T O U T E S T B E A U – Jozef Van Wissem – Oiseaux-Tempête @ FGO Barbara – 13 Janvier 2017


De prime abord le line-up de cette soirée pouvait sembler étrange. Du luth, un homme orchestre électro et du post-rock pour finir. Nous avions décidé de suivre la voie des Oiseaux-Tempête, et force est de constater qu'ils nous ont conduit sur une île fantastique.

Le vendredi 13, selon les croyances, est une date porteuse du pire comme du meilleur. Ce vendredi 13 a été porteur du meilleur. Bien que le line-up annonçait 3 groupes, c’est d’abord la présence d’Oiseaux-Tempête qui nous a guidé jusqu’au FGO Barbara, sans savoir quelles surprises nous y attendaient.

T O U T E S T B E A U avait la lourde tâche d’ouvrir la soirée, mais il a fait bien plus que ça. En un instant ce sont nos préjugés qui ont valsé. Autant sur le papier, sa description est absconse, autant en live c’est une révélation. L’homme est seul aux commandes, ses 3 baguettes scotchées à sa main droite pour faire gronder sa batterie, son micro dans un masque de néo-Dark-Vador, et sa main gauche sur ses claviers. Il est précis, puissant et communique une énergie incroyable. Quelle claque que ce son, cette présence !

L’enchaînement avec Jozef Van Wissem semblait alors périlleux. Un homme seul avec son luth baroque, l’écart entre les deux univers était grand. C’était sans compter sur l’authenticité du Monsieur.
Le luthiste, connu pour son inoubliable B.O d’Only Lovers Left Alive de Jarmusch, n’occupe pas l’espace, il l’envoûte.  C’est tendu, posé, beau et aussi dingue à sa façon. Il vit sa musique, ses arpèges fascinent,  son luth est une extension de lui-même. Ce qu’il donne à écouter est de l’ordre de l’intime. Une fois encore, ce qui était une curiosité pour nous s’est révèlé être une belle découverte.

Enfin les Oiseaux-Tempête prennent la salle, d’un coup, sans concessions, avec une ouverture de set puissante, organique, qui a laissé quelques spectateurs sur le côté, avant de les reprendre par les tripes plus tard. L’émotion a été brute, soudaine et on pourrait regretter qu’ils ne lui aient pas laissé le temps de s’installer. Mais leur musique est viscérale, elle n’est belle que quand elle occupe tout l’espace, quand la guitare de Stéphane gronde en basse, quand les déclamations de G.W. Sok deviennent incantations, quand la clarinette basse ourle l’ensemble et que le saxophone y ajoute des couleurs.
Après un rappel eargasmique, le silence se fait. Dehors, le froid et la nuit parisienne nous accueillent, heureux de ces presque 4 heures d’émotions partagées.

 

 

Chargée de relations extérieures