"> Brazzier - After - Indiepoprock

On a aussi écouté Brazzier – After

Nouvel album de Brazzier, « After » scelle, à l’instar de l’univers de Chasseur, la rencontre d’une darkwave puissante et d’une pop synthétique sensible. Plus encore, peut-être qu’avec « Lignes Futures » , il trouve un équilibre saisissant entre cold et sentiments défaits. Si la tentation festive plane sur tout le disque, elle s’éteint presque à chaque fois pour laisser la place à une introspection, toujours entre deux états.

Des états, entre échappées extatiques et peines profondes. Quand on ne parvient plus à déterminer où se situe la plénitude et la chute. Brazzier restitue à merveille ces moments troublants, indéterminés, portés par une musique de plus en plus subtile. L’ambiguïté est érigée en art, et les référents planent comme des fantômes ; réminiscences habitants le disque comme autant de jalons temporels et charnels.

C’est le tour de force de ce nouveau disque ; parvenir à injecter dans la froideur cette humanité si fragile, la fragilité de l’amour, entre brûlure et rupture. Ce danger si plaisant.

« After » se pose alors que l’époque semble se draper dans un repli sans fin. Brazzier réactive, lui, une dimension subversive, ce diable au corps en infiniment plus romantique. Un bréviaire sentimental aux accents 3.0. Alors que les corps et les esprits, plus que jamais, luttent pour échapper à leur dématérialisation. Derrière ces murs du son cold et électro, Brazzier remet au centre de nos pensées la complexité, et la beauté, de l’organique.

Au cœur de la machine numérique, nous restons des êtres de chair et de sang. Ivres de sensations et d’interconnections avec la nature et les autres. Brazzier rend ainsi à la coldwave toute sa vibration intérieure. Soutenu à deux reprises par la voix de Blandine Bescond, il délivre une magnifique leçon de musique et de poésie post-numérique.

Yan
Chroniqueur
Brazzier - After