Emily Jane White @ L’Européen – 15 novembre 2010


Inutile de le nier, après la claque de "Victorian America", nous sommes complètement sous le charme de l’envoutante Emily Jane White. Impossible donc de négliger ces deux dates, en ce mois de novembre gris et froid. Et nous avons bien fait, car la température est nettement remontée à l’intérieur de l’Européen. Retour sur une soirée riche en émotions.

En introduction : Sydney Wayser. Ou plutôt, l’incarnation même de l’artiste newyorkaise à l’esthétique bobo. Et surtout, une voix à la Cat Power comme tant d’autres. Inutile, donc, de s’étonner si cela frise le déjà trop entendu. Cependant, certaines compositions parviennent à sortir du lot sans trop de difficultés avec, parmi elles, Lullaby et une reprise de Beck (The New Pollution). Ce concert ne marquera certainement pas les annales, il reste néanmoins que nous passons là un agréable moment. Mais ne nous étendons pas ; quoi qu’il advienne, cette soirée demeurera celle de la plantureuse Emily Jane White…

Place donc à la tête d’affiche. Et il faut bien admettre que les choses ici-bas ne sont plus du même acabit. Sur scène, la musique d’Emily Jane White prend une autre dimension, plus majestueuse et plus caressante, comme l’exprime merveilleusement A Shot Rang Out. Peu loquace, la grande dame se concentre et mène le jeu d’une main de maître. Et mince alors, quelle voix ! Aucun doute, en voilà une qui ne s’est pas trompée de vocation. Quelques notes, lap-steel à l’appui, et nous voilà en partance pour l’ouest américain. Avec les titres The Cliff, Broken Words et The Country Life, c’est l’apothéose, limite si nous ne nous reprendrions pas à nous balancer sur notre siège en mâchouillant un cigare fictif ! Les compositions d’Emily Jane White nous font voyager hors du temps, quelque part entre les grands espaces. Il y a là un savant mélange, dosé juste comme il faut ; loin d’éclipser une si belle voix, la musique, légèrement en retrait, l’accompagne en la magnifiant. C’est avant tout une performance vocale, parfaite pour accompagner la rudesse de cette longue soirée hivernale. Plus besoin de chercher, nous l’avons trouvée, notre pépite.

Chroniqueur
  • Publication 179 vues5 février 2011
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