Troy Von Balthazar @ La Maroquinerie – 4 décembre 2006


Troy Von Balthazar, leader charismatique de Chokebore, groupe incontournable de la scène rock américaine a débuté il y a quelques années une carrière solo. Son premier album, sobrement intitulé "Troy Von Balthazar", sorti il y a tout juste un an, a su charmer un public aux oreilles sensibles. Mais s’il semble s’être assagi sur ses […]

Troy Von Balthazar, leader charismatique de Chokebore, groupe incontournable de la scène rock américaine a débuté il y a quelques années une carrière solo. Son premier album, sobrement intitulé "Troy Von Balthazar", sorti il y a tout juste un an, a su charmer un public aux oreilles sensibles. Mais s’il semble s’être assagi sur ses enregistrements studio, ses performances live sont toujours aussi habitées et hypnotiques, et portent sans conteste des réminiscences du groupe que Kurt Cobain avait invité personnellement à faire la première partie de Nirvana au tout début des années 90.
 
C’est une Maroquinerie à moitié vide que trouvent Olivier et Bénédicte, les deux membres de Bless. (photos n°1 et 2) Ayant pour tâche d’ouvrir la soirée, le duo a proposé une pop douce et faussement naïve. Après quelques titres susurrés en français, la chanteuse à la voix clonée sur Valérie Leulliot (Autour de Lucie), annonce une chanson parlant de fellation, de quoi réveiller les premiers rangs. Mais pas pour longtemps, le public retombe vite dans une profonde léthargie visiblement plus endormi qu’attendri par les jolies mélodies de Bless. Moins convaincante que sur disque, la musique de Bless ne laissera pas de grand souvenir. Non, ça ne correspondait vraiment pas au style de la soirée.
 
À l’entracte, changement d’ambiance : le monde se presse, les gens se lèvent, les photographes affluent et les premiers rangs se remplissent de jeunes filles venus admirer le beau Troy. Aperçu une semaine auparavant dans un club huppé des Champs Élysées, Troy Von Balthazar avait montré qu’il n’avait rien perdu de sa fougue, s’offrant au public, faisant des galipettes sur une scène minuscule.

Eh oui, un concert de TVB, c’est physique. Avec Rainbow en ouverture, on entre d’emblée dans le vif du sujet. Dès le premier titre, l’américain gesticule, se contorsionne, puis descend dans la fosse pour prendre un bain de foule avant de remonter sur scène finir sa chanson. Ce titre, fort apprécié, présent sur son album, permet de le voir littéralement construire sa chanson sous nos yeux en enregistrant des séquences et en les superposant au fur et à mesure. Suivent Playground et I Block The Sunlight Out, fidèles à leur version studio mais magnifiées par la fragilité de la voix et le coté sans filet qu’apporte le concert. 

Après le très joli morceau pop Real Strong Love, Troy est rejoint sur scène par Adeline Fargier (photos n°5 et 6), jeune femme gracile à la voix délicate qui l’accompagne sur quelques morceaux à la guitare ou au chant (Dogs et Took Some Money). Puis c’est au tour de Jérôme, dit La Perruque de faire son entrée. Une chose est sûre : il frappe fort. À chaque coup de batterie, on sursaute littéralement, tellement le choc est grand. Weird Box voit Troy chanter dans son deuxième micro, déformant sa voix pour en faire quelque chose d’inhumain, plus proche d’un personnage de cartoon que d’un chanteur de folk.

Enfin vient un des meilleurs titres de la soirée Enemies sur lequel Troy Von Balthazar peut se livrer à une réelle performance puisqu’il ne joue d’aucun instrument, bougeant à donner le vertige, se tordant et gesticulant, il est tout simplement hallucinant. Bad Controller vient clore la première partie du concert sous un tonnerre d’applaudissements.

Face à l’enthousiasme débordant du public, Troy nous propose lors de son premier rappel, un petit spectacle intutilé Crazy Bunny Dance. Vêtu d’un masque de lapin, il mime quelques pas de claquettes sur fond de musique rétro. Puis il interprète Big Balls, cover d’AC/DC avant de finir sur une de ses plus belles compositions : Heroic Little Sisters, poignante.
 
Pour son dernier concert français de l’année, TVB a été plus que généreux, avec pas moins de quatre rappels et une demi-douzaine d’inédits dont certains se réduisant à une seule strophe car encore en cours d’écriture. Il a su étonner, charmer, faire rire ou émouvoir, s’offrant sans retenue à un public en quête de sensations fortes : du grand spectacle !

Crédit photos : Robert Gil

Kim
Chroniqueur