Interview de Husky Loops

Interview des Husky Loops

Présentés comme "The Next Big Thing" outre manche, Husky Loops est l'un des groupes à nous avoir le plus enthousiasmé récemment. Ils ont accepté de répondre à nos questions.

L’EP des Husky Loops est un de nos coups de cœur du moment, la révélation que nous avons eu à son écoute nous a donné envie d’en savoir plus sur le groupe. En amont de leur venue parisienne du 30 mai prochain à la Mécanique Ondulatoire, ils ont accepté de répondre à nos questions.

Des origines italiennes, une vie à Londres, un projet initial pour deux d’entre vous (the sirens)…Pourriez-vous en quelques lignes nous présenter votre parcours ?
Salut ! Moi c’est Danio (chanteur et guitariste du groupe NDLR) ! Tu viens juste de le faire et je ne ferai pas mieux !

Danio et Tommaso (le bassiste du groupe), vous avez suivi les cours du London Centre of contemporary music, que vous a apporté cette expérience, ce cursus ?
En fait, j’ai bien étudié au LCCM (London College and Creative Media), Tom, lui est diplômé de l’ICMP (Institute Of Contemporary Music Performance). Ce cursus m’a personnellement donné l’occasion d’apprendre à jouer du dub, très fort et quand je dis très fort…

Musique, texte, visuel, vous nous livrez un ensemble très cohérent. comment ça se passe chez Husky Loops ? Votre implication dans les clips du groupe, le fait que Pietro (batteur du groupe) soit diplômé du Royal College of Art, la musique ne semble pas être le seul moyen d’expression pour vous ?

Pour l’instant j’écris tous les textes. On écoute ce que nous disent nos tripes mais on parle aussi beaucoup entre nous quand on joue. La plupart du temps on suit un concept, on en arrive là en fonction de ce dont le morceau a besoin. Pietro est effectivement diplômé de la RCA (Royal Academy of Arts) on y a fait pas mal de concerts, ça nous a aidé à mettre un pied dans la scène artistique locale. C’était cool de rencontrer de nouvelles personnes et même de collaborer avec certaines d’entres elles. Le clip de “Dead” a par exemple été pensé et tourné là-bas.
Et oui vous avez raison, notre groupe ce n’est pas seulement de la musique. Les vidéos sont aujourd’hui très importantes, elles peuvent donner davantage de profondeur à ta musique. Pietro fait très attention à ça. Et c’est une chance de l’avoir parmi nous parce qu’il a cette capacité à nous amener à un autre point de vue, changer les couleurs et la perception visuelle que je me fais d’une chanson, pour la transformer en quelque chose qui fonctionne aussi sur un écran.
En art c’est bien de pouvoir communiquer à travers plusieurs formes d’expression, et quand tu vois ce que les gens font aujourd’hui en vidéo (surtout sur la scène r’n’b et hip hop US) c’est juste incroyable !

Et musicalement ? On part d’un riff ? D’une ligne de basse ? De quelques mots ? La composition est-elle un travail collectif chez vous ?
On a une approche différente pour chaque chanson. Ce n’est jamais le même procédé. C’est à la fois très excitant et très frustrant, et les deux émotions combinées participent à l’atmosphère du groupe j’imagine. On aime bien quand il y a un peu de lutte et quand ça change.
Parfois la création est collective, parfois j’écris tout. On ne sait jamais à quoi s’attendre ! Mais j’ai le sentiment que c’est pour nous la seule solution de continuer, parce que sinon on s’ennuierait ! On est incapables de faire deux fois la même chose. Ce qui est drôle c’est que tu dois te dire qu’on passe notre temps à répéter !
(NDLR: Ils ont enregistré leur EP dans les conditions du live, en une prise)

On constate une tendance forte dans vos compositions, ce goût pour la rupture, pour le break à l’instar de la dernière minute (ok 1’11) de Dead. Est-ce une volonté délibérée de jouer avec les formats (couplet/refrain/couplet/refrain/pont/refrain) ou juste l’inspiration du moment ?
C’est un truc qui nous vient réellement du hip-hop, après le fait d’être fan de trucs comme “Madvillain” ou “Donuts” fait que c’est impossible de voir la musique autrement. Donc oui c’est pas mal inspirant, mais en live parfois on aime un peu foutre le bordel, surprendre les gens.. C’est génial de voir leurs petites têtes étonnées.

Au fait, ce nom énigmatique “Husky loops” d’où vient-il ?
6 mois de quête mystique au sommet de la montagne Aconcagua, et beaucoup, mais vraiment beaucoup de bananes ingurgitées. .  

Vous abordez les thèmes de l’aliénation, de l’isolement. Notre quotidien urbain et anxiogène, c’est votre principale source d’inspiration ?
Quand j’écris, je ne pense pas vraiment à ce que je suis en train d’écrire. C’est étrange. Je ressens quelque chose et j’essaye de le coucher sur papier. ça a l’air ringard dit comme ça, mais c’est vraiment ma façon d’écrire. C’est comme si je canalisais quelque chose, je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. J’ai conscience d’écrire sur un sujet précis, sans vraiment me concentrer dessus. Dans notre EP les titres ne traitent pas d’un sujet particulier, mais l’atmosphère de la vie londonienne influence clairement les sentiments que tu peux trouver dans mes chansons, notamment sur le temps qui défile. Le rapport au temps en revanche est une préoccupation majeure de ma vie et mon art.

Nous avons lu que depuis quelques semaines, votre quotidien se résumait à jouer, écrire, jouer, écrire. L’album alors, c’est pour quand ?
L’album viendra quand ce sera le moment j’imagine. Ou du moins c’est que j’adorerai me dire ! Pour l’instant on aime faire des titres courts, des sets courts et un EP court.

Vous allez tourner avec The Kills sur quelques dates européennes, c’est une super opportunité pour vous. l’organisation du set, la gestion de l’événement, vous y pensez déjà ?
On est le genre de groupe à stresser quand on joue devant 10 personnes mais pas devant 1000. Donc ça va le faire, et en plus c’est tellement excitant qu’on va juste ne rien se dire excepté “On adore ça ! Whoppeeee !”
De jouer aussi dans de bons clubs avec du bon son est une super expérience tu sais. ça te fait ressentir un peu plus le plaisir !
Bref tout ira bien. J’espère qu’on apprendra à bien connaitre les Kills et devenir potes. Je suis le plus grand fan des Dead Weather et d’Alison.

Merci de nous avoir accordé de ton temps et pour tes réponses, et au plaisir de vous voir bientôt sur scène !
Merci ! J’espère vous voir aussi ! Et merci d’avoir pris le temps d’interpréter mes chansons, ça fait plaisir !

Propos recueillis avec la précieuse collaboration du Boxson.

Chargée de relations extérieures
  • Date de l'interview 720 vues10 mai 2017
  • Tags Husky Loops
  • Remerciements Merci à Danio, Clare et au Boxson toujours !
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  • Pas de concert en France ou Belgique pour le moment