Skin

Attention Mesdames et Messieurs, la panthère noire est de retour à Paris et il y a fort à parier qu?elle ne fera de nous qu?une bouchée !

Mais avant le combat final et pour nous mettre en appétit, ce sont les Champenois de Huck qui rentrent dans l?arène. Malheureusement, assurer la première partie de Skin dans un Trabendo bondé n?est pas chose aisée et la performance s?avère être un grand costume pour ce quatuor à la musique encore trop jeune, qui n?a pas réellement trouvé son propre style et sa propre couleur. Le résultat est bien pâlot, et malgré leur bonne volonté manifeste, les Français paraissent étriqués dans le rôle un peu trop parodique de jeunes rockers rebelles. Dommage les « kids », et à bientôt.

Et enfin, après de longs trépignements, l?ex-leader de Skunk Anansie bondit sur scène en rugissant un Only Vulture décapant puis enchaîne sans détour deux autres titres de son nouvel album (« Fake Chemical State ») : She?s On et Alone in my room. Dès lors, première constatation : en live, ces nouveaux morceaux déploient tout leur potentiel rock et punchy qui paraissait quelque peu lissé sur album. Et la suite du concert, avec entre autres Movin On, Don?t Need a Reason ou Just Let the Sun ne fera que confirmer cette impression? à la plus grande joie des plus attachés à la verve punk que la féline britannique avait mise de côté dans son premier projet en solo.

Après ce premier tour de chauffe musclé, la belle entreprend de charmer son public comme elle sait si bien le faire. D?abord grâce à une setlist bien rodée qui n?oublie pas les fans de la première heure grâce, notamment au superbe Faithfullness, issu du précédent album, « Fleshwounds ». Skin rend également hommage au groupe qui l?a fait connaître en reprenant à sa façon Charlie Big Potatoe et Hedonism que la salle s?empresse de chanter en ch?ur. Instant nostalgie?

Mais Skin est aussi et surtout une maîtresse de cérémonie hors pair. Parfois lascive et mutine, parfois provocante, agitée de spasmes, elle ressemble à un caméléon branché sur ampli. Insaisissable, elle subjugue l?assistance par sa décharge électrique d?énergie et son plaisir si communicatif à être là, tout simplement, affichant un sourire extra-large auquel beaucoup succomberont.

Car Skin rend au centuple ce qu?elle reçoit et sait se mettre un public entier dans la poche en jouant continuellement avec lui. Demandant à certains de refaire son lacet avant de se jeter dans la foule pour en prendre un bain, elle intime pour finir l?ordre de la suivre dans ses gesticulations démoniaques. Atteinte de « bougeotte aigue », elle contamine le Trabendo qui se transforme en un gigantesque trampoline sur le final survolté de Getting Away With It.

« Mademoiselle cent mille volts » revient encore l?espace de trois morceaux, dont Purple qu?elle annonce comme sa chanson préférée, et l?hymnesque I Can Dream qui clôt en apothéose cette (courte) heure de concert.

Chroniqueur
  • Publication 184 vues25 avril 2006
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