Clap Your Hands Say Yeah @ Le Trabendo – 13 février 2006


Une chose est sûre, ils ont d’ores et déjà gagné la palme du nom le plus naze. Et sinon ‘ Une multitude de témoignages élogieux, des webzines et des blogs en émois, et un solide capital confiance qui auraient presque pu dispenser les Clap Your Hands de devoir faire leurs preuves sur scène. Mais face […]

Une chose est sûre, ils ont d’ores et déjà gagné la palme du nom le plus naze. Et sinon ‘ Une multitude de témoignages élogieux, des webzines et des blogs en émois, et un solide capital confiance qui auraient presque pu dispenser les Clap Your Hands de devoir faire leurs preuves sur scène. Mais face à un tel barouf, on voulait voir. Voir si tout cela méritait bien qu’on s’enflamme, qu’on crie à la perle rare, voir si la voix frêle et chevrotante d’Alec Ounsworth n’était pas qu’une simple coquetterie.

Timides, et introvertis. C’est ainsi qu’on pouvait facilement imaginer le quintet new-yorkais, à l’écoute de sa pop artisanale et bancale, un peu miraculeuse et il faut le dire, assez agréable. Mais une telle transparence ‘ absence, serait-on tenté d’ajouter ‘ sans doute pas. Car c’est bien à un groupe muet et quasiment autiste que l’on fait face durant un peu plus d’une heure et quart. Les morceaux sont joués à l’exacte réplique de l’album, et l’on attend vainement ce petit grain de folie qui ferait se balancer nos hanches, et en l’occurrence, nos mains se heurter en faisant « ouaaaais » ! Mais rien de tout cela. Un groupe mou du genou, visiblement maladivement timide (seul le trublion aux claviers exprime son plaisir d’être là sans retenue). Du coup, cela plombe une musique déjà franchement pas sautillante. Un « bonsoir » lâché ironiquement dans l’assistance après une bonne demi-heure tire finalement un sourire à Alec Ounsworth, qui ne semble pas voir la perche qu’on lui tend. Dommage !

Résultat, on assiste à un set pas franchement mauvais sur le plan de l’interprétation pure, la voix tordue d’Ounsworth se révèlant d’une vraie profondeur et à la hauteur de l’attente suscitée. Mais on s’ennuie ferme tant le son manque cruellement de relief, englué dans un spleen qui en devient presque irritant. Les versions de Over and Over ou Upon This Tidal Waves Of Young Blood, deux des morceaux a priori les plus entraînants, excellents sur l’album, restent largement en deçà, trop plats. Alors par respect plus que par réelle envie, on demande un rappel que le groupe honore de quatre titres, dont le dernier est une reprise de Helpless, un petit bijou signé Neil Young, et interprété en coeur avec les prometteurs Dr Dog, vus en première partie. Peut-être le morceau le plus captivant du concert, finalement ! Bien que beaucoup y aient vu le Knockin’ On Heaven’s Door de Dylan (la progression d’accord étant assez proche)…

On attendra donc le deuxième album avant de dire si Clap Your Hands mérite vraiment toute l’attention qu’il a suscitée. Pour l’instant, on reste un peu le c’ entre deux chaises. Et eux aussi, malheureusement…

Chroniqueur
Clap Your Hands Say Yeah