Interview de Electric Guest

Interview d'Electric Guest

Si tu veux être riche et faire des tubes nuls, vas-y, mais c'est pas notre but !

Qu’est-ce qui a changé dans votre approche entre “Mondo” et “Plural” ?

Matthew : Ça a été assez similaire en fait, comme sur le premier, beaucoup de choses se sont passées dans la maison d’Asa.

Asa : On a commencé chez moi, et ensuite on est allé dans le studio de Danger Mouse pour tout terminer. Mais après on avait pas la même intention, on voulait qu’il sonne différemment.

 

Justement, vous avez vraiment voulu changer de sonorités, où est-ce que c’est venu plus ou moins naturellement ?

Asa : Même si on avait des intentions différentes je pense qu’on peut quand même dire que c’est venu assez naturellement. Ça faisait tellement longtemps qu’on n’avait pas sorti d’album ! Si on avait sorti cet album un an après “Mondo”, et qu’il sonnait comme ça, ça aurait été surprenant. Mais là on aurait presque eu le temps de sortir deux autres albums entre temps, donc la différence de son se justifie comme ça à mon avis. En 5 ans, c’est sûr qu’on évolue.

 

À ce propos, j’ai lu que juste après “Mondo” vous aviez commencé à travailler sur un nouvel album mais que les gens autour de vous n’ont pas vraiment accroché… Comment avez-vous réagi à ça, et où avez vous trouvé la force de continuer et de recommencer ?

Matthew : On l’a mal pris. (rires)

Asa : Oui au début c’était dur.

Matthew : L’album qu’on avait fait était un album assez triste, ce qui tranchait vraiment avec “Mondo”. Les deux premiers morceaux de “Plural” sont directement issus de cet album inachevé, ils représentent bien l’ambiance qui s’en dégageait.

Asa : C’était un album assez étrange. C’était assez sombre mais en même temps il y avait des changements d’ambiance, mais les gens ont trouvé ça trop bizarre.

 

Comment vous êtes-vous remotivés après ça, alors ? 

Asa : Au début on était pas mal déçus et on voulait tout envoyer valser. On se disait « ils comprennent rien, ils y connaissent rien ! » Et puis après on s’est dit que si ces gens, à qui on fait confiance, nous disaient que c’était pas bon, c’est qu’il fallait qu’on continue à travailler. Donc on s’est dit qu’on pouvait faire mieux et on s’y est remis. Et les nouveaux morceaux qu’on écrivait nous plaisaient vraiment, donc c’est ce qui nous a motivés pour la suite.

 

Comment décririez-vous “Plural” à quelqu’un qui a aimé “Mondo” ? 

Asa : « Prépare toi à du changement ! » (rires) Je lui dirais que c’est un album différent, ne t’attends pas à entendre la même chose que sur “Mondo”, prends ton temps et laisse-lui sa chance. Beaucoup de gens nous ont dit qu’ils avaient mis du temps à entrer dans l’album.

Matthew, tu as dit que tu n’aimais pas voir en concert des groupes qui n’ajoutent pas vraiment de créativité à leur performance live. Comment avez-vous travaillé votre tournée et votre live ?

Matthew : Notre musique a des aspects électroniques mais on a souvent une basse, une batterie, une guitare et un synthé, donc ça facilite l’approche du live.

Asa : Et puis il y a Danger Mouse qui vient à nos répétitions pour nous aider à mettre tout ça en place. Il nous donne quelques idées. On ne voulait pas que notre live soit très élèctronique, ça c’est certain. On voulait qu’il soit aussi dynamique que possible, sinon c’est ennuyeux.

 

La Pop a aujourd’hui une image mainstream, commerciale, pas très créative, comment vivez-vous cette réputation ?

Asa : C’est assez difficile en fait. On aime la pop mais aujourd’hui c’est vrai que pour les gens c’est Ariana Grande et les choses comme ça. Donc quand on arrive avec notre album pour être joués en radio, on nous répond que c’est difficile de passer ça. Donc c’est dur quand tu veux faire de la pop aujourd’hui.

 

Aujourd’hui, beaucoup de gens n’écoutent plus de pop à cause de cette image. 

Asa : Et pourtant la pop ça a été quelque chose de grand à un moment. Et beaucoup de groupes qui, il y a quelques années, faisaient tout eux mêmes, écrivaient, produisaient, maintenant ils prennent juste des producteurs et des compositeurs en vogue et du coup ça n’a plus rien de personnel. Ils cherchent juste à faire un tube. Et c’est dangereux.

Matthew : Si tu prends Maroon 5, avant c’était un bon groupe pop, ils jouaient vraiment de la musique. Maintenant je sais même pas s’il reste de la guitare. Du coup, je me demande comment se sent le guitariste du groupe quand il doit faire semblant de jouer de la guitare alors qu’il n’y en a pas. (rires)

Asa : Et tout ça dépend des choix de l’artiste, si tu veux être riche et que tu veux faire des tubes nuls vas-y mais c’est pas notre but !

 

Maintenant, faisons une petite playlist des morceaux que vous écoutez. Est-ce qu’il y a quelque chose que vous écoutez en secret parce que c’est un peu honteux ?

Asa : J’aime bien écouter du Drake de temps en temps, c’est honteux ?

 

Un morceau que vous écoutez depuis longtemps et que vous aimez toujours autant ?

Matthew : J’aime énormément ce que fait John Barry.

 

Est-ce qu’il y a quelque chose de récent que nous ne devons pas rater ?

Asa : J’essaye d’écouter des choses nouvelles mais j’ai pas vraiment de coup de coeur, y a pas vraiment de morceaux récents que j’écoute en boucle.

Mathew : Moi je dirai TOPS – Way to be loved

Le morceau que vous préférez jouer en live ?

Asa : Je dirais que Over est ma préférée. Ou Oh Devil !

 

Vous êtes Américains, je ne peux pas ne pas vous poser de question sur Donald Trump. En tant qu’artistes, vous vivez comment cette période un peu trouble ? 

Asa : On l’adore ! On adore Donald Trump ! (rires) Plus sérieusement, on a eu du mal à y croire, et beaucoup de gens n’y croient toujours pas. Mais, ne vous moquez pas de nous, vous allez voir avec Marine Le Pen !

 

On arrive à la fin de l’interview, est-ce qu’il y a quelque chose que je ne vous ai pas demandé et qu’on ne vous demande jamais mais que vous aimeriez nous dire ?

Matthew : On nous demande souvent le meilleur mais jamais le pire…

Asa : On a fait un show promo à Paris et c’était horrible. Tout était raté. C’est peut-être bien le pire.

Chroniqueur
  • Date de l'interview 951 vues13 avril 2017
  • Tags Electric Guest
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