Miossec @ El Médiator (Perpignan) – 8 février 2015


Miossec, El Médiator, la Bretagne et la Catalogne... Rencontre et fusion ici bas, ici même.

Accoudés au bar et amassés tout autour, nombreux sont les Perpignanais à siroter une boisson en attendant le breton. Il n’est pourtant que 17 heures passées de quelques minutes. Les rires s’envolent, le brouhaha se fait ambiant. Les bières pression s’enchaînent et la hâte de chacun se fait sentir. Chacun y va de son anecdote. Chacun exprime son rapport au poète. Ce soir, c’est un vieil ami que l’on vient voir.

Olivier Depardon ouvre la soirée. Ou plutôt la fin d’après-midi. Électrisant, il hypnotise la déjà nombreuse assistance face à lui. L’atmosphère se fait sombre. L’atmosphère se fait noire. C’est pourtant seul qu’il accomplit cette tâche. Celle de nous transporter. Les mots au poing. De courte durée, cette première partie nous laisse en suspens. Peut-être pour mieux laisser Miossec nous cueillir.

Celui que tout le monde attend arrive enfin. Dans la simplicité totale. Aucun artifice n’annonce sa venue. Aucune intro mirobolante non plus. Le Brestois vient lentement, se présente face à ses fidèles. Le nez à quelques centimètres de son micro, il salue d’un timide hochement de la tête. Comme il s’en amusera tout au long de la soirée, le « Thé dansant » peut commencer.

Que ce soit l’heure du thé, certes. Mais celle de la danse, un peu moins. Miossec nous amène, nous prend sous son aile pour une sorte de rendez-vous des âmes blessées. Sans l’ombre d’une noirceur, mais avec la plus généreuse des mélancolies. Celle qui, partagée, réconforte. Celle des plus réparatrices. Qui nous libère au bout de plus de deux heures de concert, la tête emplie d’interrogations, mais un sourire aux lèvres affiché.

Les titres s’enchaînent. D’abord ceux du dernier album paru l’an passé, « Ici bas, ici même ». Puis quelques « chansons ordinaires ». Avant de laisser la place aux plus classiques. Issues de « Boire » ou « Baiser », par exemple. Alliant les arrangements les plus rock comme les plus simplistes, par exemple sur Que devient ton poing quand tu tends les doigts ?. Bien sûr certaines chansons attendues passent à la trappe. Mais qu’importe. Chacune nous parle. Chacune nous renvoie à nos souvenirs, que ce soit ceux en rapport avec l’artiste ou ceux plus personnels. Regonflant nos poumons de l’air le plus pur. La salle est pleine, les cœurs aussi.

On se surprend à voir ce voyage prendre fin beaucoup trop tôt. Les chansons, les tristesses, les joies, les nombreuses boutades du performeur du soir, les présentations à rallonge de sa troupe, les sourires, les regards… Les deux rappels en témoignant, le moment était agréable. Pur. Joyeux. Fou. Triste. Mais surtout humain. C’est peut-être là la seule recette Miossec.

Chroniqueur
  • Publication 385 vues12 février 2015
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