"> Fenech-Soler - Fenech-Soler - Indiepoprock

Fenech-Soler


Un album de sorti en chez .

On aurait tort de croire que l’obsolescence programmée est réservée aux appareils technologiques. Cette stratégie commerciale, consistant à lancer sur le marché des biens à la durée de vie limitée à dessein, s’applique hélas fort bien à l’actualité musicale. Quiconque tente encore de suivre la valse des étiquettes en retire souvent l’impression tenace que certaines […]

On aurait tort de croire que l’obsolescence programmée est réservée aux appareils technologiques. Cette stratégie commerciale, consistant à lancer sur le marché des biens à la durée de vie limitée à dessein, s’applique hélas fort bien à l’actualité musicale. Quiconque tente encore de suivre la valse des étiquettes en retire souvent l’impression tenace que certaines modes portent en elles leur propre éphémérité… Quant aux artistes, ceux qui échouent à prendre la vague au bon moment sont bien souvent voués sinon aux gémonies, du moins à l’ignorance. Qui, par exemple, est encore capable de nommer plus de trois groupes valables d’une vague nu-rave dont certains blogs électro-fluorescents nous vantaient les mérites à grands renforts de superlatifs ? C’est incroyable à écrire, mais ce premier album de Fenech-Soler, qui aurait alors probablement défrayé la chronique (nous étions en 2007 ou 2008), semble anachronique en 2011.

Dans un style assez convenu, le groupe anglais nous propose un mélange dynamique entre rock et électro discoïde, un cocktail qui porte en lui les qualités et les défauts des "ancêtres" Klaxons ou Delphic. Comme souvent avec ce type de formules, l’auditeur balance entre l’euphorie provoquée par l’énergie indéniable des chansons et la culpabilité de se laisser embobiner par des recettes piochant allègrement dans les grimoires synth-pop eighties les plus inavouables. Stonebridge en est un excellent exemple : on pourra alternativement être charmé par cette complainte tire-larmes et sa mélodie aussi basique qu’entêtante, ou en regretter les tics les plus agaçants – notamment un gimmick tout droit tiré du Just An Illusion d’Imagination…

Soyons honnêtes : il faudrait quand même avoir une furieuse envie de jouer les pisse-vinaigre pour nier l’efficacité de l’ensemble et notamment de certaines jolies tueries qui pourraient sans problème enflammer quelques dance-floors (Battlefields, The Great Unknown…). Très rapidement pourtant, l’impression tenace d’écouter en boucle le même morceau, clone du Pogo de Digitalism (c’est particulièrement criant sur le deuxième morceau, Lies), s’installe et le groupe ne fera pas grand-chose pour la déloger : on retrouve les mêmes sons, les mêmes suites d’accords sur Stop And Stare ou Demons.

Une conclusion définitive n’est pas aisée à offrir : comment porter un jugement définitif sur un album qui témoigne à la fois d’un véritable savoir-faire et d’une inspiration assez légère ? Selon l’humeur et l’indulgence dont on souhaitera faire preuve, on pourra le trouver séduisant ou pénible. Pour notre part, on retiendra avec mansuétude la première option.

Chroniqueur

La disco de Fenech-Soler