Interview de Raphaël

Bercé par David Bowie, Neil Young, Bob Dylan ou Lou Reed, Raphaël signe à 24 ans, un premier album « Hôtel de l’Univers » chez EMI. Attention Raphaël n’est pas qu’une gueule d’ange à faire craquer les filles. C’est aussi un auteur-compositeur sensible qui n’exclu jamais des riffs de guitares incisifs. Et c’est bien avec son nouvel album « La Réalité » que l’artiste devrait conquérir un large public. Retrouvons-le à la veille de la sortie de ce nouvel opus

Pourquoi 3 ans? Travail sur album « La Réalité », promo, introspection?

Pas trois ans ! L’autre album est sorti il n’y a même pas deux ans et demi. Tu sais, le premier disque en octobre 2000, on va dire que jusqu’aux Victoires de la Musique (en mars 2002) j’étais encore en train de le défendre, en faisant des radios, des concerts, des interviews, de la promo ; ça prend pas mal de temps.

Et en même temps évidemment, commencer à écrire pour l’autre disque, petit à petit, sans trop se faire violence au début puis en se faisant vraiment violence parce qu’il faut remettre la machine en marche et que les choses sortent. Voilà, j’ai dû commencer à écrire pour l’album « La Réalité » en avril 2001 et puis le premier morceau qui reste sur le disque doit dater de octobre 2001 ; tout a été écrit entre octobre 2001 et août 2002.

Sans te faire violence, après en te faisant violence…. Comment composes-tu ?

Ça marche très simplement, je prends une guitare ou un piano et je chante. Je fais les deux en même temps, paroles et musique, ça vient toujours ensemble. Je pense que la mélodie va dépendre un peu du sens du texte, c’est difficile de chanter quelque chose si tu ne sais pas de quoi tu parles. L’harmonie va marcher en fonction de la sonorité du mot, j’aime beaucoup mieux travailler comme ça…je ne fais que comme ça !

Alors parfois, j’ai un petit cahier sur les genoux et j’écris, parfois je n’ai même pas de petit cahier et je chante juste avec ma guitare ou mon piano, les mots viennent. Je chante pendant dix minutes par exemple, je trouve mon couplet, mon refrain, bref je chante mon truc et puis ensuite je réécoute. En général y’a des tas de trucs bien, je les recopie et je construis mon texte en fonction de ça. Parfois il n’y a même pas besoin de les reconstruire, parfois il y a besoin d’un peu de couper-coller dedans.

Tu as une idée de structure pure, simple ou tu as déjà des idées d’arrangements qui viennent se greffer rapidement ?

Souvent je crée un petit climat musical derrière, je fais une petite maquette, c’est à dire avant même d’avoir une mélodie ou un texte je joue une ligne de basse, deux trois trucs de percussions ou de batterie, trois petites guitares… Avoir un décor, une ambiance, voir si ça m’appelle des mots, une mélodie, tu vois, si ce décor va me faire rêver, va me faire partir quelque part.

Alors neuf fois sur dix ça fait rien du tout, juste un décor vide et puis des fois tu viens habiter le décor et puis c’est bien. Et des fois c’est juste rien du tout, seulement guitare/voix et je n’ai aucune idée d’arrangements.

Et ça vient en studio ?

Parfois même, ça ne vient pas en studio, même en studio quelquefois on rame… Souvent oui, je crée déjà l’arrangement, l’univers qu’il y aura un peu en studio quand je fais les démo.

Pour composer tu es plutôt électrique ou acoustique ?

En général, plutôt acoustique ; ça n’a pas vraiment d’importance mais électrique, ça fait plus de bruit… !

Tu es pianiste au départ ? Tes parents t’y ont mis petit, conservatoire et tout ?

Je suis venu à la musique par le piano, mais je n’ai jamais été bon. Même pas de conservatoire, non, je n’étais pas bon, ça me faisait chier, j’aimais pas le piano !

Après, j’ai découvert la guitare, c’était super, tu l’emmènes avec toi, tu pars en vacances… Et puis les chanteurs ils chantent avec leur guitare. C’est très simple…

C’est quoi ta grosse révélation musicale ?

C’est Bowie. J’avais 6/7 ans c’était l’époque où il chantait Let’s dance, décoloré en blond, sourire à la Tom Cruise, il était super charmeur, ça plaisait à tout le monde. Je me suis dit c’est qui ce mec, je veux faire ce métier et un jour il fera ma première partie. Je pensais que la vie serait simple mais les choses n’ont pas tourné exactement comme c’était prévu !

Tu as touché un peu de Bowie sur cet album en travaillant avec Mike Garson

Oui, et j’ai fait la première partie de Bowie en plus y’a pas longtemps c’est comme ça que j’ai rencontré Mike Garson.

Comment se sont passées ces collaborations un peu mythiques ?

Ça s’est mis en place complètement par hasard, je devais d’abord faire l’album avec d’autres musiciens et puis alors que tout était près, que j’étais dans les starting-blocks pour enregistrer un juin, Jean Lamoot, le réalisateur de l’album m’appelle pour me dire « désolé ça sera pour septembre ». C’était horrible, je répétais déjà depuis trois semaines avec les musiciens, ça avançait, on trouvait des choses et puis j’apprends que c’est repoussé…

Je leur en parle le lendemain et ils me disent tous, « moi en septembre je fais ci, moi en septembre je suis avec Aubert, Zazie ou je ne sais qui »…

Je me suis dit : « tant pis, je me casse, je pars en vacances », j’ai disparu un peu quelque temps, je suis parti au Brésil, je suis parti faire un peu de bateau, de très bonnes vacances à vrai dire. Les séances devaient reprendre en août, j’ai contacté un copain à moi, batteur, Mathieu Rabate ( ??), un très bon batteur qui a travaillé avec Vanessa Paradis.

Et puis, je ne sais pas pourquoi, j’avais beaucoup parlé à Jean Lamoot de Talk Talk, on avait écouté ensemble deux trois fois et je disais tout le temps « ce groupe qu’est ce que c’est beau, c’est génial ». A l’époque de Let’s dance de Bowie j’écoutais aussi vachement Talk Talk comment elle s’appelait déjà cette chanson…It’s a shame, c’est terrible, genre de la dance désespérée, magnifique. Il m’a dit oui d’accord, moi aussi j’adore ça, en plus Bashung adorait aussi Talk Talk, ça l’a vachement influencé sur son dernier disque et donc, ils avaient bossé, et il ne me l’avait pas dit, avec le bassiste de Talk Talk sur l’album.

Et puis donc, moi je n’avais que le batteur et vu que Jean m’avait planté, je lui ai dit : « ben démerde-toi pour les musiciens mon gars ». Je me pointe avec mon batteur et lui me dit, : « voilà, j’ai fait venir Simon Edwards, il est très bon il a joué avec Bashung », moi je lui dis : « écoute, je te fais confiance », j’y connaissais rien à la basse pour moi la basse ça fait juste plom plom plom, pour donner du corps.

Et puis j’ai découvert que la basse c’était un peu plus que ça. Le mec est arrivé avec tous ses instruments bizarres, je me demandais ce qu’il allait faire, je flippais un peu, on m’a expliqué que c’était le bassiste de Talk Talk. J’étais content, c’était ce que je préférais, ce son de basse très organique ; ce que je préférais c’était la voix et la basse…

Donc on avait basse batterie, alors j’ai demandé à Simon Edwards s’il avait pas un pote guitariste, comme ça s’était super bien passé avec lui. Il me dis que si, qu’il a ce mec qui a travaillé avec la chanteuse de Portishead, qu’il va lui passer un coup de fil.

Cool, le mec vient. Un autre copain de Jean Lamoot, Arnaud Devos est venu jouer. C’est un des co-compositeurs du dernier album de Bashung, spécialisé dans les trucs asiatiques, genre vibraphone, marimbas, harpe chinoise. J’ai retrouvé un petit côté « Furyo »… Et puis le guitariste malien Djeli Moussa Kouyate, le guitariste de Salif Keita. J’adore le dernier disque de Salif Keita, c’est magnifique.

Ensuite y’a un autre mec qui s’appelle Albin de la Simone, un copain pianiste, très bon musicien, qui est venu et enfin Mike Garson puisque je l’avais rencontré en faisant la première partie de Bowie au mois de juillet à l’Olympia. Je l’ai appelé, je lui ai envoyé les titres et puis, très gentil, il arrive en studio : il connaissait les morceaux, il connaissait les grilles, c’est comme s’il avait compris les textes. Il nous a mis sur le cul complètement. Et puis c’est un virtuose, j’adore ce mec, je ne pensais pas que j’aimais à ce point ce qu’il faisait, souvent chez Bowie il faisait vachement de trucs dissonants tout ça. Là non c’est très romantique et très nostalgique. On avait presque les larmes aux yeux. La dernière séance c’était lui, après 24 jours. On ne s’attendait pas à ce que ça nous emmène là…

Tu comptes éventuellement faire des dates, un peu exceptionnelles, avec ces gens là ?

Oui, oui, effectivement. Alors je ne sais pas trop qui, je sais qu’il a été question de Mike Garson ; Mathieu Rabate le batteur, j’espère pouvoir faire toute la tournée avec lui. Et ensuite ça va être un peu au coup par coup, peut-être Simon Edwards, peut-être Adrian mais disons que ce ne sont pas ceux que je voudrais le plus.

J’aimerais vraiment bien pour une date exceptionnelle pouvoir avoir Djeli Moussa, le guitariste malien et Mike Garson. J’en ai déjà parlé à Mike Garson et il est tout à fait ok sur l’idée de faire une date. On lui loue un Steinway tu vois, il vient, il joue et c’est magnifique ! C’est tellement une chance de pouvoir jouer avec ces mecs là, ils sont d’un niveau incroyable, et d’une inspiration, d’un respect, plein de choses qui vont avec.

Tu te sens à ta place avec eux ; si tu veux, je l’emmènerais pas faire une tournée avec moi dans toute la France avec des salles à moitié vides mais par exemple à l’Olympia, s’il pouvait venir et jouer sur 4/5 titres… je suis sur que s’il n’est pas au Japon, il viendra et ça serait génial !

Et par rapport aux textes… je ne dirais pas qu’ils sont glauques, mais ils sont prenants, assez mélancoliques et nostalgiques. Réflexions sur le monde sur l’étrangeté à soi-même… Pourquoi tout ça ? Est-ce que c’est nouveau, que c’est venu avec l’arrivée dans le monde de la musique, pourquoi l’envie d’écrire sur ça ?

Je ne crois pas du tout que ce soit lié au monde de la musique, c’est un truc que j’ai en moi depuis que je suis enfant, que beaucoup de gens ont en eux, c’est l’étrangeté, la difficulté qu’il y a à se retrouver dans la réalité, à savoir à quelle distance du rêve on est dans la réalité, c’est à dire quand est ce qu’on est éveillé quand est ce qu’on ne l’est pas.

Voilà, c’est un sentiment qu’on a souvent quand on est môme et qu’on a moins plus tard… moi je l’ai assez tard. Ce n’est pas tous les jours que ça m’arrive, ça m’arrive par période, à la rigueur c’est pas très agréable d’avoir cette impression qu’il y a une matrice derrière… C’est un peu comme dans ce film en fait.

En même temps je ne crois pas à ça, c’est un peu comme si j’étais une mauvaise machine parce qu’il n’y a pas de raison qu’on voit des trucs comme ça. C’est peut-être tout simplement de l’angoisse, mais ça n’est pas forcement de ça dont je parle dans le disque.

Je ne trouve pas que les paroles soient si glauques, je pense simplement qu’il y a une chanson qui est dure et que je n’aurais peut-être pas du mettre, c’est la dernière et c’est vrai que ça fait chier parce que ça fait basculer le disque un peu dans la gravité, et c’est peut-être un peu pesant alors que moi je trouve que c’est plutôt un disque sur la légèreté qu’il n’y a aucune thématique triste ou je ne sais pas quoi… Ce sont les deux derniers morceaux du disque oui…

C’est nostalgique oui mais c’est beaucoup moins triste que le premier album par exemple, c’est beaucoup moins noir, beaucoup moins négatif. Si tu veux, ça n’est pas de la musique de G.O du Club Med, ça ne le sera jamais, je dis ça, c’est pas négatif, mais je veux dire une musique un peu comique trucs genre Delerm ou M, c’est tellement à l’opposé de mon truc.

Moi j’ai l’impression d’être parolier et je me dis que je ne peux pas faire une chanson complexe sans texte ou je sais pas quoi, je comprendrais pas le sens… Je ne dis pas que c’est pas bien M. Pour moi, c’est un non-sens de faire ça, c’est pas un parolier, c’est un genre de musique, c’est tout. Tu vois, comme James Brown, Sex Machine, il peut répéter ça pendant quatre jours et c’est super, mais moi, je trouverais ça complètement débile de dire Sex Machine pendant quatre jours ! Même si ça sonne et qu’il va chercher autre chose, il n’est pas là pour faire de la poésie, M non plus, mais moi peut-être plus.

J’ai le sentiment d’essayer d’aller chercher un propos plus personnel, un peu touchant, d’aller chercher un truc en moi, je ne suis pas un pur musicien, je suis autant parolier que musicien. Je pense que dès lors qu’on est autant parolier que musicien on a cette gravité.

T’as toujours écrit ? C’est venu avec la musique ?

Oui, j’écrivais un peu, des poèmes quand j’étais petit. Petit j’écrivais, quand j’avais 7/8 ans, j’ai même dû avoir des poèmes publiés dans la ‘Corrèze libre’ ou je ne sais trop quels deux-trois journaux en colonie de vacances. Mais bon, j’étais petit je regardais les dessins-animés tout ça… Capitaine Flam, j’aimais bien Capitaine Flam….

Aurais-tu une autre forme d’expression si ce n’était pas la musique ? La peinture, l’écriture, je sais pas, le roller ?

Le roller !?! Je hais les gens qui font du roller… Les rollers qui me bloquent en bagnole en permanence ! Non, je ne sais pas… Ecrire, ça me plairait vachement d’écrire des livres, des romans, je trouve ça magnifique, quand c’est des beaux livres, que c’est pas chiant.

Tu as un romancier ou un noveliste que tu aimes particulièrement ?

Oh, il y en a énormément, je saurais pas te dire, Kerouac, García Marquez, je trouve ça génial, sa capacité à créer des univers, à faire rire les gens. J’adore. Bukowski, par exemple, il me fait mourir de rire, je trouve ça super, Kerouac il fait pareil, García Marquez aussi. Dans les livres vraiment, j’adore les gens qui me font rire.

La peinture c’est sur que ce n’est pas mon truc, j’aime bien voir de la peinture mais voilà, en faire… J’arrive à peine à faire mes lacets alors une toile ! Je ne suis pas manuel. Il y a quoi d’autre…

Comédien, ça me ferait chier. C’est très important les comédiens, c’est vrai que c’est génial, pareil, chez les comédiens ce que j’aime c’est ceux qui font rire, c’est vrai que ce n’est pas facile mais ce qui est génial c’est ceux qui prennent du plaisir, ça se sent. Je ne sais pas, Pacino dans « Scarface », ce n’est pas vraiment un rôle comique mais tu sens qu’il se marre à le faire, à jouer son espèce de petit type insupportable, tu sens qu’il jubile en étant dans ce rôle. Il y a une comédienne que j’adore c’est Sabine Azéma, quel pied, quel pied ; c’était dans un film de Resnais et puis dans « Tanguy » aussi, où elle a ces sortes de petits renvois gastriques, c’est tellement le bonheur, elle fait ça, elle s’amuse tellement de ça. J’aurais été très très mauvais comme comédien

Et la scène, c’est pas ton truc ? Y’a aussi une part de représentation…

Ça n’a aucun rapport. Ça dépend, oui bien sur quand tu fais des grands spectacles…

Bowie sur scène…

Bowie est très mauvais comédien, surtout sur scène. Je ne sais pas Bowie, il a un problème c’est que lorsqu’il se regarde dans la glace, il est David Bowie, genre « j’ai des milliards sur mon compte en banque, je sors avec des top models et j’ai des villas sur les îles moustiques » ou je sais pas où. Tu le sens. Il a cette espèce d’élégance tellement marquée en lui que je ne pense pas qu’il arrive à en sortir.

Et sur scène, ben il est pas bon comédien je dirais plutôt que c’est un mec très fort pour le marketing, c’est à dire, un coup, il prend de la coke à L.A, un coup il vient de l’espace… Ce n’est pas vraiment être comédien, c’est ce que ferait un directeur marketing : il va faire un casting de musiciens, il va s’habiller d’une certaine manière, il va faire un concept d’image pour que ça puisse se vendre.

Ça ne veut pas dire faire la pute, c’est juste lui-même se mettre dans une couleur. J’ai fait pareil, je me suis mis dans cette thématique de voyage, j’ai été chercher les musiciens qui allaient avec, j’ai lu les trucs qui allaient avec, je suis parti un peu, c’est un peu ça l’image que doit dégager le disque au final.

Tout ce ‘voyage’ qui a l’air d’alimenter pas mal, au moins thématiquement, ton album, c’est quoi ? Pour toi le voyage c’est quoi ? C’est juste une façon un peu exotique de partir en vacances ou c’est un truc important qui te permet de rencontrer des gens, de voyager aussi musicalement, de voir, de sentir d’autres influences ?

Pour moi le voyage c’est plus une façon de partir en vacances, d’avoir la paix. J’ai envie d’aller voir comment on respire à l’autre bout du monde ; les sensations, les couleurs, sentir les ambiances. Quand je parle beaucoup du voyage, c’est plus un voyage rêvé, c’est plus toujours dans mon truc, tu vois, avec un bon copain, on va partir sur la route, on va boire du whisky, manger des glaces et on ne reviendra pas et on sera libre, on pissera à la raie de tout le monde, voilà, c’est tout, c’est très enfantin, c’est ça pour moi le voyage.

C’est comme mettre le doigt sur une carte, et ce dire tous ces noms, qu’est ce que c’est beau, je sais pas le Chili, Santiago, Karachi, la Perse, ce sont des noms magnifiques, ça fait rêver à mort et c’est génial. Le voyage c’est ça, c’est ce truc enfantin.

J’ai vu un film y’a trois quatre jours qui m’a redonné envie de voyage c’est « L’Homme qui voulait être roi » avec Sean Connery, c’est génial. Sean Connery et Michael Caine je crois, qui envahissent l’Afghanistan, je ne sais plus comment, mais c’est une histoire très enfantine, c’est génial.

Un groupe ou un chanteur inavouable ?

Non, il y a plein de trucs que j’aime bien et qui sont assez ringards, genre A-ha ou Duran Duran, les trucs que j’écoutais quand j’étais môme et que je trouve encore super. Par exemple, j’adore Chris Rea je trouve ça super, je l’avoue complètement, je trouve que c’est un guitariste merveilleux, il a des chansons très belles…

Y’a Dire Straits que j’adore, les Strokes c’est de la merde en barre à côté de Dire Straits, les Strokes et les White Stripes et tous leurs groupes à la con punks-de-mes-deux réunies qui se sucent les uns les autres et qui copient MC5 et les Stooges c’est de la merde à côté d’un bon vieux Sultan of Swing !

Fait chier ! Qu’ils se tapent des top models et qu’ils nous foutent la paix !

As-tu un autre projet musical parallèle, plus expérimental ou… ?

Non, mais j’aimerais bien. Avec Jean Lamoot, on s’était dit, en fait c’est surtout lui qui à un projet, c’est un projet de musique de transe, pas transe techno mais une musique qui aille chercher la transe ; alors je participerais au projet, avec Mano Solo et plein de chanteurs avec qui il a bossé.

C’est génial. Moi j’aimerais bien faire des projets, j’adorerais faire des musiques de films, j’adorerais faire un disque avec des musiciens maliens, j’adorerais plein de choses. Peut-être écrire un livre… Là je pars en tournée en septembre, je fais la promo en juin, ensuite je pars en vacances, peut-être que je vais essayer de refaire un peu un disque. J’écris des chansons, un peu pour Juliette Gréco, un peu pour Dani…Je rencontre des gens.

Ton meilleur groupe du monde de la semaine ?

Merde… Blur, je n’aimais pas du tout mais le dernier disque m’a mis une claque. Terrible ! Je ne supportais pas leur petit côté ‘gna gna gna’. Ils me saoulaient mais le disque de Blur c’est une merveille (…lui aussi est parti en Afrique) Oui possible, en plus je vois un peu une parenté avec mon disque, c’est vrai qu’il y a le côté malien, il joue avec des musiciens Africains. Et puis j’ai vu le concert, et, déjà, je ne m’étais jamais aperçu qu’il était très beau, un peu un mélange entre Kevin Spacey et James Dean, il a un truc malin comme un singe, il en fait pas des tonnes, il a ce côté flottant d’un mec qui sait pas tellement jouer d’un instrument mais en même temps il se passe un truc de dingue. Je l’ai vu à la Distillerie de Malakoff il y a une semaine, il y avait 300 invités journalistes qui n’avaient pas l’air de comprendre grand chose à ce qui se passait, il y avait deux batteurs, des chanteurs africains autour, c’était un truc… J’imagine que Bowie en 80 devait faire des concerts comme ça, magique. Pourtant, je ne pensais pas que ce groupe me plairait un jour, c’était sympa, poppy, sans plus ; là, ils touchent du doigt un truc qui va rejoindre les expériences de Bowie fin 70’s, qui rejoint les Talking Heads, qui va même plus loin, y’a vraiment un truc très fort.

L’album est sorti le 23 avril 2003

Chroniqueur
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