On a aussi écouté M4R4 – Taxidermia
M4R4 – on prononce Mara – cultive une coldwave singulière, explorant tout un univers malaisant, en proie aux troubles psychologiques, mais pas seulement. Plus complexe qu’une écoute superficielle pourrait simplement résumer à l’univers dark. On plonge plutôt dans un romantisme noir, projeté dans une électro effondrée. « Taxidermia » fait ainsi remonter à la surface toutes nos angoisses, nos contradictions, nos perditions.
Le spleen puissant qui se dégage du disque a quelque chose de viscéralement cathartique, connecté à tous les angles morts d’une époque désespérément – et faussement – clinquante. M4R4 semble éteindre toutes les lumières, et s’enfoncer délibérément dans un imaginaire moins angoissant que surnaturel. Sa synthpop accompagne magnifiquement l’insondable d’un temps qui semble renouer avec une modernité déshumanisante. En brouillant les frontières entre l’humain, l’animal et l’artificiel, la musicienne sème le doute mais, surtout, elle cherche des émotions authentiques.
Émotions qu’elle restitue sous forme d’une électroclash entre amour, mélancolie et folie. Dans la plus pure tradition d’un art interrogeant les conséquences qu’engendrent de tels changements technologiques sur l’humain. Sa réponse est violente, et convoque un irrationnel sensible face à des changements déroutants. Changements qui font de la perfection technique un horizon effrayant pour l’authenticité d’interactions de plus en plus déconnectées de la chair.
- Publication 1 020 vues11 juillet 2025
- Tags M4R4Autoproduction
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