"> Icalma - Habitar la Inmensidad - Indiepoprock

On a aussi écouté Icalma – Habitar la Inmensidad

Plus que jamais à la croisée des pratiques artistiques – de l’image à la musique – Icalma livre avec ce 3ème album un concentré de ses recherches sonores. Depuis son retrait de Panico, le franco-chilien a développé un univers singulier où se mêlent musique traditionnelle, électro et post-punk.

Sa vision d’architecte est ici évidente, tant les morceaux semblent construits, et se poser sur des paysages à l’immensité saisissante. Il en capte tout le mystère, faisant passer dans ses compositions toute la grâce inquiétante d’étendues vertigineuses. On écoute le disque comme on se poserait au milieu de ces lieux désertiques – le nom « Habitar la Inmensidad » est inspiré par le travail du photographe Pablo Valenzuela -. La musique en livre toute la puissance introspective, et l’on comprend alors à quel point la musique peut s’incarner, devenir un paysage à part entière.

Icalma fait des silences et de la lenteur le socle de ses morceaux, qui vont bien plus loin qu’une simple ambient. Ils sont chargés de tout un environnement, de ses moindres oscillations. Et l’on ne sait plus si l’on écoute de la musique, ou les bruits captés de tout un monde, jusqu’aux souffles. Ce vent que l’on croit entendre, que l’on sent même parfois. Cette musique est vivante, vibrante, tout en détails infimes qui nous parviennent à la condition de pénétrer cet univers sonore, de se laisser ensuite emporter.

C’est, en effet, toute une immensité qui se déploie alors, aspirante et inspirante. D’une beauté sidérante, et étrangement mélancolique aussi. Car l’on sent bien à travers ce déploiement naturaliste et profondément humain toute la menace qui plane sur ces étendues livrées à elles-mêmes. Le désir aussi, de s’y perdre alors qu’ailleurs résonnent le chaos et une ultra-technologie de plus en plus hostile.

« Habitar la Inmensidad » est un très grand disque, essentiel. Parce que cette vision, cette lenteur réfléchie, cette plongée dans un vide consolant ont quelque chose d’infiniment consolateur.

Yan
Chroniqueur
Icalma - Habitar la Inmensidad