Festival Rock à la Flèche d’or – 14 mars 2007


La Flèche d’Or a la particularité de se situer dans un quartier encore populaire de Paris, fief anar qui de plus est, et de rameuter comme au temps des Apaches une jeunesse des beaux quartiers venue s’encanailler. Au fil de la soirée, cette foule disparate va cohabiter pour s’unir sur un final festif. Dominic Sonic, le […]

La Flèche d’Or a la particularité de se situer dans un quartier encore populaire de Paris, fief anar qui de plus est, et de rameuter comme au temps des Apaches une jeunesse des beaux quartiers venue s’encanailler. Au fil de la soirée, cette foule disparate va cohabiter pour s’unir sur un final festif.

Dominic Sonic, le songwriter énervé au passé 90’s glorieux, a troqué sa guitare électrique contre une acoustique et sa boîte à rythme pour le silence. On pourrait poursuivre en ajoutant que sa flamme hargneuse et convaincante n’est plus qu’un bout de mèche fumant, tout juste soufflé par une lassitude tenue. Dominic Sonic enchaîne ses morceaux, il grogne entre les chansons, essaie une plaisanterie à voix basse, le cœur n’y est décidément pas. Quelques rockers initiés l’encouragent dans le brouhaha d’une jeunesse indifférente. Il reprend ses anciens tubes (What I’m waiting for, La Loi des pauvres gens, À s’y méprendre) avec sa voix éraillée qui n’a rien perdu de son intensité et part. Le petit rideau rouge se ferme sur la scène.

D’un coup l’espace devant la scène se restreint, des filles crient « Brunoooooo » , les verres se renversent, certains spectateurs accompagnent le mouvement et s’écroulent au milieu de leurs comparses goguenards. Le groupe suivant n’est pas venu seul. Le rideau s’ouvre et commence une grosse partie de rigolade. Il s’agit de Neïmo. La star ou l’attraction, c’est le chanteur, il gesticule, se déhanche les mains posées sur les reins comme font Brett Anderson ou Jarvis Cocker sauf que la pose mal assurée reflète plus un lumbago qu’une attitude glamour. Mais bon, le style fonctionne, les filles en raffolent. L’intérêt du groupe sera plutôt à chercher du côté du guitariste et du batteur, tous deux impressionnants d’aisance et de technique ; à mi chemin entre le rock n’roll 70’s et sa lointaine descendance (Oasis), ils ont démontré un potentiel prometteur.

Bikini Machine nous a ramené une décennie plus tôt avec une pop dansante, amusante, du jerk-soul à tous les étages dans une ambiance baloche bon enfant. Les influences sont marquées à tel point qu’il nous semble parfois reconnaître un titre de Beck, des Commitments, de Gainsbourg, ou de Dutronc… Ah mais là c’est vrai : La Fille du père Noël est reprise par la salle, appuyée par des accords de guitare énergiques. Les membres du groupe passent de la batterie à la basse, du chant à la batterie, des machines à la basse, et face à ce joyeux bordel, la foule danse et en redemande. Bikini machine dévoile ses charmes sur scène et engage à poursuivre la découverte sur album.

Jolie soirée donc, on en redemande !

Chroniqueur
  • Publication 82 vues14 mars 2007
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