Wraygunn @ Nouveau Casino – 08 novembre 2005


Le Wraygunn Rock’n’Roll Circus débarque à Paris. Quelques mois après la sortie de son deuxième LP, « Ecclesiastes 1.11 », et pour son 2ème show parisien de l’année (après une première apparition en juillet, au festival FNAC Indétendances), le plus déjanté des combos portugais a posé ses amplis au Nouveau Casino. Mise en bouche raffinée et stimulante, […]

Le Wraygunn Rock’n’Roll Circus débarque à Paris. Quelques mois après la sortie de son deuxième LP, « Ecclesiastes 1.11 », et pour son 2ème show parisien de l’année (après une première apparition en juillet, au festival FNAC Indétendances), le plus déjanté des combos portugais a posé ses amplis au Nouveau Casino.

Mise en bouche raffinée et stimulante, c’est Medi and the Medicine Show qui se charge de chauffer la salle. Menés de main maître par la guitare hargneuse et le chant puissant de Medi, ces niçois explorent les méandres du rock seventies avec la classe et les boots de rigueur. Certes, leur musique ne crie pas l’originalité, tant certains titres évoquent les Blacks Crowes, mais la spontanéité et l’énergie dégagées sont un régal pour les tympans. Les incursions de saxo ajoutent du raffinement aux riffs et refrains enlevés du combo. Dans sa lancée, le groupe ose une énergique et convaincante reprise de Can’t Explain des Who, signant son affiliation musicale sans complexe.

Puis le groupe fait place à Wraygunn. La voix de Martin Luther King résonne dans la salle, rapidement rattrapée par des samples qui mettent le public sous pression, jusqu’à l’entrée fracassante du groupe hurlant fièrement le refrain. Here we go ! Comme sur l’album, Soul City constitue une entrée explosive et confirme au public qu’il a choisi le bon concert pour se dégourdir les neurones. Le ton est donné d’entrée de jeu et ira crescendo pendant tout le set. Si on a beaucoup comparé Paulo Furtado à John Spencer (notamment lors de ses expériences avec The Legendary Tiger Man), il prouve ce soir qu’il a poussé bien plus loin l’exploration du blues : les compos mélangent habilement blues, samples, riffs rock, choeurs gospel avec une énergie et une conviction excitante. Chaque morceau est une déflagration, ça dérive dans tous les sens, les choeurs de la dynamique Raquel Rahla (le compulsif How Long) répondent aux chants et riffs de Paulo, tandis que les joyeux drilles se défoulent sur leurs instruments. Derrière ses aspects bordéliques, Wraygunn joue une musique cohérente, carrée et sans pépins qui retombe toujours sur ses pieds, enflammant le public. Sur le sexy I’m lover man, Paulo s’échappe de la scène pour aller se frotter au public et danser sur le bar. Quelques instants plus tard, c’est Jao qui quitte ses percus pour venir danser dans l’assistance, sur un Juice virulent. Tous les titres de « Ecclesiastes 1.11 », à l’exception de There but for the grace of god go i, sont interprétés sans aucun répit. Petit supplément dans ce déluge de sons, le groupe interprète ce soir You really got me des Kinks et My génération des Who, avec la fougue inhérente à ces titres.

Sur scène comme en studio, Wraygunn défend un rock déjanté, inattendu et libérateur qu’on aimerait entendre plus souvent.

Chroniqueur