Interview de Soho Rezanejad

Comment as-tu commencé à faire de la musique ?

Ça a toujours fait partie de ma vie. Je ne me vois pas vivre sans.

J’ai grandi dans une famille où nous parlions 3 langues différentes à la fois : farsi, anglais et danois. Mon rapport à la langue n’a jamais été sémantique. La langue me sert de moyen d’expression ou encore à interpréter les choses. C’est pour ça que la musique a toujours été mon langage préféré.

 

 

Tu as fait partie d’un groupe qui s’appelle Gold Lip. Comment en es-tu arrivée à faire un projet solo ?

Jens (Skovgaard) et moi nous connaissions depuis longtemps. Nous aimions faire de la musique ensemble. Nous y trouvions un langage commun. Nous sommes devenus des amis très proches. Esben (Weile Kjær) s’est joint à nous. Il voulait principalement faire des vidéos pour nous et nous promouvoir. Puis le groupe a fini par devenir un genre de collectif. Le public se demandait ce que nous étions.

Comme je sentais que je perdais le contrôle, ça ne me stimulait plus. Ça va à l’encontre de mon intégrité.

 

Tu as déjà collaboré avec Lust For Youth, Nankoo ou encore Kasper Bjørke. Comment ça s’est passé ?

Le monde est tellement petit. Kasper Bjørke m’a contacté parce qu’il voulait des paroles. À la base, il voulait être mon manager. À l’époque, je voulais me manager moi-même. Il m’a envoyé un morceau, je l’ai écouté et je lui ai dit vouloir le coproduire et ne pas être que la vocaliste.

 

Toutes ses collaborations ont été de bonnes expériences ?

Certaines. En tout cas, j’ai vraiment appris beaucoup de toutes ces collaborations. J’ai appris à travailler en équipe en particulier.

 

Pourquoi faire un projet solo maintenant ?

Ça paraît plus honnête. Tout vient de moi. Il n’y a pas de langage à adopter avec quelqu’un. Ça donne du sens de comprendre ses propres expressions et de ne pas avoir à débattre. Sans quoi, ça démystifie en grande partie le processus.

 

 

Ton EP “Idolatry” sort bientôt. Tu peux nous raconter son histoire ?

Il m’a pris beaucoup de temps à réaliser. Peut-être trop pour que je m’en souvienne. J’ai cherché longtemps à savoir comment je voulais me représenter. J’ai cherché longtemps mes expressions, ce qu’elles voulaient dire et comment les gens pouvaient les percevoir.

Je voulais vraiment travailler avec ma voix, la transformer. C’était nouveau. J’ai dû chanter tous les jours et rendre ma gorge plus élastique.

 

Tu penses déjà à la suite ?

Je travaille sur un album actuellement. J’essaie de casser les anciennes habitudes. J’aimerais m’aventurer dans un terrain plus organique et moins me préoccuper de l’électro.

 

Tu as coréalisé le clip de Everyday’s Another Holiday. Ça te tenait à cœur de participer à cette vidéo ?

Je participe à tout. J’aime le processus d’apprentissage.

 

Tu as repris Freed From Desire de Gala. Tu aimes faire des reprises ?

J’aime reprendre des morceaux qui me parlent et qui ont laissé une empreinte dans ce que je fais.

 

 

C’est la dernière date de la tournée pour toi. Comment as-tu vécu cette tournée ?

C’était très fun. C’était ma première tournée. J’étais avec 2 très bons amis (les membres de First Hate).

La première date n’a pas été géniale : ça a été le chaos complet. Nous allions à Amsterdam. Nous avons été bloqués dans les embouteillages. Quand nous sommes arrivés à la salle, nous pensions que tout était préparé. Mais l’ingénieur du son ne travaillait qu’avec de l’analogique et ne savait pas comment travailler avec nos effets de voix, entre autres. Puis les gens sont arrivés dans un état second.Tout le monde marchait à l’ecstasy et était agressif. Ça a mené à une bagarre avec le personnel de sécurité. Au bout de 3 morceaux, mon contrôleur s’est fait défoncer et j’ai dû arrêter.

 

C’est quoi la suite pour toi ?

L’EP “Idolatry” sort le 6 novembre de manière digitale. Puis un vinyle sortira plus tard.

Et il y a l’écriture de l’album. En ce moment je travaille beaucoup avec de la musique électronique. Je dois casser mes habitudes, remplacer beaucoup d’éléments et écrire différemment. C’est un voyage agité, mais c’est bien quand ça arrive parce que tu te poses des questions. Quand tu restes coincé dans un style trop longtemps, ça devient trop mécanique et tu en perds toute l’essence.

 

 

L’EP “Idolatry” est sorti le 6 novembre.

Interview réalisée le 9 octobre 2015.
Remerciements : Soho, Tom.

Chroniqueur
  • Publication 1 173 vues6 novembre 2015
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