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En pleine tournée mondiale, Massive Attack passe par la France et s’installe à Paris pour trois dates consécutives (du 28 au 30 août). Plutôt que de se produire un seul soir au Zénith ou à Bercy, le groupe investit trois salles de taille moyenne : l’Olympia, la Cigale et le Bataclan. Une configuration à taille humaine plus réjouissante,  plus favorable à un son de meilleure qualité, critère forcément fondamental dans la réussite d’un concert. Retour sur la prestation livrée à la Cigale.

False Flags, un titre présent sur le best of « Collected » ouvre le show. Belle entrée en matière, qui plante tranquillement le décor et l’atmosphère sombre et hypnotique si propre à Massive Attack. On entre plus dans le vif du sujet avec Risingson, titre claustrophobe où la grosse voix de Daddy G fait toujours son effet. S’en suit un panaché de titres piochés dans la discographie du groupe britannique, avec les inévitables Unfinished Sympathy avec au chant, Déborah Miller, remplaçant avec brio Shara Nelson, Karmacoma, Teardrop avec une belle prestation de la cristalline Elizabeth Fraser, ou Butterfly Caught. Les musiciens sont parfaits (deux batteurs, un bassiste, un guitariste, un claviers), les guests au chant s’en sortent très bien (bémol cependant pour Horace Andy qui n’excelle pas franchement dans Hymn Of The Big Wheel). 3D, la tête pensante du groupe, est visiblement très en forme, il se lance même à plusieurs reprises dans une gestuelle rappelant un boxeur en plein combat.

Le jeu de lumières contribue à renforcer l’esprit électrique du show, tout comme le dispositif de tableau à diodes derrière le groupe. Les titres s’enchaînent, toujours empreints d’intensité et d’ambiances sombres et angoissantes. Une heure et quarante minutes et le concert se termine déjà, après un explosif Group Four (en version longue).

Comme d’habitude, Massive Attack livre un concert de qualité, plein de maîtrise et très carré ; le show est bien rodé et ne laisse pas de place à l’imprévu. Une noirceur électrique et une tension lancinante palpables : deux éléments constituant la marque de fabrique du groupe, dont on ne se lasse décidément pas.

Ceux qui ont déjà vu Massive Attack en concert depuis le virage pris depuis l’album « Mezzanine » pouvaient savoir à quoi s’attendre. Ce sont donc les prochaines prestations des Anglais qui seront à guetter sérieusement : espérons que la tournée accompagnant la sortie du prochain album studio (« Weather Underground ») offrira son lot de différences et de nouveautés, pour ne pas que l’intérêt suscité par les concerts du groupe ne s’amoindrisse. Ce serait vraiment dommage…

Chroniqueur
  • Publication 142 vues29 août 2006
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