Festival International de Benicàssim @ Benicàssim – 19/22 juillet 2007


Le Festival de Benicassim (Espagne) a ceci de particulier qu’il se déroule dans un véritable camp retranché, coincé entre des collines arides et la monotone station balnéaire du même nom, qui ne semble vivre que pendant ces quelques jours de fête musicale. La vie parallèle qui anime le site est au moins aussi importante que […]

Le Festival de Benicassim (Espagne) a ceci de particulier qu’il se déroule dans un véritable camp retranché, coincé entre des collines arides et la monotone station balnéaire du même nom, qui ne semble vivre que pendant ces quelques jours de fête musicale. La vie parallèle qui anime le site est au moins aussi importante que les lives eux-mêmes et pour apprécier pleinement l’ambiance du FIB, il faut savoir profiter des douches froides du camping, des rires nocturnes, des mares de bière, des réveils au ‘chant’ de criquets capable d’atteindre un volume sonore phénoménal et du soleil implacable.

C’est donc dans un état déjà quelque peu second que l’on arrive sur le lieu des concerts, en fin d’après midi, le jeudi 19. Le site est très étendu car les trois scènes ne doivent pas se gêner lorsque les lives se chevauchent. Les bases sont donc posées : quiconque voudra parler des shows devra courir et mettre son goût personnel de côté. Il est impossible de tout voir et encore moins de tout voir dans son entier ! Heureusement, il semble connu que les festivaliers n’arrivent pas tous dès le jeudi et la programmation est plus légère que les jours suivants.

Jeudi 19 Juillet

Seules deux scènes sont ouvertes ce soir et un bon nombre de djs se succèdent, pour le plus grand bonheur de certains festivaliers venus avant tout pour danser (ceux qu’on ne reverra qu’à partir de 2 ou 3h du matin les jours suivants). Les popeux quant à eux se montrent plus intéressés par la programmation de la Escenario Verde (la grande scène…), vers 21h, lorsque les Suédois de Mando Diao montent sur scène. Le show est efficace et énergique, porté par les charmants minois des deux chanteurs qui ne semblent pas laisser le public féminin de marbre. Même en s’efforçant de se concentrer sur la prestation scénique et non sur les compositions, on ne peut s’empêcher de déplorer un petit manque d’originalité, mais les influences, qu’elles soient garage ou britpop, sont bien digérées et on se laisse prendre au jeu. Le festival est plaisamment ouvert.

Peu de temps pour respirer, tout le monde reste les yeux rivés à la scène. Pas questions de bouger d’un pouce et de perdre une bonne place… On attend l’Iguane et ses Stooges dans une effervescence adolescente des plus grisante ! 22h30. Il fait maintenant nuit et les lumières s’éteignent. Ils entrent. On est tout de suite pris au jeu. Iggy est fidèle à lui-même, jean et torse nu, il danse, saute, se tord et, fornique avec l’ampli guitare dès le premier morceau. On est là pour 45 minutes d’efficacité. Pas le temps de faire de chichis. Les premiers accords de I wanna be your dog résonnent et c’est le délire, du premier au dernier rang. On observe même amusé du coin de l’œil des tas d’ado anglaises au bord des larmes. Il est cependant difficile de passer sous silence le côté un peu faux de tout cela. Malgré la générosité d’Iggy Pop, les Stooges font figures de vieux routiers un peu papis, le son est gros mais parfois imprécis. On va jusqu’à avoir la désagréable sensation d’aller voir des bêtes de cirque faire leur numéro, histoire de raconter “J’ai vu Iggy et les Stooges, les vrais”. Tout cela est bientôt oublié quand, bravant la sécurité, l’Iguane fait monter sur scène plus de 100 personnes pour danser avec lui. Un grand moment d’euphorie générale. Mais, c’est la descente de scène de tout ce monde qui reste le plus longtemps à l’esprit, les danseurs surexcités guidés vers la sortie par les ‘thank you’, ‘easy, baby’, ‘calm down’ et autres ‘go now’ lancés par cette voix inimitable… Après un dernier I wanna be your dog en guise de rappel, les Stooges quittent la scène, laissant derrière eux un public survoltés.

La tâche est désormais difficile pour les Américains de Bright Eyes… Toujours sur la grande scène, c’est vers 00h15 qu’ils entrent sur scène tout de blanc vêtus. Le concept est alléchant et la formation aussi, car en plus du groupe de rock ‘traditionnel’ on aperçoit violon et flûte. La qualité est là, bien que le son ne rende pas vraiment hommage à la finesse de certains morceaux. Malheureusement, le résultat sur scène retient peu l’attention. On ne saura sur quel compte mettre ce manque d’accroche, mais disons qu’un passage après Iggy Pop et ses Stooges n’est pas chose aisée…

Il faut se réserver pour les trois jours chargés qui arrivent. L’impasse est donc faite sur Los Planetas, la folie espagnole du moment, mais le lendemain matin, les échos des voisins de tente, pourtant fans, rassurent sur ce petit écart d’attention : décevant semblait être le mot clé.

Vendredi 20 Juillet

La journée du vendredi commence tôt. Il fait encore chaud à 18h30 quand le public se presse sous la grande tente de la scène fiberfib.com pour voir Rufus Wainwright. C’est avec un plaisir non dissimulé que l’on découvre les brumisateurs rafraîchissant l’atmosphère à intervalles réguliers, nettement plus agréables que les bouteilles d’eau jetées parfois sur les audiences surchauffées.

Les musiciens entrent enfin sur scène, vêtus de tenues rayées et dépareillées, plutôt originales. Autour du piano se déploient section de cuivres, contrebasse et guitares. Les choses s’annoncent bien et quand Rufus Wainwright fait son entrée, arborant un costume blanc orné de paillettes et de rayures multicolores, on s’attend au meilleur. De façon évidente, il se fait plaisir et offre un vrai spectacle, parfaitement réglé, jouant les diva au piano ou à la guitare. Malheureusement, la majeure partie du public semble moyennement touchée. On déplore surtout un son très inégal qui ne met pas du tout en valeur les arrangements recherchés et les lignes mélodiques parfois un peu complexes. Le rappel réconcilie néanmoins tout le monde. Rufus revient sur scène, seul au piano, enveloppé dans un grand peignoir blanc, pour nous gratifier d’un Alleluia fédérateur. Non content de ce petit effet romantique et apaisant, le voilà, lèvres maintenant écarlates, habillant ses doigts de grosses bagues en diamants, prêt à mettre tout le monde d’accord sur ses qualités scéniques. Le temps d’un morceau, accompagné par ses musiciens devenus danseurs (en smoking et chemise rose) il fait revivre la Judy Garland du Carnegie Hall, 1961. Le public se disperse ensuite, sourire aux lèvres prêt à affronter une longue soirée de concerts.

Courte et seule pause de la soirée, avant de retrouver cette même scène pour le concert très attendu d’Antony and The Johnsons. La mise en scène semble un peu bancale puisque le chanteur disparaît aux yeux du public dès qu’il se met au piano (la poursuite elle-même met un peu de temps avant de se poser sur lui), mais l’émotion est là. Le public est pendu aux lèvres de ce crooner en survêtement, qui remue étrangement, accompagné par un quatuor à cordes et quelques musiciens polyvalents. La reprise toute en nuances de Crazy in love de Beyoncé séduit définitivement le public. Que l’on aime ou non le timbre particulier de cette voix, on ne peut qu’être touché par le personnage et sa façon d’habiter la musique. Malheureusement, la malédiction de Benicassim frappe alors et nous quittons cette douce ambiance pour nous diriger vers la Escenario Verde où jouent déjà les Klaxons.

Ceux qui sont familiers de la mort incarnée par le truculent Monsieur Manatane sont en terrain connu lorsqu’ils arrivent devant la scène. 3 petits squelettes moulés de noir et moustachus bondissent de ci de là en faisant beaucoup de bruit. “We’re not the Klaxons, we’re from Denmark”. C’est ainsi que s’introduisent les Who Made Who, groupe plutôt réjouissant dans la mouvance rock à danser. Les plus avisés diraient ‘disco-punk’, mais là ce n’est ni franchement punk, bien qu’énergique, ni franchement disco. Le public réagit très bien aux hymnes efficaces et aux lourdes lignes de basse. Le batteur s’affaire beaucoup et assure une bonne partie du spectacle. Au-delà des moustaches et des tenues, on sent sur scène une jouissance palpable. Le planning ayant été un peu modifié avec ce changement de groupe, le concert est très court, et les spectateurs semblent rester sur leur faim.

L’envie de danser éveillée, on retourne précipitamment vers l’autre scène pour voir Gus Gus, espérant capter encore un peu d’énergie festive. Et nous restons bouche bée. Non seulement la performance purement electro n’a pas changé depuis cinq ans, mais le groupe est maintenant gratifié de trois divas au physique plus ou moins harmonieux, en tutu de couleurs…et on en concluera qu’être islandais n’excuse pas tout avant de retourner, tranquillement cette fois, attendre Wilco sur la scène verte.

C’est tout à fait placidement que les Américains entrent en scène. Et le concert se poursuit dans le même état d’esprit. Si une bonne énergie se dégage de l’ensemble des morceaux, le rendu humain manque un peu de saveur, il ne se passe pas grand chose, tout est un peu trop traditionnel, tant dans la mise en scène que dans l’interprétation. Le public ne paraît pas transcendé. Les morceaux se déroulent et le temps passe.

Au même moment, sur l’autre scène, The Rapture sont attendus de pied ferme. Le public, beaucoup d’anglais, est déchaîné, pris par une grande envie de danser. C’est le délire total lorsqu’ils apparaissent, souriants et propres sur eux. Pour cette énorme masse de fan, chaque intro provoque des hurlements, chaque nouveau morceau semble être leur préféré. Ca saute, ça danse jusqu’en dehors de la tente, aux volumes pourtant déjà conséquents. Pour placer ici, une touche de subjectivité, on dira juste qu’à côté de tous ces groupes qui font du bruit et font danser, The Rapture, (qui malgré les grands cris des jolies Anglaises ne donne souvent qu’un son un peu plat) bénéficie d’une bonne com sur cette vague tendance…

Il est grand temps d’aller jeter une oreille, protégée, sur les déflagrations sonores de Dinosaur Jr. Une masse de longs cheveux gris s’agite déjà devant un mur d’ampli et on retrouve le sourire devant cette (bonne) volonté de faire du lourd, du fort, du sale. Pourtant le public est assez clairsemé, peut-être les fans de The Rapture ont ils décidé d’aller manger des pizzas (elles sont très bonnes sur le site) plutôt que d’aller voir ces vieux dinosaures du rock. Dommage. Malgré l’expérience, l’habitude de ces trois là, ça reste généreux et spontané. On perd un peu la notion du temps, et on en oublie d’aller sur la scène Vodaphone écouter les charismatiques The Horrors (qui ont paraît-il fait un excellent concert), puis, persuadé d’aller voir les horreurs sus-nommées en temps et heure, on rate en plus la moitié du concert de Devo. Des sets de 45mn et des déplacements au milieu d’une foule plus ou moins nonchalante…

Depuis l’arrivée à Benicassim, avant même le début du festival, on pouvait remarquer ça et là dans la ville des hommes aux drôles de chapeaux. Un plastique rouge vif et une forme de pyramide aztèque (mais qui aurait été ronde) : les fans de Devo étaient là. Les drôles de chapeaux sont maintenant partout, dans le public mais aussi sur la scène. Danses bizarres, grosses lunettes, tenues de garagistes jaune vif et pop à l’ancienne, l’effet n’est pas désagréable mais on sent vraiment le grand retour du groupe à fans et on n’a pas franchement l’impression d’être inclus dans ces retrouvailles. On va alors tâter des diverses soirées techno qui battent déjà leur plein sur les autres scènes, malheureusement sans tenir jusqu’à Carl Craig, pionnier du genre, mais qui joue à 5h50 !

Samedi 21 Juillet

Encore des Suédois. Tout en pop un peu folk, Peter Bjorn & John ouvrent la soirée dans la douceur et la bonne humeur. Le public est au rendez-vous, attendant avec impatience le petit sifflement reconnaissable de la mélodie de Young Folks. Mais déjà les groupes se chevauchent et on doit choisir son camp…qui nous mène vers Albert Hammond Jr sur la Escenario Verde. Malgré un son de guitare un peu Strokien, il y a un caractère particulier. C’est joyeux et efficace. On prend vraiment plaisir, même en plein jour sans effet lumineux, à regarder ce qui se passe. C’est sobre mais pas ennuyeux, bien au contraire. Les morceaux s’enchaînent dans l’efficacité, jusqu’au drame. Totale coupure de courant sur la scène. Brutale, radicale, en plein milieu d’une chanson. C’est en réalité toute une partie de la ville qui est touchée par ce soudain black out, mais il en faut plus pour menacer l’organisation du festival et le concert se poursuit avec l’aide des groupes électrogènes.

Tant pis, il faut vraiment y aller, c’est l’heure des très attendus CSS. Mais l’on a commis l’erreur d’avoir trop traîné et le public est déjà là, compact, débordant largement des limites de la tente. Et de tous les côtés. On aperçoit tout au fond une scène décorée de ballons multicolores, ça à l’air joli…de loin. Les écrans ne marchent pas, on entend mal. On les regarde apparaître, plein de couleurs et de paillettes, on écoute vaguement deux morceaux, et on abandonne la partie pour aller voir Sondre Lerche.

Forcément, il y a beaucoup moins de monde sur cette scène… pourtant là aussi une bonne dose d’énergie est envoyée. Un set rock tirant vers le blues, un peu à l’ancienne, accroche le public ; la jolie petite tête d’un Sondre Lerche souriant et visiblement ravi d’être là n’y est sans doute pas pour rien non plus…On apprécie le moment, puis pour éviter d’être pris au jeu des changements de scènes, on va prendre place face à la grande scène pour attendre le concert suivant…

The Magic Numbers. Tout en simplicité et en (relative) timidité. Le public est en tout cas immédiatement sous le charme de la jeune chanteuse à la voix délicieuse et à la chemise à carreaux qui reste face à son micro, une main dans la poche… Malgré la douceur apparente des morceaux, il se dégage une bonne tension du concert, servie notamment par la bassiste qui n’en finit pas de sauter et de remuer ses cheveux (qu’elle a très longs et bouclés !). On est ravi des les voir prendre ainsi possession de la scène. Les morceaux sont aussi efficaces et précis que sur album, les voix sont très justes et les petits instruments qui apportent aux chansons leur touche particulière (glockenspiel, tambourin…) ont pris eux aussi leur place sur scène. C’est vraiment le côté sunshine du festival, ce n’est pas agressivement rock’n’roll, ce n’est pas tendancement electro, c’est juste joyeux et les sourires dans le public ne trompent pas.

Puisque cette édition semble mettre à l’honneur certains anciens grands de la pop, c’est au tour des B52’s de s’y coller. On attend les tubes et on ne les aura pas avant la toute fin du concert où Love Shack et quelques unes de ses petites sœurs font hurler la foule. A défaut, on les regarde redoubler d’ardeur juvénile. Malgré les années, le spectacle est toujours rôdé et l’énergie toujours présente, mais c’est là que les écrans géants sont sévères, si les styles n’ont pas changé, les visages ne sont plus les mêmes. On ne peut pas garder éternellement des attitudes de grands enfants. On aurait peut être aimé plus de cohérence, soit un show à l’ancienne avec les vieux morceaux, qui aurait charmé tout le monde même après tout ce temps, soit de nouvelles couleurs et un style assorti…

Passé 1 heure du matin, les choses deviennent claires : le public aura avant tout choisi d’être au concert des Arctic Monkeys. Impossible de bouger, la foule est compacte sur une surface assez impressionnante. Et heureusement, car c’est cette foule qui fait le concert. Bien sûr, les morceaux sont carrés et incisifs, mais la présence scénique et l’énergie déployée par ces sympathiques boutonneux est proche de zéro… Déception. Enfin pas pour tout le monde puisque les Anglais (encore eux !) présents sont déchaînés, il est d’ailleurs difficile de distinguer la voix du chanteur des milliers d’autres qui s’en donnent à cœur joie à l’unisson ! On suit donc ces 45 minutes de folie sans grand enthousiasme.

Dimanche 22 Juillet

La dernière soirée commence avec des Hives survoltés. Ca fait plaisir de sentir autant de hargne ! Toutes les trois chansons, Pelle Almqvist nous gratifie (en espagnol dans le texte) de “nous sommes les Hives, le plus grand groupe de rock’n’roll du monde”. Non content de sa petite phrase, il grimpe sur les structures métalliques, il crie, saute, sue, joue avec le public… Les morceaux s’enchaînent néanmoins, incisifs et percutants. Une heure de concert à tombeau ouvert pour notre plus grand plaisir.

L’ambiance est tout autre sur la scène couverte. Le concert d’Amy Winehouse commence tout juste. Variété groove semble être le mot. Au-delà des tatouages et du mini-short, tout est très convenu. Lumières chaudes, arrangements confortables, chorégraphie minimaliste… Si ce n’est pour les choristes. Un mot s’impose sur ces deux grands garçons très bien faits de leur personne et habillés de vastes chemises blanches qui dansent avec les bras amplement déployés… le rendu visuel est plutôt joli, mais il en faudrait plus pour nous retenir.

Clap your hands say yeah ! sont au même moment sur la scène Vodafone et un coup d’oeil serait le bienvenu. Hélas… Les problèmes de son rencontrés dès le début du concert les perturbent et les énervent plus qu’autre chose. Le résultat n’est pas brillant, on sent que l’envie de jouer s’est un peu perdue dans ces désagréments. Le public semble à son aise mais on en verra quand même plus d’un préférer se diriger vers les bars Heineken et autres stands de kebabs. On finira d’ailleurs par les suivre, mais pour la bonne cause (toujours frappés par la malédiction de Benicassim…) : à 22h20, Kings of Leon arrivent sur la grande scène.

Au-delà de la teinte blues et des l’accent marqué voilà un concert qui sent l’Amérique profonde… C’est peu expansif mais c’est lourd, direct. Un peu trop d’ailleurs. Les basses sonnent fort (cela semble d’ailleurs être la ligne directrice de la plupart des concerts ici), les guitares aussi, et la machine a du mal à entraîner tout le monde. Bref, ça a beau être carré, c’est monolithique. C’est donc l’heure d’un repas bien mérité avant le rush final.

Black Rebel Motorcycle Club nous offrent ce que Kings of Leon n’ont pas réussi à réaliser. Le son lourd se fait cette fois cru et tranchant, on sent une machine bien rôdée qui réussit à captiver un peu plus le public. Les morceaux s’enchaînent sans accroc, le jeu de scène est minimal mais en bonne adéquation avec l’attitude du groupe. Blousons de cuir et mine dures. On se prend bien au jeu et malgré un certain manque de variété dans le tempo on reste accroché à la scène.

Passage rapide ensuite sur le scène vodafone pour voir The Go!Team avant d’aller trouver un petit coin pour profiter de Muse. Ninja, la chanteuse, est fort court vêtue et nous laisse voir ses cuisses musclées, à leur aise dans une danse plus qu’énergique. C’est joyeusement acidulé et parfait pour l’été… ! Quand ça saute et que ça sourit dans le public, on peut en déduire que la formule est efficace.

Muse donc. Un des moments les plus attendus par le public, et sans aucun doute le concert le plus gigantesque du festival. Une installation lumineuse particulière, l’incroyable moustache gauloise du bassiste, un piano à moitié transparent, des effets spéciaux sur les écrans géants (apparition des paroles de chansons, visages déformés, jeux de couleurs…) : c’est un clip en live. Et malheureusement, c’est là que cela pèche. Le son a beau être énorme pour ces trois petits hommes, la voix et l’énergie de Matthew Bellamy intactes, l’humanité de la sueur se perd dans un trop plein de grandiloquence. On s’amuse cependant toujours de l’excitation ambiante et les oreilles sont flattées par un nombre incalculable de chansons désormais cultes. Ca fait un peu son et lumières mais on passe un bon moment…

Un peu sonné par la prestation titanesque de Muse, on décide tout de même de rester pour voir ce que donne ce fameux live de Unkle. Ecrans qui jettent des images distordues en couleurs, montagne de machines, là aussi on peut pressentir du lourd. Et c’est le cas, lorsque le concert commence (à part une légère panique technique et des engueulades à droite de la scène avec une guitare mal branchée…) ça fait vibrer le sol sous les motivés qui ont dépassé l’heure de Muse. On n’a pas franchement envie de danser, on reste plutôt hypnotisé par l’atmosphère étrange dégagée par le groupe. Pas vraiment de jeu de scène, chacun semble plus en transe dans son coin, seuls les deux hommes derrière les machines rentrent quelque peu en contact avec l’extérieur… En l’absence de milliers de corps pour attraper un peu les ondes sonores, le son est extrêmement fort et Unkle n’étant pas un groupe qui s’écoute assis sur une pelouse à 50m de la scène…c’est à regret que l’on quitte le site.

Ce festival aura été riche en évènements ; le grand retour des anciens jouant aux côtés de leurs enfants spirituels a contribué à cette communion musicale et le mélange des genres, de mise sur les différents plateaux, a su montrer la richesse de la scène actuelle. Même si cette année, la programmation n’était pas forcément la plus excitante des ces treize éditions, l’atmosphère, le cadre, le soleil continuent à faire de Benicassim l’un des festivals pop les plus attrayants d’Europe. Décidément un passage obligé… !

Chroniqueur
Peter Bjorn and John
  • B52's

    Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

    CSS

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    Dinosaur Jr

    Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

    Gus Gus

    Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

    Iggy Pop

    18/07/2019 Festival Les Vieilles Charrues - Carhaix, France

  • Kings Of Leon

    Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

    Muse

    Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

    Peter Bjorn and John

    Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

    Rufus Wainwright

    Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

    Sondre Lerche

    Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

    The Hives

    Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

    The Magic Numbers

    Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

    The Rapture

    Pas de concert en France ou Belgique pour le moment

    Wilco

    22/09/2019 LE TRIANON - Paris, France