Interview de Rhesus

Vous avez été révélés grâce au concours CQFD des Inrockuptibles puis vous vous êtes fait connaître par une pub Nivéa…

Simon : On a été contacté uniquement sur notre musique. Ça nous a posé un problème de conscience au début. Et après on s’est dit qu’il y avait plein d’artistes qui se sont fait connaître grâce à des pubs, donc pourquoi pas ? Ça a été une expérience intéressante, on a participé au tournage de la pub à Kiev. La pub a été diffusée dans le monde entier ça nous a permis d’avoir des sorties de disque à l’étranger, en Allemagne notamment où a fait trente dates l’an dernier.

Après le gros succès du premier album « Sad Disco » , comment vous êtes-vous préparés au fameux deuxième album ?
Simon : En fait pour nous la problématique a été inverse. Après avoir gagné le concours des Inrocks et décroché un contrat chez PIAS on s’est enfermé pendant six mois en studio pour enregistrer « Sad Disco » et on a été très ambitieux avec ce premier disque, on voulait une grosse production et c’était la course au meilleur son. Quand « Sad Disco » est sorti on est parti en tournée pendant un an et demi et c’est là qu’on s’est mis à penser au deuxième album. Tout s’est fait très naturellement. On a déjà pu tester trois quart des morceaux sur scène, c’est un album qui a déjà eu une vie.

Parlons du titre de cet album « The Fortune Teller Said », pourquoi cette référence au hasard et au destin ?
Simon : Pour trouver le titre, on isole des morceaux de phrases qui nous plaisent et c’est cela qui est sorti. C’est marrant pour plusieurs raisons : d’abord la mère d’Aurélien est très portée sur l’astrologie et elle nous dit tout le temps ce qui va se passer pour nous… Sinon ça collait bien à la pochette (on avait la pochette avant d’avoir fini le disque) avec cette espèce de fille un peu énigmatique qui peut faire diseuse de bonne aventure. En tout cas avec ce disque on s’est vraiment fait plaisir. On a lâché ce qu’il y avait de plus naturel à ce moment là et après advienne que pourra.

Sur cet album il y a une grande variété de styles musicaux. Certains morceaux pourraient être sur « Sad Disco » mais d’autres sont complètement différents.
Simon : On n’est pas un groupe homogène. On va pas faire douze fois la même chose. Il y a certains groupes qui font ça et que j’adore comme Editors par exemple. Chez nous ça part dans tous les sens parce qu’on a tous les trois des influences différentes.

Parle-nous de Berlin et In a car, deux morceaux un peu à part.
Simon : On bosse chacun dans son coin et parfois on fait des trucs hyper courts ; pour In a car on n’est pas arrivé pas à en faire un morceau de format classique mais on le trouvait chouette. On a décidé de le laisser pour créer des interludes sur le disque. Berlin a été enregistré par Aurélien (qui habite Berlin) au ukulélé sur son téléphone portable d’où ce son. J’aime bien, ça me fait penser à Pavement ou Sharko chez qui tu trouves toujours des bizarreries. Ça permet d’aérer le disque.

Un regret, on entend moins Laura chanter.
Simon : Les gens nous le disent souvent, elle a une super voix. Mais on n’est pas dictateurs avec Laura donc elle chante quand elle le sent…

Comment vous situez-vous dans le paysage musical français?
Simon : Au début de Rhesus il y avait une scène à Grenoble, notamment grâce à la salle de concerts L’Entrepôt et tous les groupes du label Un Dimanche comme Melk. Bien sûr le fantasme c’est de suivre la route de Phoenix ou Tahiti 80 qui sont des groupes français qui ont du succès à l’étranger. Une dizaine de groupes chantant en anglais sortent des disques de qualité et se bougent pour se faire connaître à l’étranger, comme Stuck In The Sound, mais ils sont rattachés à la scène parisienne. Venant de Grenoble on reste isolés mais finalement ça nous plait bien d’être un peu un ovni dans le paysage.

Quand vous avez joué à Rock en Seine en 2006, vous avez été présentés comme la nouvelle découverte de la scène parisienne…
Simon : On devait jouer dans la sélection normale mais curieusement on s’est retrouvé dans la sélection des groupes d’Ile-de-France alors qu’on avait rien demandé, la belle blague!

Vous êtes plus proche de la Belgique…
Simon : Oui tout à fait. Exsonvaldes, Calc et Rhesus, on se considère plus comme des groupes belges. Des groupes belges français.

Vos influences sont clairement anglo-saxonnes et d’ailleurs vous avez la chance de tourner avec pas mal de groupes anglo-saxons, quel impact cela a-t-il eu?
Simon : On a toujours gardé des bons souvenirs des dates ou des tournées faites avec des groupes étrangers. Après avoir gagné la concours des Inrocks on a fait le festival des Inrocks et cinq jours après on est partis en tournée avec Ben Kweller qui était adorable et vraiment incroyable sur scène. C’était la première fois que je voyais des chansons pop jouées avec une énergie rock, incroyable ! Au contact d’artistes comme ça tu ne peux que progresser. On a aussi joué avec Arctic Monkeys à l’Elysée Montmartre… On attaque une tournée et on va passer par le Nouveau Casino le 6 décembre, c’est notre date parisienne…

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