The Experimental Tropic Blues Band - Spit'n'Split

Spit’n’Split


Un album de sorti en chez .

9

La fureur, le rock'n'roll et l'image.

Voilà une chronique quelque peu différentes de nos habitudes. En effet, “Spit’n’Split” est la bande originale d’un docu fiction du même nom, du réalisateur Jérôme Vandewattyne. Le susnommé “aurait” suivi le groupe pendant deux dans le cadre d’une tournée entre bars miteux et hotel-bowlings pour personnes du troisième âge. Il est question ici de la dure rencontre entre amitié et promiscuité, de délire rock déviant et psychédélique. Avec un grain belge déjà observé dans l’excellent Ex Drummer, par exemple, le film mélange humour corrosif et vérité crue, le tout sous l’égide d’un culte sans faille pour une certaine idée du punk.

Ces moments de doutes, de dépit, de délire, de blagues et de trip sont donc soutenus par une bande son, l’album qui nous occupe. Clairement, la puissance du documentaire rend ledit opus bien plus prenant et nous ne pouvons que vous encourager à vous enquérir de sa sortie, dont nous n’avons pas de date officielle à ce jour.

Nous aurons donc droit aux psychés Baby Bamboo comme aux fureurs dissonantes type Straight To The Top, sans oublier les purement ambient Le Culte, par exemple. Le sujet est quelque peu disparate lorsque l’on se borne à l’album. Par contre, une fois s’être délecté du magnifique film dont l’album n’a d’autre prétention que d’être la bande originale, tout prend de la saveur et surtout du liant.

Le disque est réellement la bande son d’une vie parallèle, de gens décalés, maniant absurde et passion du jusqu’au-boutisme. Ce dernier pan de la production qui nous occupe s’apparente à une forme de leitmotiv du “Tropic”. Le groupe va “au charbon” comme à la première heure, mais le cadre que le groupe s’impose, sur ce disque comme sur le précédent, leur permet d’exprimer une vraie profondeur artistique qui n’entame en rien, donc, leur démarche punk et immédiate. Cette immédiateté, qui se perçoit d’autant plus sur les morceaux follement punkisants tels que le Straight To The Top déjà cité, est clairement ce qui rend attachant ce groupe depuis le début, un esprit qui n’a jamais quitté la bande. Cette maturité non pervertie, le groupe la doit avant tout, de toute évidence, à une réelle harmonie entre les trois membres qui, comme un seul homme, adhère à une démarche collective qui ne supporterait pas de déviance d’un des membres. Le fond du film, d’ailleurs, met bien en avance l’impossibilité que trouverait le groupe à survivre à l’individualisme de l’un ou l’autre. Cette homogénéité transpire par le fait que le groupe marie punk et démarche artistique réfléchie sans rougir d’une quelconque tiédeur.

Toutes ces considérations sont de l’ordre de l’impalpable, c’est bien en cela d’ailleurs que l’appui de l’image revêt un réel intérêt, outre la qualité cinématographique de l’objet. En tout état de cause, la capacité dont le groupe fait preuve depuis un certain moment à allier démarche artistique et rock’n’roll sauvage, lui confère comme une sorte de label “les yeux fermés, j’y vais”. Et dieu sait que, jusqu’ici, la déception est bien bien loin…

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