"> - Indiepoprock

Première date d?une tournée marathon (plus d?une vingtaine de villes visitées) dans l?Hexagone, le concert des Kill The Young à la Maroquinerie était l?occasion pour les trois jeunes Mancuniens d?une sérieuse mise en jambe. Au vu de la prestation énergique, généreuse et corrosive qu?ils ont livré au public parisien, on se dit que cela devrait plutôt bien marcher pour eux dans les jours qui viennent, devant des audiences potentiellement moins acquises à leur cause.

La première partie assurée par les français de Prototypes et leur rock acide et tendu a plutôt tenu ses promesses. Et si, pour ceux qui découvraient ce groupe, la chanteuse aux faux airs de Natacha d?AS Dragon n?a pas paru à la hauteur de ses acolytes , le concert valait au moins pour son côté débridé et le titre Danse sur la merde qui passe à la radio, petite boule de nerf au refrain explicite.

Restait donc pour Kill The Young à abattre ses cartes. Et d?entrée, la confrérie des Mc Gowan attaque pied au plancher, avec un Follow Follow supersonique et détonant. Derrière sa batterie, le plus jeune des frères est impressionnant de puissance, martyrisant ses fûts avec une énergie fougueuse. Suivent No Heroes, No Problems, Addiction et leur tension à la fois mélancolique et vénéneuse.

La voix étranglée de Tom, le chanteur, se révèle étonnamment puissante et sensible, sans jamais souffrir de la comparaison avec l’album. On est frappé aussi par la maîtrise des ficelles du jeu en trio sur des titres comme Sail away ou No Problems, où guitare et basse s?entremêlent et s?enroulent dans un subtil jeu de séduction, s?accouplant dans des explosions rageuses et corrosives. Visiblement heureux d?être là, Dylan (basse) et Oliver (batterie) se donnent sans compter et se montrent souvent plus expressifs que leur taciturne frontman. C?est particulièrement vrai pour Oliver qui, tout en fendant l?air de ses baguettes, n?a de cesse de reprendre en c?ur les textes de Tom, comme sur Origin Of Illness, tube imparable à l?intro entêtante, qu?ils n?hésiteront pas à renvoyer lors des rappels.

Le public aura droit aussi à quelques nouveaux titres, comme Radio, histoire de montrer que Kill The Young prépare déjà l?avenir et ne compte pas disparaître de sitôt. Et pour l?instant, on veut bien le croire. La cohérence de ce répertoire a de quoi impressionner et on est en droit, après un concert aussi serré et maîtrisé, d’accorder au groupe le bénéfice du doute.

Chroniqueur
  • Publication 225 vues31 janvier 2006
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