"> Nicolas Paugam - L'assassinat - Indiepoprock

On a aussi écouté Nicolas Paugam – L’assassinat

Nicolas Paugam est un trésor. De ceux que l’on aimerait garder jalousement pour soi. Ce nouvel album renforce – si besoin était – l’attachement que l’on porte à ce musicien qui a injecté à la chanson d’ici, la folie tropicaliste. Cette luxuriance affolante qui est venue si souvent électriser un répertoire  national entre pop léchée et variété problématique. Nicolas Paugam y taille son territoire avec une joie intense, une mélancolie lumineuse.

« L’assassinat » investit l’univers de Brassens avec cette même fougue, cette même intelligence musicale redoutable. Et d’un seul coup, dès la première chanson, on entend Brassens comme jamais auparavant. On sait immédiatement que c’est ainsi que l’on doit l’écouter. On sait également que plus jamais on ne l’écoutera autrement. Nicolas Paugam est au-delà de l’hommage, bien au-delà de l’exercice attendu de la reprise.

Il s’agit d’une véritable recréation, d’une incarnation enthousiasmante. On a beau savoir que Brassens a toujours été un musicien de génie, et un parolier inouï, on a souvent gardé de ses disques qu’une impression datée, sauvée par la provocation brillante de ses textes.

Et voilà que Nicolas Paugam en restitue la puissante modernité, la fantastique vivacité et pertinence. Il le fait en ayant l’audace folle de ne pas faire du « Brassens » . Mais en suivant ses propres obsessions musicales, baignant dans le rock, la bossa, les musiques populaires brésiliennes.

Et dans cette irrévérence, il explose littéralement le fossé temporel. Entre expérimentalisme, chanson traditionnelle et doux psychédélisme, Nicolas Paugam pose la transgression ultime, et la plus belle qui soit. Il ne reprend pas Brassens. Il le réinvente littéralement.

 

Yan
Chroniqueur
Nicolas Paugam - L'assassinat