Stephen Malkmus @ Café de la Danse – 14 avril 2003


Un faux pas habilement rattrapé. Ce sont les jeunes espoirs de Clearlake qui font office d’amuse-bouche ce soir. Devant un public venu soigner sa nostalgie de Pavement, les anglais s’en sortent plutôt bien, avec un set évoluant d’une pop tout à fait correcte à une power-pop plus que plaisante. C’est ensuite au tour de Stephen […]

Un faux pas habilement rattrapé.

Ce sont les jeunes espoirs de Clearlake qui font office d’amuse-bouche ce soir. Devant un public venu soigner sa nostalgie de Pavement, les anglais s’en sortent plutôt bien, avec un set évoluant d’une pop tout à fait correcte à une power-pop plus que plaisante.
C’est ensuite au tour de Stephen Malkmus de monter sur scène, accompagné de trois musiciens (The Jicks) dont un petit nouveau, un clavier. On retrouve malheureusement dès le début du show le principal travers du dernier album, « Pig Lib », c’est à dire une recherche démesurée de la dissonance, et donc une virtuosité instrumentale indigeste.
Mais le salut des Jicks se trouve ce soir dans une bonne dose d’autodérision. Par exemple, en plein milieu de « 1% of one », alors que l’on frôle les pires moments du rock progressif à l’écoute de cette longue jam ennuyeuse, le batteur a tout à coup l’idée hilarante de s’arrêter de jouer pour quitter sa place et grimper sur le mur de la salle, signifiant ainsi sa propre difficulté à suivre les écarts de son leader. Ce dernier n’est pas en reste puisqu’il ponctue chaque chanson de quelques mots amusants en français ou bien se lance dans des dialogues absurdes avec son batteur. Les deux énergumènes iront même jusqu’à échanger leurs instruments pendant le premier rappel. Cette spontanéité bienvenue et cet humour très second degré annulent le manque d’inspiration de certaines compositions et les délires d’un Malkmus se prenant parfois pour un guitar-hero.
Si on ajoute à cela les quelques pop-songs espiègles du premier album glissées dans la set-list, on peut alors pardonner à l’ancien leader de Pavement ses maladresses. Il aura au moins prouvé ce soir qu’il a de bien meilleurs restes qu’on ne pouvait le craindre. Et puis tout le monde à droit à un faux pas. Y compris celui qui a fait du déséquilibre et des trajectoires obliques les ressorts de sa musique !

Chroniqueur
  • Publication 167 vues14 avril 2003
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