On a aussi écouté Manu Louis – Club Copy
Il faut remonter aux géniaux Add N to X pour trouver dans un univers musical une telle somme de genres réunis au service d’une musique parfaitement cohérente par ailleurs. Plus pop que les cultissimes londoniens, « Club Copy » partage avec eux ce même élan en apparence foutraque mais remarquablement intelligent et efficace.
Manu Louis y fusionne pop indé et électro avant-gardiste dans une fulgurance créative qui sonne comme une évidence. L’époque, pourtant pétrie de progrès et de mouvements, semble parfois se complaire, en matière musicale, dans un conformisme désespérant. La pop, le rock et d’une certaine façon la musique électronique, tournent trop souvent en roue libre, sans chercher à se réinventer.
« Club Copy » a cet immense mérite. Celui de tenter, et de réussir, à redéfinir les codes de ces genres enkystés dans leurs habitudes. Forcément le résultat est euphorisant, remuant et passionnant. Car derrière ce qui pourrait ressembler à un furieux, et génial, recyclage permanent, apparaît un son novateur. Un son chargé des fantômes de Suicide, échappés des cabarets berlinois, qui efface la frontière entre musiques populaires et pointues, entre le mainstream et l’underground.
« Club Copy » est traversé par l’énergie qui courait dans le New York des années 70/80, quand tout semblait à terre. Cette musique a quelque chose de post-apocalyptique, pleine des soubresauts et des incertitudes actuelles, mais pleine aussi d’une certaine lumière, propre à toutes les œuvres transcendant la pure noirceur pour construire un futur artistique.
- Publication 1 053 vues5 octobre 2023
- Tags Manu LouisIgloo Records
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