Interview de I Me Mine

Interview d'I Me Mine

Et comme notre style évolue, je dirais aujourd'hui que l'on joue sous une étiquette « math-pop 70's electro french touch opera rock jazzy afrobeat ».

Alors que paraît “Ellipsis”, leur second album, les trois Toulousains d’I Me Mine ont eu la gentillesse de répondre à quelques questions.

 

Cela fait maintenant plusieurs mois que la parution de votre nouvel album a été annoncée et qu’on commence à en parler sans trop en dire, comment vivez-vous cette période d’attente ?

Sam : On était fiers et soulagés à la fin de l’enregistrement. On est très occupés maintenant pour préparer la sortie et impatients de reprendre les concerts.

Guillaume : L’album a été annoncé publiquement le 31 janvier dans une vidéo de notre porte-parole / mascotte Victoria sur notre page Facebook : https://www.facebook.com/imeminepop/

Si les gens qui nous suivent sont dans l’attente, nous, en revanche, nous sommes dans une période de travail intense avec la promotion radios, TV, magazines, webzines et le crowdfunding sur Ulule pour le lancement du clip d’Expectations qui s’annonce épique avec sa fusée de 4m ! D’ailleurs si vous voulez rejoindre la mission : https://fr.ulule.com/clip-expectations

Fred : Des sueurs froides, des montées de fièvre, quelques vomissements… Mais il y a eu beaucoup de virus cet hiver…

Le monde de la musique vit une période un peu paradoxale : avec l’explosion du streaming, certains n’hésitent pas à prétendre que l’album est mort mais, dans le même temps, on voit beaucoup de groupes ou artistes qui finissent pas sortir un album après parfois plusieurs années à avoir édité des titres au compte-gouttes via des plateformes comme YouTube. Quel est votre sentiment et, pour vous, sortir un album, ça signifie quoi ?

Sam: J’ai toujours aimé écouter des albums en entier, ça permet de vraiment se plonger dans un univers. J’écoute moi même sur Spotify mais ça ne m’empêche pas d’écouter des albums complets. Pour nous la question ne s’est pas vraiment posée. On voulait sortir un album et pour le public comme pour les professionnels qui nous entourent c’est beaucoup plus significatif que de sortir des morceaux au compte-gouttes.

Guillaume : Je pense que le concept d’album (avec une progression cohérente au fil des titres) est loin d’être mort. D’ailleurs on continue à récompenser des albums dans leur totalité. Dévoiler les morceaux d’un album au compte-goutte est nécessaire pour garder l’attention des gens car on vit dans une époque ou tout va très vite. L’album “Ellipsis” est construit sur le schéma disque vinyle « à l’ancienne » FACE A / FACE B avec une durée adéquate pour ce support. Une introduction assez brutale, une suite pop positive, puis un passage introspectif et un final assez sombre, à l’image de ce que notre génération peut ressentir à l’heure actuelle.

Fred : Ce qui m’intéresse dans le format album, c’est le format, le fait de se donner un cadre établi aide à structurer les idées et à être créatif.

Votre premier album a été bien accueilli mais on a également beaucoup parlé de votre nom emprunté à une chanson des Beatles et au côté psyché de votre musique qui évoque les années 60. Redoutiez-vous que cette étiquette finisse par vous coller un peu trop à la peau quand vous avez commencé à écrire « Ellipsis » ?

Sam : J’étais plutôt content qu’on soit tous sur la même longueur d’ondes à l’idée de faire quelque chose de moins connoté années 60. On voulait faire quelque chose de plus personnel. J’imagine bien qu’on va perdre des gens qui aimaient ce côté « clin d’oeil » mais j’espère aussi rencontrer un autre public. Il y a plein de groupes actuels qu’on adore, je n’ai pas envie d’être snob et de rester bloqué dans un style ou une époque.

Guillaume : Nous ne sommes pas tous d’accord sur la notion d’étiquette. Personnellement, j’adore les étiquettes à rallonge qui ont un côté décalé comme on a pu en proposer avec le 1er album (60’s pop & psychedelic electro rock). Le problème avec le terme « pop » seul c’est qu’il met dans le même panier les Beatles, Michael Jackson et Rihanna (leur seul point commun étant d’avoir fait des records de vente avec des titres aux mélodies facilement assimilables). Je me méfie également du terme « psychédélique » car à part quelques titres inspirés par Georges Harrison et Syd Barrett, on est loin de la scène Austin Psych Fest & Levitation. Et comme notre style évolue, je dirais aujourd’hui que l’on joue sous une étiquette « math-pop 70’s electro french touch opera rock jazzy afrobeat ».

Fred : Disons qu’on a tendu le bâton pour se faire battre avec un nom pareil. Mais ce qui me plaît le plus chez les Beatles, c’est qu’ils ont toujours repoussé leurs limites et ont su évoluer, c’est ce dont j’ai envie en tant que musicien.

Hervé Salters de General Elektriks apparaît en featuring sur Expectations. Vous pouvez nous en dire un peu plus sur la façon dont vous vous êtes rencontrés et cette collaboration ?

Sam : On les écoute depuis des années, c’est un groupe qu’on admire beaucoup. On a fait leur première partie à deux reprises. On s’est très bien entendus. On avait un morceau qui avait un groove à la General Elektriks, on l’a proposé à Hervé et il a tout de suite accepté. Il a enregistré ses parties clavier dans son studio à Berlin en speed parce qu’il terminait lui-même son album et partait pour San Francisco juste après.

Guillaume : Après avoir assuré leur première partie à 2 reprises, la tentation était trop forte. C’est Fred qui a proposé la collaboration de but en blanc, au milieu du repas, au culot. Hervé est un chic type, il aurait pu décliner l’offre. General Elektriks est pour nous un groupe modèle en terme d’intégrité, de performance live et de gestion de carrière.

Fred : On l’a rencontré sur la tournée de son précédent album et on l’a recontacté alors qu’il enregistrait le nouveau, on l’a harcelé comme il faut, mais on le voulait ce featuring!!!

A l’époque du premier album, vous parliez beaucoup de l’influence de Tame Impala sur votre musique. Sur « Ellipsis », certains passages, dans les ruptures et les accords de guitare, évoquent également beaucoup Foals. Est-ce juste et, de manière générale, qui sont les groupes ou artistes que vous aviez, consciemment ou pas, en tête quand vous avez écrit « Ellipsis » ?

Sam : Foals et Tame Impala font certainement partie de nos influences. De mon côté MGMT et Radiohead m’influencent beaucoup pour la composition. J’ai aussi beaucoup écouté de Hip Hop avec les vieux Dr Dre et Kendrick Lamar pendant qu’on écrivait l’album, je pense que ça m’a pas mal influencé sur la rythmique. Ensuite je peux citer plein de groupes ou artistes : Django Django, Nina Simone, The Clash, David Bowie, Jack White…

Guillaume : Nous sommes moins influencés par Foals que par Battles. Il y a dans la musique de Foals des rythmes plutôt disco et dansants, on a préféré joué sur des rythmes lourds puis effrénés, plus difficiles à danser, plus progressifs. Tame Impala est devenu une référence absolue, c’est pourquoi on a essayé de s’en détacher pour se recentrer sur notre propre style… bon d’accord on va pas se mentir, l’ombre de Tame Impala plane sur I Me Mine mais l’ombre de Lennon et Michael Jackson plane sur Tame Impala…

Fred : J’écoutais Battles et Coldplay.

S’il vous fallait décrire cet album, finalement, quels termes vous viendraient en tête ? Personnellement, je trouve qu’il brille d’abord par ses titres très enlevés et accrocheurs sur la première moitié du disque avant de céder la place à des titres plus alanguis, plus sophistiqués sur la seconde. Est-ce volontaire ou cette structure s’est-elle imposée d’elle-même ?

Sam : On a toujours eu ces deux facettes, avec un côté pop simple et plutôt positif et un côté plus mélancolique et introspectif. On a fait le choix de séparer les deux ambiances sur l’album. En écoutant sur vinyle on aura vraiment cette séparation entre les deux faces, je trouve ça intéressant.

Guillaume : Cet album est le résultat de nombreuses démos, recherches stylistiques, remises en questions pour trouver le dosage idéal entre passé et présent, entre acoustique et électronique, entre nostalgie et actualité. Les clins d’œil et hommages aux groupes qui nous inspirent sont toujours aussi nombreux, mais notre identité s’est affinée en parallèle. Le but étant de faire rêver et voyager les auditeurs grâce aux changement d’ambiances. Des images de cinéma peuvent surgir de tous les morceaux, de Kubrick à Gus Van Sant en passant par Miyazaki et je ne peux pas m’empêcher de penser à l’élection de Trump en écoutant le titre sombre et brutal Here Comes the Man.

Fred : C’est à peu près la même structure que pour le premier album, ça ne va pas forcément devenir une marque de fabrique, mais ça me plaît de re-dessiner le même chemin avec d’autres chansons.

Diriez-vous que ces morceaux plus posés, plus complexes, sont le reflet d’une maturité chez vous ?

Sam: Je dirais pas ça, pour moi faire un morceau avec une structure simple est aussi compliqué à faire sonner qu’un morceau plus « sophistiqué ». Je pense que c’est plus un rapport avec ce qu’on écoutait au moment de l’écriture de l’album. J’adore les albums très arrangés, maintenant qu’on l’a fait ça donne envie de repartir dans l’autre sens, le prochain sera peut-être beaucoup plus sobre.

Guillaume : « L’album de la maturité ? » Disons qu’il est le reflet de notre évolution commune en tant que musiciens live, de nos remises en question et de nos influences personnelles diamétralement opposées qui se ressent sur nos approches respectives de nos instruments. Et bien évidement l’expertise de tous les maillons de la chaîne de production, Serge FAUBERT & Olivier CUSSAC (enregistrement), Lionnel BUZAC (mixage) et Alexis BARDINET (mastering).

Fred : Grand Dieu non !

La scène est le lieu qui vous a révélé. Avez-vous hâte de la retrouver et pouvons-nous espérer voir I Me Mine un peu partout en France en 2018 ?

Sam : La tournée se prépare. On adore la scène donc on va essayer d’en faire un maximum.

Guillaume : C’est mon souhait le plus cher : faire plus de musique que de communication, administration, promotion… Notre booker Charles Féraud travaille sur la tournée qui commence à la Paloma de Nîmes avec Feu! Chatterton.

Fred : On a hâte et j’espère que vous l’espérez, plus vous l’espérez et plus on peut espérer que ça arrive. Enfin j’espère…

Pour terminer, que peut-on vous souhaiter ?

Sam : Une belle tournée pour cet album.

Guillaume : La même chose que pour tous les groupes auto-produits : avoir un retour sur investissement pour pouvoir produire le 3e album, continuer à ne faire aucune concession sur notre musique et vivre des moments forts avec un public fidèle ! En gros continuer sur notre lancée en s’entourant d’une équipe de plus en plus motivée et digne de confiance (Dédicace à Michael, Charles, les 2 Christophe, Anne-Laure et Laurent Clery ! )

Fred : Un joyeux anniversaire !

 

 

 

Rédacteur en chef
  • Date de l'interview 1 343 vues05 mars 2018
  • Tags I Me Mine
  • Remerciements Merci au groupe et à Anne-Laure Bouzy
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