On a aussi écouté Catherine Watine – N’être Qu’humaine
Ce nouvel album de Catherine Watine est sans doute le plus personnel. La musicienne y creuse, d’un bout à l’autre, un sillon déjà emprunté – celui de la chanson française -, mais elle en renforce la profondeur. La voix et le piano sont les piliers d’un disque à la force minimale. Seuls des arrangements très discrets, des bruits lointains minutieusement collectés, et la gravité de cordes bouleversantes accompagnent ce voyage musical intime et introspectif.
Les chansons égrènent des souvenirs, des sentiments dévoilés, des peurs et des questions existentielles, dans une pudeur remarquable et touchante. Le disque apparait ainsi comme la quintessence d’un univers complexe qui n’a jamais cessé d’évoluer et d’explorer, sans jamais se perdre. « N’être Qu’humaine » en fournit quelques clefs. A commencer par ce titre en forme d’apaisement et de renoncement. L’apaisement, face aux mauvais coups reçus, à ces combats qui soudain deviennent dérisoires. Renoncement, face aux vaines prétentions.
Reste le plus important, et forcément le plus impalpable. L’album fourmille de questions, de doutes et de regrets. Il y répond par une poésie presque lumineuse. Comme si la musicienne était parvenue à transcender les souffrances dans ces cris étouffés et mélodies à la limpidité désarmante.
La noirceur se mêle à la douceur ; la conscience très nette du temps qui passe, avec tout ce que cela implique, dialogue avec un fatalisme bienveillant. Il ne s’agit ni d’optimisme, ni de désespoir, mais d’états d’âmes qui semblent paradoxalement se conjuguer. La musique, aux confins de la musique contemporaine et d’une pop étrange, retranscrit à merveille ces oscillations intérieures. « N’être Qu’humaine » se pose dans toute sa fragilité et sa présence irradiante.
- Publication 1 169 vues30 avril 2025
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