaison adéquate pour mettre en valeur ce que je crée musicalement. Je veux créer quelque chose qui soit beau mais aussi « à part » de façon à ne pas pouvoir réellement l’atteindre.

 

Y a-t-il des artistes français, dans divers domaines, avec lesquels tu aimerais collaborer ?

J’aime beaucoup les sneakers que Pigalle a faites en collaboration avec NikeLab.

J’aime aussi les chaussettes faites par Cornaërt. J’ai une obsession des chaussettes presque maladive, donc Cornaërt, si tu lis ça, je suis prêt à collaborer.

 

As-tu entendu parler dernièrement des propos de Ten Walls et de GFOTY, accusés respectivement d’homophobie et de racisme ? Ça te touche en tant qu’artiste ?

On est en 2015 et les gens devraient arrêter d’être cons entre eux. Si tu ne peux pas être décent et accepter les gens pour ce qu’ils sont, au moins garde ta haine pour toi. Je suis content que nous avancions vers une période où la tolérance envers les préjudices ne soit plus acceptable. Mais j’espère aussi que nous pourrons continuer à dialoguer pour que des gens comme Ten Walls ou GFOTY puissent avoir l’opportunité de changer.

Je suis tellement heureux d’être dans une époque où nous voyons autant de changements positifs.

 

Tu aimes vraiment la mode. C’est quoi le look parfait pour cet été ?

Nous arrivons en hiver ici en Nouvelle-Zélande donc je dirais les pantalons à pince taille haute, les manteaux oversize et les bottes en caoutchouc pour moi.

Je suis amoureux de la nouvelle collection Hommes Printemps/Été 2016 d’Acne Studios, donc quand l’été arrivera j’y ferai quelques achats.

 

 

Et puisque tu aimes la mode, aura-t-on la chance de te voir à Paris prochainement ?

Ça serait un rêve. J’y serai dès que possible. Mon frère est allé à Paris l’année dernière et m’a dit que c’était l’endroit idéal pour moi donc je m’y retrouverai incontestablement.

 

Que peut-on attendre de Matthew Young à partir de maintenant ?

Je veux continuer à en faire plus. Je ne suis pas encore complètement sûr de comment présenter ou packager tout ça à ce stade, mais je peux dire que je suis de retour à l’écriture et à l’organisation des répétitions pour des live et serai de retour en studio très bientôt.

 

L’EP « Dive » est sorti le 12 juin 2015 chez Sony Music Entertainment.

Interview réalisée par email.
Remerciements : Matthew, Taryn, Jaden.

Chroniqueur
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