Charles Howl & Jonathan Bree @ Café de la Danse


L'Eldorado Music Fest proposait ce soir là une soirée de jolie pop avec Charles Howl en ouverture de Jonathan Bree.

Echappé des Proper Ornament, Charles Howl avait pour mission d’ouvrir ce soir là pour la date de Jonathan Bree au Café de la Danse. Son nouvel album « My Idol Family » composait la majeure partie de la set list du jour.
Le virage plus pop et synthétique pris sur l’album se confirme en concert mais l’Anglais maîtrise toujours autant les mélodies alambiquées et les refrains accrocheurs. Ses couplets tanguent, peuvent perdre l’auditeur parfois, mais ses refrains redonnent toujours une cohésion à l’ensemble et ses nouveaux titres sont beaucoup moins neutres et neurasthéniques qu’on pourrait le croire.
Usant de gimmicks pop sixties qui n’étaient pas pour nous déplaire, délivrant un swing sous des allures de comptables dociles,  Charles Howl et son groupe sont au service de leur musique : sincères et sans fioritures inutiles. Force est de constater que même venus pour Jonathan Bree, le public a su écouter et apprécier ce qu’Howl et son groupe avaient à offrir.

S’en est donc suivi Jonathan Bree, dans une configuration plus que minimaliste (batterie, basse), voix et… bande son. La mise en scène est désincarnée, à l’image de l’esthétique du projet. On connait son goût pour la précision, la perfection. Le cadre créé sur scène est le parfait support à l’expérience qu’il veut épurée, car c’est moins un concert qu’une expérience à laquelle il nous a été donné d’assister.
La mise en scène dépouillée, chacun ayant l’apparence d’un mannequin de vitrine,  peut déranger ou fasciner, mais elle a le mérite de provoquer l’émotion.
En revanche, le recours à la bande son pour les arrangements musicaux qui font la beauté de ses orchestrations est une énorme déception. Nous venions assister à un concert, pas à un happening arty et encore moins à un quasi Karaoké. C’est d’autant plus dommage que Jonathan Bree a un timbre unique, une voix dont il sait jouer et un vrai talent pour proposer une jolie pop symphonique.
Le propos est compris (obsession de la désincarnation, fibre nostalgique avec les références aux shows télévisés des 60’s, sorte de madeleine de Proust, mais le ressasser ad lib frise la parodie, la frontière entre génie (la beauté des titres) et fumisterie (coucou les danseuses) est alors parfois ténue.

Chargée de relations extérieures
Chroniqueur