Juno @ l’Usine (Genève) – 05 décembre 2001


Le souvenir de Juno lors de la tournée de printemps avait laissé des traces : une certaine frénésie m’habite alors que je me rends à Genève – accompagnés d’insouciants de mon espèce – par un temps à ne pas mettre une autoroute dehors, de peur de la voir se jeter sans mesure sur les véhicules […]

Le souvenir de Juno lors de la tournée de printemps avait laissé des traces : une certaine frénésie m’habite alors que je me rends à Genève – accompagnés d’insouciants de mon espèce – par un temps à ne pas mettre une autoroute dehors, de peur de la voir se jeter sans mesure sur les véhicules déversant des rivières absurdes et désinvoltes.

Après un album sorti en été, juste le temps de se refaire une santé, et hop, les revoilà en Europe, prêts à déverser des flots de notes à pleines pelletées au vieux continent ébahi devant tant d’à propos.

Ce sens de l’à propos a dû manquer au programmateur de l’Usine qui nous a permis de nous ennuyer un moment en compagnie de Lunazone, groupe helvète aux accents rock’n rollien et parfois emo-rockien scolaire, histoire de nous impatienter encore plus.
Bref, passé cette 1ère partie dispensable, Juno arrive enfin et attaque par le 1er morceau du dernier album en version chantée, donnant une densité que celui-ci n’avait pas sur disque. L’espace sonore est rempli, les frissons apparaissent dans l’échine et ne retomberont que bien plus tard au retour. Le son est moyen et ira en s’aggravant (il est sourd, ce sonorisateur, à faire un mix aussi agressif ?), mais l’énergie passe, non, pas seulement, l’émotion est palpable alors que s’égrènent les meilleurs morceaux du groupe, des sortes de longues pièces atmosphériques et rampantes, qui se dressent un moment, finissent montagnes d’où l’on surplombe à loisir un monde aux couleurs renouvelées. Les autres titres, plus directs, sont exécutés (B-L-A-M !). Le tout emmené par la voix toujours au bord de la rupture, ce chanteur au charisme proche d’un Troy (Chokebore) est toujours en tension au long des morceaux, profitant alors des réaccordages pour glisser quelques mots qui dévoilent toute sa simplicité et sa générosité. Ah, j’allais oublier ce fabuleux entrelacement de guitares – parfois 3 ! – qui laisse pantois, tant dans sa forme épurée que dans les explosions bruitistes de fins chaotiques (mais pas trop, finalement).

Un rappel, malgré la fatigue du groupe : une des 40 personnes présentes (environ) demande :  » le titre du 1er album qui n’en finit pas de monter, d’accélérer?  » [traduction aléatoire, mais assez proche du sens, il me semble]. Résultat : le morceau phare (« Leave a clean camp and a dead fire ») de cet album, 10 minutes de bonheur pur pour achever de convaincre les non convaincus (mais en restait-il vraiment ?) de l’événement auquel ils ont pu assister ce soir du 5 décembre 2001, déjà gravé dans les mémoires.
Pour l’occasion, un label lyonnais (Modern City Record, par ailleurs tourneur de Juno en Europe) a, comme pour la précédente tournée avec le 1er album, sorti le nouveau disque en édition limitée double vynil coloré, superbe objet rudement recommandé.
Si.

Set-list : (pas franchement dans l’ordre, m’enfin) :
– A thousand motors pressed upon the heart
– All your friends are comedians
– When I was in_____
– We slept in rented rooms [the old school bush]
– You are the beautiful conductor of this orchestra
– The French letter
– Rodeo programmers
– The young influentials
– High noon
– Venus on 9th Street
– Killing it in a quiet way
(rappel)
– Leave a clean camp and a dead fire

Chroniqueur
  • Publication 139 vues5 décembre 2001
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