Adam Green :: Paris [Le Trabendo] :: 15 avril 2008


Une soirée placée sous le signe du folk new-yorkais : dans un registre assez différent, Turner Cody et le ludion Adam Green prennent d’assaut la scène d’un Trabendo plein à craquer. Turner Cody (Photo n°1), pas forcément très à son aise sur la scène, s’est visiblement donné de l’énergie à coups de « potion magique […]

Une soirée placée sous le signe du folk new-yorkais : dans un registre assez différent, Turner Cody et le ludion Adam Green prennent d’assaut la scène d’un Trabendo plein à craquer.

Turner Cody (Photo n°1), pas forcément très à son aise sur la scène, s’est visiblement donné de l’énergie à coups de « potion magique ». Mais son alcoolémie que l’on devine un rien élevée ne l’empêche pas d’aligner de très belles chansons, qu’il accompagne de sa voix légèrement chevrotante et d’arpèges de guitare très inspirés par Devendra Banhart : son répertoire fait mouche, et la salle accueille ses chansons avec des applaudissements nourris. Le premier album de ce talentueux jeune homme arrive bientôt dans nos bacs, on l’attend avec impatience !

L’arrivée en scène d’Adam Green (Photos n°2, 3 et 4) laisse perplexe, et effraie même un peu : bardé d’un horrible pull à fanfreluche, toute bedaine dehors, le trublion débarque après une introduction instrumentale assez pénible, gros son et choristes black à l’appui. On craint le pire quelques secondes, jusqu’à ce que l’énergumène s’empare du micro et que sa voix veloutée, impeccablement posée, renverse directement la cohorte de ses fans.

Les chansons d’Adam Green, outre des paroles souvent hilarantes, se distinguent souvent par leur concision extrême : les titres se succèdent à bon rythme, et ceux issus de "Friends Of Mine", le premier album de Green, remportent dès les premières notes un accueil tout particulièrement enthousiaste.
Crooner délirant, Adam Green semble totalement à son aise, s’autorise quelques plaisanteries absurdes, joue sans problème avec un public totalement acquis. Musicalement, le trio qui l’accompagne est parfaitement en place, parfois même un peu trop huilé pour le style foutraque du chanteur. L’apport des deux choristes en revanche est très discutable, leurs vocalises Chantilly outrepassant bien souvent les limites du supportable.

Quelques chansons acoustiques, interprétées par Green seul à la guitare, permettent de retrouver des ambiances plus incertaines, comme ce moment où le chanteur, hilare et sincèrement désolé, demande au public de cesser de taper dans ses mains car il ne parvient pas à garder le rythme de la chanson. L’intimité est toujours paradoxale avec ce fou chantant dont les mélodies émeuvent alors qu’il roucoule des textes parlant, par exemple, de se faire tailler une pipe sous un arc-en-ciel…

Au moment de conclure son concert, Green se permet une ultime petite vacherie : alors que son guitariste entame la suite d’accord de Jessica, il le coupe en annonçant qu’il va jouer We’re Not Supposed To Be Lovers : dommage pour les fans qui réclamaient cette chanson à corps et à cris depuis le milieu du concert. C’est en tout cas sur cette magnifique ballade que Green clôt un set très carré (parfois trop) mais parfaitement euphorisant !

Crédit photos : Robert GIL

Chroniqueur
  • Publication 75 vues15 avril 2008
  • Tags
  • Partagez cet article