Detroit + Fat Supper @ Le Cargo – 13 mai 2014


Le seigneur est revenu, alléluia!

La queue formée par les impatients que nous étions était impressionnante, un bon quart d’heure avant de pouvoir pénétrer entre les murs du Cargo, qui allaient être le théâtre de pas moins de deux heures d’une musique unique dont on avait fait le deuil un peu trop tôt…

La lourde tâche d’ouvrir le bal a été confiée aux Rennais de Fat Supper qui se sont fendus d’un set de rock garage acéré, à la Metz ou Ought. Une partition qui a eu le mérite de bien capter le public, avec de vrais bons morceaux souffrant malgré tout d’un charisme général tout relatif. Il n’en reste pas moins que la qualité des titres nous fera nous pencher sur leurs productions studio.

Peu d’attente à combler avant de nous amener à hurler, à expulser toute la frustration de ces années de silence quand les compères débarquent ensemble sur scène (il n’est pas question ici de s’épancher sur la morale, c’est une histoire de passionnés). Le concert de Détroit débute donc avec Ma Muse et le génial Horizons de l’album du même nom sorti fin 2013, une mise en bouche avec ces deux titres très proches de leur version studio qui auront posé le décor :  des musiciens habités, des arrangements subtils, et un chanteur irremplaçable, au charisme électrisant comparable à un Nick Cave. Troisième titre, la bombe est lancée avec la première irruption du répertoire de Noir Désir, dès les premiers accords de Lazy, le public, nous, cri sa joie et s’enflamme. Clairement, dès l’entrée en scène, il fut évident que le public était conquis, mais Lazy montra à quel point la joie n’était pas feinte, une vraie symbiose s’est installée, réveillée plus précisément, entre l’artiste et ses adeptes. La suite du set a consisté en des reprises noir dez ré arrangées avec classe (le riff rageur de Sergio en moins il ne faut pas se le cacher) mélangées à quelques titres du nouveau projet. Ces derniers, bien moins punk mais beaucoup plus intimistes, profitent d’un talent de composition indéniable, bien plus hypnotisant que le répertoire de feu la bande des Garronnais. Le live se clôture sur une version rallongée de Null And Void, qui aura permis justement de ressentir d’autant plus le son génial, travaillé et fascinant du Détroit qui doit énormément à Pascal Humbert, le pote et nouvel acolyte. Concert fini? Bien sûr que non, on n’a toujours pas eu le titre inévitable que tout le monde réclame à cor et à cri. Pascal et Bertrand reviennent seuls, ce dernier nous rassure, notre vœu sera bientôt exaucé, mais pas encore, démarre alors l’introspection acoustique sur Droit Dans Le Soleil et Glimmer In Your Eyes.  S’en suivront quelques nouvelles reprises très réussies des titres de notre passé, pour laisser place à une magnifique version sublimée de Sa Majesté qui aura littéralement scotché tout le monde notamment les fans de Noir Désir exclusifs; un titre qui était déjà le plus déstabilisant de l’album et qui devient un moment de grâce ultime, un vrai moment d’excellence de leur performance. Un léger entracte « Malherbe en ligue 1 » des footeux, je plaide coupable, qui passaient décidément une soirée mémorable, nous aura fait souffler et rigoler. Et là, il arrive, T o s t a k y !!!!!!!!!!! Une vraie déflagration, un public en fusion, qui nous donne le sentiment du travail accompli… Au bout de deux heures hors du temps et sur un morceau final, à nouveau emprunté à Noir Désir mais pour lequel ma mémoire me fait défaut (trop de sentiments en tête), le public achèvera seul le morceau face au groupe visiblement touché.

Un concert à en perdre sa voix et l’usage momentané de ses jambes, tout en se plongeant dans un univers très riche, Détroit, Cantat surtout, comme un boulet de talent qu’il traîne, nous auront fait vivre un moment inoubliable. On leur souhaite de pouvoir s’affranchir de Noir Désir dans le futur, même si clairement, on n’a pas boudé notre plaisir.

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  • Publication 344 vues21 mai 2014
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Detroit + Fat Supper @ Le Cargo - 13 mai 2014