Swell @ Café de la Danse – 11 mai 2004


C’est une question de principe : chez Swell, on fait tout à son rythme. La musique, comme le reste. On n’est donc pas très étonné que le groupe ait pris tout son temps avant d’offrir une nouvelle visite à son public parisien. Il faut remonter au siècle dernier pour trouver la trace d’un passage de […]

C’est une question de principe : chez Swell, on fait tout à son rythme. La musique, comme le reste. On n’est donc pas très étonné que le groupe ait pris tout son temps avant d’offrir une nouvelle visite à son public parisien. Il faut remonter au siècle dernier pour trouver la trace d’un passage de Swell dans la capitale. Entre-temps, plusieurs rendez-vous manqués seront venus obscurcir la relation privilégiée que les Californiens entretiennent avec le public parisien. L’émotion est donc palpable lorsque le groupe foule la scène.

Les années ont passé et de nouvelles têtes sont apparues chez Swell. Du quatuor originel, ne subsiste ce soir que le leader David Freel, à qui nous devons le plus grand respect pour les quelques chefs d’oeuvres qu’il a enfantés, et de qui nous dirons donc aimablement qu’il a porté la casquette bien avant Jason Lytle de Grandaddy.

Tout commence pour le mieux jusqu’à ce que David s’emmêle les pinceaux à deux reprises, oubliant les textes ou intervertissant des accords. La première interruption amuse, d’autant plus qu?elle est commentée avec humour. En revanche, la seconde laisse planer un certain doute quant à la suite du concert. Faisant fi des crispations du public, les musiciens s’échangent stoïquement quelques mots, s’accordent plusieurs tentatives, jusqu’à ce que le leader rattrape enfin son erreur. L’incident impatiente le public mais arrache à peine quelques excuses à Freel. Il en faudrait bien plus pour venir troubler quatre gaillards à ce point absorbés par une musique, il est vrai, on ne peut plus hypnotique.

Le reste de la soirée se déroule donc sans hâte et sans encombre, au gré des extraits (heureusement rares) du dernier album, des titres (judicieusement nombreux) du ‘Too Many Days Without Thinking’ de 1997, et d?un splendide inédit en conclusion. Des morceaux au psychédélisme savamment dosé, bâtis autour de la voix monocorde de David Freel, sur fond de rythmiques folk brumeuses et de motifs électriques grungy.

Une atmosphère musicale vraiment personnelle et anachronique, une attitude scénique peu orthodoxe et une setlist résolument nostalgique ; on se serait donc cru dans un autre temps, ce soir-là, en compagnie de Swell.

PS : à visiter, cet excellent site français sur Swell, extrêmement complet et documenté, qui propose par exemple de nombreuses photos (dont les suivantes, prises par Damien Dubreuil lors de ce concert).

Chroniqueur
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Swell @ Café de la Danse - 11 mai 2004