On a aussi écouté Daran – Grand Hôtel Apocalypse
Ce nouvel album, alors que Daran s’est forgé un parcours musical exceptionnel – de la scène francophone à la scène indé américaine parmi l’une des plus passionnantes -, vibre d’une énergie intacte, d’un rock rugueux mais sensible.
C’est dans cet équilibre que réside la grande réussite du disque. A la fois déchirant et gorgé de stoner rock, il parvient à une parfaite synthèse d’univers souvent perçus comme antinomiques. Si Mark Lanegan avait chanté en français, on aime à penser que cela aurait donné « Grand Hôtel Apocalypse ». Derrière la sombreur et le ton rauque du disque se cachent une montagne d’humanité et des blessures.
Cela donne des chansons sublimes, violentes et fracturées, traversées par des regrets, le temps qui passe. Tour à tour intimes ou plus engagées, elles dessinent le portrait d’une époque où règne la solitude, comme celui d’un homme salement secoué par les accidents de la vie. L’enfant, l’arme au poing, cède alors sa place à l’adulte méchamment abîmé, à qui il reste surtout les larmes. Daran les transforme en orages électriques.
Et l’on se dit que cet apocalypse ressemble davantage aux pertes que l’on doit affronter. Des ruptures à la perte de son innocence. Jusqu’au deuil. Cette plongée dans le mal est souvent effrayante, toujours fascinante et terriblement prenante.





