"> - Indiepoprock

Organisé par Productions Spéciales, le concert commence un peu plus tard que prévu pour laisser le temps aux retardataires d’arriver. Lorsque Lisa Papineau arrive sur scène, la chanteuse semble ennuyée, peu à son aise. Dès les premiers morceaux, des problèmes de son, affectant notamment la voix, vont entâcher la qualité de sa prestation. Malgré tout, le groupe livre un excellent set, tour à tour vivifiant et doux. Le début du show est plus intimiste, et l’ambiance mélancolique. Lisa ne paraît chanter que pour son public. La formation est pourtant au complet ce soir, avec un batteur. Les spectateurs rentrent encore en cours de concert, tout doucement, comme s’ils n’osaient pas déranger. Lisa, pied nus, interprète Non stop drummer, accompagnée d’un violoncelle. Comme à son habitude, elle vit le rythme de cette chanson, à sa façon. Call me frenchy est rythmée comme un trip-hop mâtiné de jazz, presque chuchotée.

Le groupe interprète également un nouveau morceau. Ce slow triste, For your love, est agrémenté d’une nouvelle ligne de violoncelle. C’est beau et ça fout le bourdon. La voix de Lisa se libère, prend de l’ampleur et nous révèle sa face cachée. On imagine un vieux dancing déserté au bout de la nuit avec quelques danceurs délaissés. Pour Diamonds and pearls, le groupe fait participer le public avec humour et celui-ci se prète facilement au jeu. Puis la violoncelliste passe aux claviers. Ce titre plus rythmé permet à Lisa de faire enfin son grand écart. La boîte à rythmes infernale fait des siennes et déboussole les musiciens. La fin du set arrivant rapidement, Lisa remercie tous ceux qui ont fait le déplacement et surtout, « ceux qui aiment le rock’n roll« .

La « tête d?affiche », Mathis and the Mathematiks, a décidé de passer en second pour bénéficier d?un maximum de public. En effet la soirée avance et risque de se terminer tard. Mathis arrive seul sur scène pour nous jouer un titre sur une très vieille guitare sèche avec un bottleneck. Une poursuite l?éclaire et sa voix chaude fait penser à un vieux blues de la Nouvelle Orléans. Puis le groupe au complet arrive. Le son est de bien meilleure qualité : contrebasse, guitare électrique et batterie vont soutenir le blues-rock un peu sélect de Mathis. Le son s?intensifie et le rythme est là, mais il n?y a pas assez de monde dans la salle pour faire monter la température. Mathis nous gratifie de très beaux solos de guitare et de douces balades. Il tente de faire bouger la salle, et n?y tenant plus, descend dans le public et se déhanche comme un James Brown blanc. Le groupe interprète également des titres plus jazzy. On sent les références à Prince, surtout lorsque la voix monte dans les aigus. Mathis enlève sa chemise et la jette dans le public. Cette fois l’atmosphère est sérieusement réchauffée. Un couple s?est même mis à danser le rock dans le fond de la salle. Une reprise de « Jumping Jack Flash » commencée de façon très cool, finit de façon bien plus électrique, tant sur scène que dans le public. Le concert de Mathis and the Mathematiks se conclut dans la bonne humeur et le rock?n roll le plus total.

Lorsque les Norvégiens de NUD arrivent, une partie du public est déjà partie? Mais leur énergie et leur joie manifeste d?être sur scène est communicative. Tori, la chanteuse, porte les titres de sa voix puissante et angélique. A la foi électro-rock et post-pop, le style de ce combo est tout à fait original. Le DJ aux platines et le guitariste virtuose se partagent l?espace mélodique avec un égal bonheur et le clavier vient souvent sur le devant de la scène pour chanter avec Tori. L?association de ces deux voiix si différentes est une vraie réussite. Il en résulte un mélange surprenant de pop lyrique et hip-pop. Malgré l?heure tardive, NUD parvient ainsi à motiver le public, qui danse et tape dans ses mains. Sur la fin, la chanteuse se saisit d?un accordéon et propose un duo ultra sensuel avec le guitariste. C’est avec plaisir qu’on retiendra ce nom : gageons que NUD nous reviendra bientôt dans une salle plus grande.

Chroniqueur
  • Publication 190 vues7 juin 2005
  • Tags
  • Partagez cet article