"> To Kill A King - To Kill A King - Indiepoprock
To Kill A King

To Kill A King


Un album de sorti en chez .

3

Echec mais pas mat.

Analogie facilement trouvée, classons dans la catégorie « coup du berger » (pour les néophytes, il s’agit d’une attaque fulgurante de rookie aux échecs), quelques uns des attributs de ce deuxième album du quintet de Leeds.

En premier, la voix, celle de Pelleymounter, un véritable bonheur qui allie puissance et vibrato avec des petites envolées qui peuvent difficilement laisser indifférent. De quoi faire se pâmer les groupies acnéiques des premiers rangs mais pas que, un côté chaud et mâle, limite « croonerie » qui fait son petit effet, notamment lors des plaintes lancées ici et là avec une certaine maestria (Compare Scare, Oh My Love). En second, citons la richesse des sons produits par les 5 bonhommes, car il y a de l’hétérogénéité à revendre dans la musique de To Kill A King et c’est un bel assortiment instrumental qui nous est offert (nous pensons ici à l’ambiance New Orleans des clarinettes de Today et aux cuivres sur Oh My Love). Enfin, en troisième, listons le côté percutant indéniable de bon nombre des courts titres de ce disque, des airs qui vous amèneront inéluctablement à un frétillement du croupion en bonne et due forme et sont de nature à tuer toute morosité ambiante (voyez si vous résisterez à Love Is Not Control).

Malheureusement, To Kill A King n’évite pas certains écueils et l’enthousiasme des premières écoutes s’envole, il faut bien le dire, assez vite…Il y a finalement ce qu’on perçoit comme du « trop » à différents endroits dans cette production qu’on attendait un peu car « Cannibal With Cutlery » nous avait laissé une jolie impression.

Sans ambages, ce qui n’est pas bon dans ce disque, ce sont des ajouts superfétatoires, des sons impromptus qui viennent polluer beaucoup de titres : le truc en plus mais surtout le truc en trop,… Sur Love Is Not Control, il y a ces sons rédhibitoires de Steel Pan, façon Compagnie Créole à 1:19. Il y a aussi cet essai peu heureux de Talk Box sur World Of Joy à 0:43 qui agit comme cette pointe d’assaisonnement mal maitrisée qui vient caviarder un plat qui présentait bien. Mais aussi par exemple (et on arrêtera là) les chœurs qui débutent et accompagnent Oh My Love et en font malheureusement une rengaine limite lancinante à laquelle s’ajoutent des cuivres qui font sombrer le morceau dans la grandiloquence.

Définitivement, il eut fallu suivre la voie de Musicians Like Gamblers Like Drunks Like Me, morceau dépouillé de fanfreluches sonores qui allie la simplicité de quelques cordes discrètes à la tessiture de Pelleymounter ; préférer sobriété et simplicité à des morceaux surproduits qui au final noient le propos et le principal atout du groupe : la voix du leader.

A ce stade de notre article, nous sommes conscients d’avoir un peu égratigné sans méchanceté les gentils garçons du Yorkshire, mais gardez à l’esprit que nous restons convaincus des qualités de chanteur de Ralph Pelleymounter ! Pour vous en convaincre, et clore notre chronique sur une note positive, empruntons à Einstein, protagoniste de la jolie couverture, la citation « Il n’y a pas d’échec, il n’y a que des abandons ».

Chroniqueur

Tracklist

  1. Compare Scars
  2. Love Is Not Control
  3. Oh My Love
  4. Friends
  5. The Chancer
  6. School Yard Rumours
  7. Good Times (A Rake's Progress)
  8. Musicians Like Gamblers Like Drunks Like Me
  9. Grace at a Party
  10. World of Joy (A list of things to Do)
  11. Today

La disco de To Kill A King