"> - Indiepoprock

Si Medi était né trente ans plus tôt, il serait à coup sûr monté dans l’un des wagons du train des 70’s et se serait assis entre Pete Townshend et Jimmy Page, déversant son déluge de Rock’n Roll sur des galettes de 30 cm en vinyle noir. Mais nous sommes en plein cœur des années 2000, à Paris, et le Niçois ne semble pas encore tout à fait prêt à accepter la situation…

Alors pour se rapprocher de l’esprit de ces années divines, Medi a choisi un look, fait de t-shirts moulants et de bottines aux pointes interminables ; une religion, le rock’n roll de Cream et de Jimi Hendrix ; et une arme, une Fender Télécaster ivoire comme celle que Keith Richards fait hurler sur « Brown Sugar ». Il a également réussi à embarquer dans son univers un groupe de jeunes musiciens acquis à la même cause que lui, eux aussi en boots à pointes, eux aussi tout droit sortis des mid-seventies, eux aussi vénérant les mêmes idoles. 

A l’occasion de la sortie de son premier album studio, Medi et son Medicine Show – sorte de power trio auquel on aurait ajouté un saxo ténor – étaient en showcase au Neo Club, boite de nuit parisienne située à deux pas des Champs-Elysées. Dans la salle, des écrans diffusent en boucle les images du clip de Yeah Yeah, le  premier single du chanteur, en alternance avec un concert sur la scène mythique de l’Olympia. On patiente en regardant les vidéos tout en sirotant paisiblement un « sex on the beach » (mais où vont-ils chercher des noms pareils ?)….

Puis les musiciens entrent en scène. En une grosse heure de concert, le groupe interprète la quasi-intégralité des morceaux figurant sur le CD. Ce sont autant de petites perles rock’n roll ciselées comme des pièces d’orfèvrerie. Le son est puissant et incisif, la section rythmique d’une régularité et d’une efficacité impossibles à prendre en défaut. Medi lui-même n’est pas en reste et se révèle être un formidable guitariste, aussi à l’aise à l’électrique qu’à l’acoustique, jonglant entre les riffs dévastateurs et les ballades en open-tuning. Aux premières notes de Yeah Yeah, justement, le public se laisse emporter et accompagne les artistes en frappant dans les mains et en reprenant le refrain en chœur. Le niçois sait faire monter la sauce sans jamais relâcher la pression, soutenu par cette basse entêtante et omniprésente, ainsi que par un batteur à la frappe typée John Bonham. Juste avant la fin du set, le combo délivre une fantastique reprise de « I Can’t Explain », de la bande à Daltrey, histoire de rappeler s’il le fallait d’où le groupe tire son inspiration. C’est à la fois âpre et pêchu, rugueux mais d’une douceur sans pareil.

Lorsque la musique s’arrête, un petit sifflement dans les oreilles nous conforte dans l’idée qu’on a passé un excellent moment avec Medi, plein de jubilation, de nostalgie. On en reprendrait bien un petit peu plus. Pourquoi pas à la Flèche d’Or le 19 octobre prochain ?

Chroniqueur
  • Publication 308 vues21 septembre 2006
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