"> Dadèf Quartet - Ephémère - Indiepoprock

On a aussi écouté Dadèf Quartet – Ephémère

Il n’y rien de plus difficile que de capter l’instant. Cette magie du paradoxe, sur laquelle absolument tout repose. Quand on découvre « Ephémère », le nouvel album du Dadèf Quartet, on pense immédiatement au poète japonais Shuntarô Tanikawa. A sa poésie où tout n’était que textures et ressentis. Si proche en cela de la musique.

Le jazz du Dadèf Quartet, dans sa quête universelle et musicale nous parle de cela. Au-delà de l’écriture, ce que l’on capture c’est l’impermanence de chaque chose et l’éternité, pourtant, des sentiments. Et c’est dans cet équilibre plus que précaire, existentiel, que se situe cet « Ephémère ». Entre les lignes totalement, au-delà des frontières. Qu’elles soient physiques ou artistiques.

Il ne s’agit pas de fusion. Il s’agit d’une épure, d’une vibration au cœur du monde. Comme si les instruments, ici, n’étaient plus que les capteurs de sa respiration. Rendant audible et palpable ce mystère. Ces dialogues qui se nouent au-delà du temps, des distances et des cultures.

Dadèf Quartet délivre une leçon de musique, loin cependant de toute démonstration de virtuosité ; mais en élaborant de savantes compositions où se mêlent traditions et minimalisme, Europe et Asie, dans un ébouriffant  syncrétisme.

La modernité est affleurante, comme un rappel saisissant d’une contemporanéité tellement plus complexe et indéchiffrable qu’on ne le croit. Au milieu de souffles et de rythmes d’autres âges, ou plutôt de tous les âges. C’est bouleversant et d’une intelligence absolue.

Yan
Chroniqueur
Dadèf Quartet - Ephémère