Troy von Balthazar @ La Clef – 08 avril 2005


En 1998, La Clef était pleine pour accueillir Chokebore pour un concert mémorable, d’après les quelques survivants que l’on peut croiser ce soir pour retrouver en solo son leader charismatique, Troy von Balthazar. Pourtant le public est relativement clairsemé, il faut dire que le chanteur n’a sorti qu’un 4-titres qui n’est pas encore disponible en […]

En 1998, La Clef était pleine pour accueillir Chokebore pour un concert mémorable, d’après les quelques survivants que l’on peut croiser ce soir pour retrouver en solo son leader charismatique, Troy von Balthazar. Pourtant le public est relativement clairsemé, il faut dire que le chanteur n’a sorti qu’un 4-titres qui n’est pas encore disponible en France.

Cela ne démoralise pas pour autant les locaux de Exeunt (prononcez éxéounte, c’est du latin), sans aucun doute contents de se produire sur scène. Bien élevés (trop ?), ils produisent un (post-)rock en français parfois nerveux, qui lorgne du côté de Radiohead et de Mogwaï. On retrouve quelques morceaux du récent EP, « A quoi bon attendre demain si l’avenir est si proche », une nouveauté, une vieillerie. Si l’ensemble se tient on regrette des montées en intensité trop timides, des influences encore trop présentes et dont il va falloir vite se débarrasser si le groupe souhaite poursuivre un cran plus haut ses aventures.

Un problème que ne connaît pas Encre. Deux albums des plus réussis, Encre et Flux, une reconnaissance de la presse, une expérience de la scène aussi bien en France que dans le reste de l’Europe et voilà Yann Tambour seul sur scène avec une kora, sorte de harpe d’Afrique de l?Ouest, pour un instrumental séduisant. Il est rejoint, pour la suite, par la magic team de Clapping Music (King Q4, My Jazzy Child, Erich Zahn) et une violoncelliste. Yann Tambour revisite alors sa musique, mélancolique, murmurant des textes parfois acerbes dans des atmosphères qui se rapprochent de l’électronica et du post-rock parfois noise. On est pourtant bien loin d’une certaine tradition de la chanson française et c’est tant mieux. Le groupe est concentré, carré et fait force commune pour un set excitant.

C?est donc une scène un peu vide que l’on découvre après un nouveau changement de plateau. Troy von Balthazar est seul sur scène, avec son sampleur, un clavier qu’il a sans doute reçu pour son dixième anniversaire et une guitare bariolée. L’hawaïen réalise alors des chansons un peu bricolées, mélodies plutôt pop pour un univers intime. Il est difficile de tenir un public sur sa seule personne. Rare sont ceux d’ailleurs qui y parviennent – Ben Christophers dans un genre analogue ou l’incroyable Nosfell dans un univers plus bariolé. Malheureusement Balthazar n’accroche que moyennement son auditoire, l’ensemble reste un peu linéaire et froid. On est bien loin de l’électricité, la sueur et les émotions d’antan. C’est bien dommage.

Chroniqueur