Bloc Party :: Paris [Maison de Radio-France] :: 22 janvier 2007


A quelques jours de la sortie d’un second album très attendu, "A Weekend In The City", les anglais de Bloc Party investissaient le studio 105 de la Maison de Radio-France pour une "Black Session" très demandée. Une coupable négligence administrative de notre part manque de nous priver purement et simplement du concert, il faudra ainsi attendre les […]

A quelques jours de la sortie d’un second album très attendu, "A Weekend In The City", les anglais de Bloc Party investissaient le studio 105 de la Maison de Radio-France pour une "Black Session" très demandée.

Une coupable négligence administrative de notre part manque de nous priver purement et simplement du concert, il faudra ainsi attendre les dernières minutes et quelques désistements pour obtenir le carton gris qui nous permet de rejoindre en courant la salle au moment où Bernard Lenoir s’empare du micro pour lancer la session… On a failli ne pas être là : cette situation donnera au concert un timide parfum d’instants volés qui s’accorde parfaitement à la musique de Bloc Party. Le quatuor s’avance sous des applaudissements étrangement peu nourris : avouons-le, à force d’écouter "Silent Alarm", d’en savourer la puissance, la cohérence et, déjà, la maturité, on avait oublié à quel point ces garçons sont jeunes. L’espace d’un instant on croirait voir débouler un groupe de lycée s’installant pour la Fête de la Musique… Une sensation qui ne dissipe pas tout à fait Waiting For The 7.18, nouvelle chanson sur laquelle le son du groupe semble encore très approximatif.

Dès la fin de ce premier titre, toutefois, et sous les exhortations de Kele Okereke et des siens, le public se lève comme un seul homme pour se rapprocher du groupe, lequel entame un Positive Tension qui met, cette fois, tout le monde d’accord. Banquet, ensuite, résonne comme une déflagration d’urgence et de rage, et déclenche les acclamations du studio 105. La suite du concert voit ensuite s’alterner classiques éprouvés et nouveautés. Si les morceaux extraits du premier album, "Silent Alarm", recueillent les suffrages du public, les nouveaux titres démontrent que Bloc Party n’a rien perdu de ses qualités mélodiques et rythmiques. Peu de renouvellement en vue, mais l’affirmation d’une véritable maîtrise d’un maelström d’influences multiples.

Le son s’affine au cours de la session, gagne en ampleur et en précision, mais, paradoxalement, ce sont aussi quelques grains de sable occasionnels qui viennent enrayer la mécanique : quelques loupés pour l’infatigable batteur Matt Tong, pourtant un des cogneurs les plus énergiques et les plus imaginatifs de l’époque, ou un chant parfois hors du coup. Mais ces légères faiblesses participent aussi du charme du groupe : Bloc Party est déjà une machine de guerre, mais une machine encore tendre et étrangement vulnérable, friable, en un mot humaine… De toute façon, l’aptitude du groupe à varier les atmosphères au sein d’un même morceau et l’efficacité implacable de l’ensemble de la rythmique se suffisent à elles-mêmes…

L’enchaînement du puissant Little Thoughts et du rouleau-compresseur Helicopter constitue le point culminant du concert, Kele tente quelques incursions dans le public, mais se heurte bien vite aux limites du câble de sa guitare. Carré et très pro, Bloc Party quitte la scène à l’heure où Bernard Lenoir rend l’antenne ; évidemment le public en demande plus et deux titres en rappel viendront compléter cette session avant que les lumières ne se rallument dans le 105… Les oreilles siffleront encore quelques minutes mais la certitude demeurera, elle, bien plus longtemps : déjà plus tout à fait jeune, pas encore véritablement passé à l’âge adulte, Bloc Party est bien l’un des groupes les plus enthousiasmants de ces dernières années.

Crédit photos : Robert GIL

Chroniqueur
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