Rock En Seine (1/2)


Rock en Seine est un rendez-vous incontournable parmi les festivals rock de l’été. La quatrième édition du Festival accueille cette année des têtes d’affiche particulièrement alléchantes comme Beck, Radiohead, ou Morrissey. Le site du parc de St-Cloud dispose de trois scènes sur lesquelles les artistes se répartissent en fonction de leur notoriété. Les horaires des […]

Rock en Seine est un rendez-vous incontournable parmi les festivals rock de l’été. La quatrième édition du Festival accueille cette année des têtes d’affiche particulièrement alléchantes comme Beck, Radiohead, ou Morrissey. Le site du parc de St-Cloud dispose de trois scènes sur lesquelles les artistes se répartissent en fonction de leur notoriété. Les horaires des concerts se chevauchant souvent, des choix cornéliens sont à prévoir…

Après avoir fait la queue entre quelques fans de Morrissey et de jeunes clones de Pete Doherty, on rentre enfin sur le site, et les premières notes du concert de Wolfmother commencent à résonner. Le groupe applique studieusement les leçons de ses parents – Maman Led Zeppelin et Papa Black Sabbath. Quand le bassiste ne joue pas sur sa Rickenbacker, il vient agrémenter les morceaux de quelques solos d’orgues alors qu’Andrew Stockdate fait sortir de sa guitare quelques riffs bien lourds. Les morceaux aux influences très seventies s’enchaînent agréablement, tout juste regrettera-t-on le manque évident d’originalité malgré l’indéniable qualité de la performance scénique du groupe.

Très vite, on rejoint la grande scène, où Calexico (photo 1) démarre sa prestation. Le groupe de Joey Burns (Guitare et Chant) et John Convertino (Batterie) joue des morceaux plutôt pop, issus de leur dernier album avec d’autres plus anciens aux influences hispaniques. Ils sont accompagnés de Paul Niehaus, du groupe Lambchop, à la Pedal-Steel, de deux trompettistes, qui échangent parfois leur instrument pour une guitare ou des percussions, et d’un contrebassiste. Triste disparition oblige, Calexico reprend Alone Again Or de Love, en hommage à Arthur Lee récemment décédé. Sur les anciens morceaux, comme Crystal Frontier, le groupe fait preuve d’une grande maîtrise pour installer une ambiance entre country et mariachi. Par contre, les morceaux plus récents comme Letter To Bowie Knife, laissent la part belle aux guitares électriques. On regrettera pour le coup l’absence de All Systems Red, véritable morceau de bravoure sonique du groupe. Au final une excellente prestation, hélas un peu trop courte.

La grande scène accueille ensuite Nada Surf (photo 2) qui joue ses morceaux de power-pop, et lorsque résonne l’intro de Popular, on ne peut s’empêcher de se laisser submerger par une vague de nostalgie. Daniel Lorca saute dans tous les sens, en secouant ses dread-locks, tout en jouant de la basse, tandis que Mattews Caws chante et joue sagement de la guitare. Nada Surf prend indéniablement du plaisir à jouer, mais très vite la faute de goût arrive : une reprise d’Alain Souchon…

Direction la scène de la cascade pour retrouver l’un des groupes tendance de l’année, Clap Your Hands Say Yeah (photo 3). On sera rapidement déçu du spectacle : on entend à peine le chanteur, Alec Ounsworth qui visiblement a la voix cassée, et les autres musiciens ont l’air mal à l’aise, voire parfois absents. On ne retrouve pas les ambiances de l’album, rappelant par moment Arcade Fire ou encore Wolf Parade. Après avoir démarré sur le très velvetien Upon This Tidal Wave Of Young Blood , le concert peine à captiver le public. Et on arrive tout juste à apprécier les ambiances, à la Talking Heads, de Skin Of My Yellow Country Teeth.

La Perfide Albion est également à l’honneur en cette première journée avec tout d’abord sur la grande scène les Dirty Pretty Things (photo 4). Le groupe de l’ex-Libertines, Carl Barat, qui débarque le bras en écharpe dans un Union Jack (le drapeau britannique) assure une performance plus respectable que celle de Pete Doherty et ses Babyshambles l’an passé au même endroit. Toutefois, le single Bang, Bang you’re dead et les quelques reprises des Libertines ne sauvent pas le groupe de la médiocrité.

Après cette piètre prestation, Kasabian (photo 5) arrive pour remplacer à la dernière minute Richard Ashcroft. En réanimant l’esprit de Madchester, avec les Happy Mondays et autres Stone Roses comme références, les Kasabian viennent réveiller un peu les spectateurs. L’originalité est loin d’être présente, mais le show est de qualité, porté par l’arrogance très anglaise du chanteur. On préférera toutefois quitter le groupe pour rejoindre la scène où doivent jouer les très attendus TV On The Radio (photo 6).

Arrivé sur scène, le groupe new-yorkais démarre son set avec l’excellent Wash The Day Away, porté par les deux guitares noisy de David Sitek et Kip Malone et la formidable voix soul de Tunde Adebimpe. Si l’album connaît quelques passages calmes, sur scène TV On The Radio préfère déchaîner ses guitares pour aller voir du côté de My Bloody Valentine. Le groupe joue ses morceaux, Dreams, Wolf Like Me, DirtyWhirl, dans un formidable mur du son noisy. Tout juste aura-t-on le temps de reprendre son souffle sur Ambulance, ici joué calmement avec des percussions, David Sitek à la human beat box, quelques notes de guitare, et les sifflements de Tunde Adebimpe. Assurément la meilleure prestation de la journée, intense, forte, et sans concession.

On fera une pause déjeuner salutaire pendant les Raconteurs (photo 7), tant pis pour Jack White et Brendan Benson et leur reprise de Nancy Sinatra (Bang Bang). Enfin c’est au tour de Morrissey (photo 8), qui alterne au cours de son set des morceaux des Smiths, et d’autres provenant des ces deux derniers albums. Après avoir entamé par un magnifique Panic, le Moz se met à cabotiner en jouant à la diva. Un jeu tout en second degré qui fait partie du plaisir de voir l’ancien leader des Smiths en concert. Le groupe est bon, parfois un peu trop rock (la guitare double manche frôlant la faute de goût …), ce qui ferait presque regretter le temps où Morrissey chantait replié sur lui-même, des fleurs à la main. Néanmoins les morceaux (How Soon Is Now, You Have Killed Me, I Just Want to See the Boy Happy) se succèdent à merveille, portés par la voix superbe et l’immense charisme de leur chanteur.

En parallèle, DJ Shadow s’empare des platines pour un set particulièrement attendu : cela fait déjà 4 ans que l’américain n’avait pas joué en France. C’est toujours avec le même plaisir et les mêmes frissons qu’on retrouve des morceaux d’"Endtroducing" ou de "The Private Press"..  même si sa prestation ne s’est pas avérée renversante comme on aurait pu l’espérer. Au final, un set vraiment (trop) court, à peine une heure sans rappel. Correctement envoyé, mais sans plus. On reste légitimement un peu sur sa faim, on en sort un peu déçus (et c’est sans compter les bavardages inutiles entre les morceaux, des visuels anti-Bush trop faciles…). Un DJ Shadow en petite baisse de régime donc, mais à sa décharge, les conditions de ce festival n’étaient pas forcément idéales (les concerts s’arrêtent à 23h15 !)… et il y a fort à parier que pour sa prochaine tournée en salle, on retrouvera un DJ Shadow au meilleur de sa forme.

Crédit Photo : Robert GIL

Rock en Seine 2/2 : lire le live-report du samedi 26 août

Par Tilda, Christophe et
Chroniqueur
  • Publication 76 vues25 août 2006
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