Interview de Pamela Hute

Interview de Pamela Hute

Pamela Hute sortira le 24 février prochain son troisième album... IndiePopRock.fr a eu la chance de l'interviewer !!!

Pourrais-tu te présenter pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas ?

Bonjour à tous, je m’appelle Pamela Hute, et je m’apprête à sortir mon troisième album ‘Highline’ fin février. Je fais du rock indé…enfin, je crois !

La sortie de ton EP “Today” est annonciateur de ton troisième album “Highline”… Peux-tu nous en dire plus sur le contenu de ce nouvel album?

L’EP ’Today’ est un extrait de ‘Highline’, en somme. Une sorte de mise en bouche.

‘Highline’ est un album très personnel. Ça sonne un peu bateau de dire ça, mais c’est vrai. Il est constitué de 11 titres qui sont tous plutôt introspectifs. Je suis très attachée à ce disque, peut-être parce que c’est le premier que j’ai vraiment fait de A à Z.

Qui a produit cet album et où l’as-tu enregistré ?

Il a été produit par Jay Pellicci et moi-même. Après deux ans d’écriture, avec des titres abandonnés, réarrangés, et d’autres qui semblaient plus évidents, j’avais envie de travailler avec quelqu’un d’extérieur pour m’aider à choisir et diriger l’enregistrement. Jay est venu une dizaine de jours en Dordogne dans la maison qui me sert de studio depuis le 1er album, et c’est là que nous avons enregistré. Je suis repartie ensuite avec lui à San Francisco pour mixer à Oakland dans son studio, et enfin à New York pour faire masteriser l’album.

La pochette représente une illustration de toi… Narcissisme ou message masqué ?

Narcissisme non, je ne suis pas particulièrement attachée à avoir ma tronche sur la pochette de mes disques même si la réalité prouve le contraire ! J’ai contacté le dessinateur Aseyn pour travailler sur l’album, je voulais qu’il fasse des illustrations pour chaque chanson, qu’il me donne sa représentation du disque. Il a accepté le challenge, et m’a aussi croqué de différentes façons. Je me suis retrouvée avec une multitude de dessins et ce portrait s’est imposé naturellement, il faisait bien le lien avec les deux premiers disques aussi, d’où ce choix.

Doit-on s’attendre à un nouveau style ou à une évolution ?

Oui je pense. Le songwriting est peut-être un peu plus consistant et c’est plus pop au niveau de la production. Moins de synthés. Sur scène c’est toujours rock, voire plus qu’avant même. C’est vraiment difficile pour moi de répondre à ce genre de question sur mon propre disque…

Entre l’esthétique punk et les ogives power-pop que tu proposes, de quel courant te sens-tu la plus proche ?

Je pense que je suis vraiment entre les deux. Et je ne veux pas faire de choix. J’adore les mélodies et j’adore les guitares. Je pense cependant que ‘Highline’ est un disque plutôt powerpop, moins punk. Mais j’aime les larsens, j’aime quand les guitares bavent et j’aime hurler dans un micro. J’ai ça en moi aussi… ça doit bien transparaître quelque part dans le disque… non?

Banshees, ton dernier single sonne franchement comme Elastica… Que dirais-tu si je vois en toi une nouvelle Justin Frischman ?

J’adore Elastica. Leur premier disque était vraiment un must. Que des tubes et une désinvolture bien punk et bien brit. Et là encore, des mélodies imparables.

Je suis sans doute un peu moins destroy que Justin Frischman, mais j’apprécie la comparaison. Je pense que les filles ont une manière de faire du rock qui est très différente des garçons, dans le rapport à la rythmique et le placement des mélodies, notamment. C’est comme Sleeper. J’aimais bien aussi. Je trouve que ces écritures se ressemblent. Peut-être la mienne aussi un peu? Je ne sais pas…

Après un passage sur Taratata en 2010, ta carrière a-t-elle subi un changement ?  Cela a-t-il été bénéfique pour ta carrière ?

Haha! non pas vraiment. Juste un petit coup de projecteur et l’étiquette « vu à la tv », mais aucun changement notable sur le long terme. C’était bénéfique parce que c’était une expérience vraiment magique, beaucoup de gens m’ont découvert à cette occasion, et dans cette émission tout est fait pour mettre l’artiste en valeur ce qui est formidable. Mais l’effet est de très courte durée, c’est inévitable.

Qui sont les artistes qui t’ont le plus influencé ?

On parlait de la brit pop, et c’est vrai que j’écoutais beaucoup Blur et Elastica à l’époque, et tout ce qui était en tête d’affiche à Glastonbury, Leeds ou Reading.

Nirvana a été une grosse influence aussi, j’adorais ce contraste entre les mélodies ultra pop, la rythmique puissante et les guitares hurlantes.

Mais à côté de cet héritage très 90s qui correspond à ma génération, je ne quittais pas mes disques de Beatles, Revolver notamment. Et Otis Redding aussi. Je suis une inconditionnelle de la soul de cette époque et de ce qui est sorti chez Stax.

Alors tu vois, entre toutes ces références principales il y a de la place pour pas mal de variations…

Avec qui aimerais-tu partager l’affiche en concert/festival ?

Quelle question difficile.

Nada Surf est un groupe avec qui j’aimerais bien jouer, je connais un peu Matthew Caws et du coup ça me semble réalisable, et ce même si j’écoutais Popular à la radio quand j’avais 14 ans. Il n’y en a pas 36 autres qui existent encore et qui tournent. Dans des groupes plus récents, c’est difficile à dire.

Il y en a une multitude que j’adore et avec qui j’aimerais bien jouer, mais je ne pense à personne en particulier.

As-tu une tournée de bientôt planifiée ?

Nous avons quelques dates, mais c’est assez petit pour le moment… les joies de l’indé, pas de tourneur, pas beaucoup de dates hélas…

Comment en es-tu arrivée à monter ton propre label “My Dear Recording” ?

J’ai raconté un peu la genèse de ce disque et les différentes étapes de mon parcours sur mon blog. Après avoir collaboré pendant deux disques avec tôt Ou tard cela m’a semblé évident que j’étais arrivé au bout de quelque chose. Créer le label était la suite logique, j’en avais l’envie, et le besoin, tout simplement.

En plus d’avoir davantage de contrôle sur le processus artistique, et la diminution des intermédiaires, j’avais aussi envie de me mettre au service d’autres artistes. Je suis autant attachée au label qu’à mon propre projet, c’est un travail complémentaire et passionnant.

Qui est la personne qui l’a cofondé avec toi ?  Comment vous êtes-vous rencontrés ? … ?

Je l’ai fondé avec Julien Le Nagard. Je ne connais pas Julien depuis très longtemps, nous nous sommes rencontrés en mars 2016. Il m’avait invité dans son studio pour enregistrer un track acoustique et nous avons sympathisé à cette occasion. Il a remplacé mon guitariste sur une petite date acoustique et très vite on a parlé de nos projets. Mon label était déjà prêt, le nom, les statuts, j’avais tout, mais je ne m’étais pas lancée. Julien était un peu au même stade de sa carrière que moi : de l’expérience, des déceptions, l’envie de reprendre le contrôle… mais surtout, nous avions une vision commune du marché de la musique, l’envie de faire de beaux objets, des vinyles, etc… Alors on s’est dit qu’on allait monter ça ensemble. C’était super logique, et artistiquement on est plutôt complémentaires, on a la même culture.

Depuis, David nous a rejoints en bénévole pour toute la partie merchandising et store. Il s’occupe des envois. Son rôle est très important, car pour l’instant c’est notre unique source de revenus.

Peux-tu nous expliquer la présence de Showstar sur ton label et leurs futurs projets ?

Ce label c’est avant tout une maison pour les copains. Alors évidemment on l’a monté pour nos projets respectifs, Julien (why elephant) et moi même (pamela hute), mais la première chose que je voulais faire c’était appeler les amis. Je connais showstar depuis think ringo, et je trouve incroyable que ce groupe ne soit pas plus important. Ils ont fait tellement de bons disques. Alors voilà, je leur ai proposé, et ils étaient ravis.On ne pèse pas bien lourd, mais l’union fait la force, et à plusieurs tout est beaucoup plus simple.

J’ai vu sur le catalogue de My Dear Recording une “Dialog Tape Series #1” entre toi et Showstar… Quel est le concept ?

L’idée de cette série qui sera certainement déclinée en vinyle à un moment est de faire dialoguer les groupes entre eux. Des sortes de splits, mais qu’on conçoit comme deux chansons qui se répondent. On a commencé par des cassettes ultra DIY parce qu’on n’avait zero sous et qu’on voulait quand même sortir quelque chose et se lancer. On en a sorti deux, qu’on espère être les premières d’une longue série…

Qui aimerais-tu signer sur ton label ?

Difficile de te répondre parce que je sais qu’aujourd’hui on ne peut pas apporter grand-chose aux groupes à part un tuyau de distribution et un shop en ligne bien fichu. Il y a beaucoup d’artistes qui en arrivent aux mêmes conclusions que nous, mais qui n’ont pas la fibre entrepreneur et se sentent incapables de se lancer dans une telle aventure. Ça me plaît bien d’aider ces artistes-là. On a aussi signé un jeune groupe My Thinking Face, que j’ai découvert vraiment par hasard sur le net, et avec eux c’est assez simple. Ils produisent leurs disques et on les aide à les sortir et à les promouvoir via notre réseau. On fonctionne beaucoup par précommandes pour essayer de financer les fabrications. C’est vraiment DIY, mais on arrive à faire plein de choses comme ça, c’est formidable. On a juste 4 artistes, mais on est déjà super occupés, on a aussi un gros projet de compil… je ne veux pas qu’on se perde dans des signatures sans garder un très forte cohésion artistique.

Quelle est ta playlist du moment (artistes contemporains qui te marquent) ?

Blaenavon que j’ai découvert il y a fort longtemps et dont je ne me lasse pas, et en vrac (du vieux et du récent) : Grandaddy, Anteros, Terry Malts, Midlake, the Extons, David Bazan, Angela Aux…

 

Picture by Laura G. Berson

Rédacteur en chef
  • Date de l'interview 1 082 vues06 janvier 2017
  • Tags Pamela Hute
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