Interview de Tamino

Interview de Tamino

Je suis toujours flatté par les comparaisons mais en même temps je reste sceptique. Tous ces grands artistes ont déjà prouvé leur talent, ils ont leurs fans, moi je suis encore en train de construire tout ça

Ton premier EP est sorti à l’international il y a deux mois, comment tu te sens ? 

Je me sens bien, rien de spécial à signaler. J’ai déjà sorti un EP l’année dernière avec pratiquement les mêmes morceaux en Belgique. Je suis très content que cet EP aie pu sortir à l’international, et j’ai vraiment hâte de sortir de nouvelles choses, surtout un album. Ça sera là après l’été. 

Tu travailles toujours de la même manière depuis ton premier EP ? 

Ma façon de travailler sur l’album est très similaire de celle sur l’EP qui est sorti cette année. Mais pour mon tout premier EP c’était différent. L’album sera une extension de l’EP qui est sorti en mai. J’ai travaillé avec les mêmes musiciens et les mêmes producteurs. 

Tu écris tout tout seul ? 

Oui. Après j’ai des producteurs qui m’aident à l’enregistrement, aux arrangements et à plein d’autres choses.  

Et pourquoi avoir voulu ressortir cet EP le mois dernier et pas directement ton album ? 

C’est une bonne question… (rires) Je ne suis pas le seul à décider de tout ça, moi je fais juste de la musique. 

J’ai lu que pendant ton adolescence tu jouais dans un groupe de Punk. As-tu arrêté parce que cela ne convenait pas à ta voix ?

Ça convenait plutôt à ma voix, c’était assez particulier mais ça marchait pas mal. Je dirais plutôt que c’est à cause des émotions que je ressentais à l’époque. C’était des émotions violentes comme la colère, la déception, des choses comme ça. Donc ça a donné de la musique plus dure, plus forte. Et quand j’ai grandit, autour de 17 ans, mes émotions étaient différentes, je n’étais plus un adolescent en colère. Je suis encore en colère parfois mais ça ne se transforme pas en guitares énervées. Cette évolution a été très naturelle pour moi. 

Et ta voix a toujours été la même ? 

J’ai toujours chanté de cette façon, mais les sentiments étaient différents. 

On peut trouver quelque part tes premiers morceaux ? 

Non !! Dieu merci !! (rires) 

Tu n’aimes pas ce que tu faisais avant ? 

Non, bien sûr que non ! Ça fait partie de la vie d’artiste, tu fais des choses dont tu es très fier sur le moment et un an plus tard tu trouves ça beaucoup moins bon. 

C’est peut-être pour ça que tu as voulu sortir de nouvelles versions de tes morceaux sur ton deuxième EP. 

C’est pas que j’aime pas les anciennes versions, mais ça aurait été très étrange pour moi de sortir l’ancien EP à nouveau maintenant parce que j’ai tout enregistré quand j’avais 19 ans et maintenant j’en ai 21. Je ne pouvais pas juste le ressortir, j’avais besoin de les faire grandir avec moi. 

Tu es aussi passé par le conservatoire, tu étudiais quoi là-bas ? 

C’était à Amsterdam, et j’avais intégré le « département pop », donc ce n’était pas le conservatoire classique. J’ai eu des leçons de piano classique quand j’étais enfant mais c’est tout. Et au conservatoire, mon cours principal était le chant. C’est une formation très complète, et j’ai surtout appris en jouant avec les autres élèves qui sont tous des musiciens différents, c’est ce qui te fait évoluer très vite. 

Sur tes morceaux tu joues de la guitare, mais les sonorités que tu utilises pourraient être jouées à l’Oud, est-ce que tu sais en jouer ? 

J’en joue un petit peu, mais pas très bien. Pour l’album j’ai joué un peu d’Oud, mais je ne suis pas assez bon pour en jouer sur scène. Il n’y a pas vraiment de règle pour jouer de la guitare, on peut jouer un peu chacun à notre façon. Tandis que l’Oud est un instrument traditionnel avec un héritage énorme donc je pense qu’il faut vraiment apprendre les bonnes techniques pour pouvoir en jouer. En studio je peux tout refaire encore et encore, mais en live c’est du « one shot ». 

Justement quel est ton moment préféré dans la vie de musicien, le live ou le studio ? 

Je pense que ce que je préfère c’est quand je me lève le matin avec rien et que je me couche le soir avec un nouveau morceau. J’aime être tout le temps occupé, être inspiré. 

Les gens te comparent beaucoup à d’autres artistes, Jeff Buckley par exemple, t’en as pas marre de ces comparaisons ? 

Les gens font bien ce qu’ils veulent. Je suis toujours flatté mais en même temps je suis sceptique à propos des comparaisons. Tous ces artistes ont déjà prouvé leur talent, ils ont leurs fans, moi je suis encore en train de construire tout ça. 

Chroniqueur
  • Date de l'interview 232 vues2018 juin 04
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