"> - Indiepoprock

Le rock n?est pas au mieux de sa forme à Grenoble : fermeture de l?Entrepôt, Feverish ou Maczde Carpate remerciés par leur label respectif. Pourtant il est une structure qui tient bon : Un dimanche, à qui l’on doit entre autres Rhésus, lauréat de l?édition 2004 du concours CQFD des Inrockuptibles. Ce même label sort aujourd’hui une compilation qui annonce clairement la couleur « Do you Speak Pop ? » et pour fêter cela, rendez-vous était donné au Batofar.

Apple Jelly ouvre le bal plutôt que les hostilités car c?est bien un groupe de « rock à danser » auquel on a affaire. De deux à quatre bidouilleurs derrière claviers et autres machines, parmi lesquels on reconnaît Etienne Dos-Santos, déjà membre de Melk et de Rien, ainsi que Markbär. Et c?est ce qui séduit rapidement chez ce groupe, de gros beats de type technoïde et une basse primale qui lui confèrent un puissant potentiel pour vous mettre en mouvement. A leurs côtés, un chanteur et un bassiste-guitariste-choriste un brin arrogants, tout droit échappés d?un groupe en ?THE?.

Si la formule est séduisante sur le papier, elle laisse un goût amer une fois la machine lancée? En effet, les morceaux pourraient être assez accrocheurs par les mélodies, mais perdent beaucoup tant la voix de Benoît court en vain après celle de Richard Ashcroft, en débitant des paroles minimalistes du type « baby, let?s go to the party » ou « we want to say hello to the world ». Le tout répété autant de fois que le fait Jean-Jacques Goldman sur la fin d?un Je te donne. Bref, décevant d?autant que leur dernier morceau, création récente, est du même acabit. « Come on, Come on? ».

Les seuls moments qui ont pu me sortir de cette torpeur générale furent un morceau en français sous la bonne étoile d?un Higelin des années « Champagne » ou ce petit rappel (qui n?avait pas été tant demandé que cela) marqué par un esprit cabaret. Différent mais sans doute plus intéressant que le reste de leur prestation. N?est pas Primal Scream qui veut?

La soirée se poursuit sous la bonne étoile de l?electropop de Melk dont nous avons particulièrement affectionné les deux premiers albums, Melk et Super 8. Et le moins que l?on puisse dire, c?est que le groupe a pris une nette assurance sur scène.

Finies l?immobilité et la peur derrière les micros. On s?agite et certains morceaux s?entourent alors d?un réel esprit rock et d’une énergie qu?on ne leur soupçonnait pas. En entrant avec le merveilleux The Unseen, Melk place la barre assez haut. Pourtant en jouant avec les titres de leurs deux opus, en anglais et en français, le groupe tient la distance et la dragée haute à certains groupes parisiens moins humains.

Le public adhère sans vraiment de difficultés ni de réserves, ici à la basse junglelisante de Queen for a day, aux envolées de voix sur La Veille, à l?accent frenchy de Love is a soap opera au jeu de guitare tout en mesure de Fred pourtant bien plus rock que certains. On jubile lorsque Patrice, sémillant batteur, vient esquisser quelques pas de danse en toute fin de set, sur le devant de la scène en compagnie de Sabrina, chanteuse qui avait pour l?occasion revêtue une petite robe blanche assez 60?s.

Avec la nouvelle assurance scénique de Melk, on prend désormais un plaisir différent mais sans doute plus intense. Un plaisir qui ce soir là était sans aucun doute partagé. Merci et à un dimanche (très prochain).

Chroniqueur
  • Publication 249 vues7 décembre 2004
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