On a aussi écouté Les Mercuriales – L’exil loin des slows
Ce nouvel album des Mercuriales creuse le sillon d’un rock méchamment trempé dans la littérature. Dans cette matière en fusion, la poésie retrouve sa classe subversive, le rock sa nature profonde. Celle d’une musique aux splendides déchirements.
Moins bruitiste que velvetien désormais, Les Mercuriales, avec pour frontman l’écrivain Jean-Pierre Montal, replace l’énergie effondrée du rock au coeur d’une scène trop souvent asphyxiée par des postures vaines. Les textes-nouvelles accompagnent des compositions en roue libre, aux confins d’un déchaînement incontrôlable, ou sombrant sur elles-mêmes. Toujours au bord de la rupture, d’une survie arrachée à la violence. Rien n’est pourtant surjoué.
Tout est connecté à la vie, à ces impasses, sentiments défaits. Solitude et destin brisé. Mais si bien habillés, si bien poursuivis par une musique à la furie enivrante, que ces errements sonnent juste. Gorgés d’écritures mythiques, de comptoirs et de vestons si bien taillés.
Classe intégrale, goûts parfaits, chutes vertigineuses, et refuges poétiques nous éclatent à la figure. Et donnent à cette époque si souvent vulgaire une lumière définitivement attachante. « Un mode d’emploi du monde », à trouver dans les pages d’une littérature éternelle, et d’une musique tendue comme un horizon en feu.
- Publication 148 vues21 mai 2026
- Tags Les MercurialesPop Club Records
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