On a aussi écouté Noorg – III
De Noorg, on a toujours aimé le rapport à l’improvisation. Et cette étrange, et magnétique, hybridation. Musique pleine de traces, de fragments presque, qui finissent par faire apparaître des paysages. Sortis de brume, ou d’un noir épais. Et dans lesquelles la lumière n’est que résiduelle, et donc essentielle. Cette musique est fascinante, hypnotique évidemment, mais surtout profondément ancrée dans le mystère.
Voici donc « III », qui complète ce répertoire sans équivalent. Plus texturé, encore plus connecté à une nature que l’on ne distingue plus que par des signes. Noorg ne compose pas. Mais semble attraper des sons, des nappes, des cris, des ambiances incertaines au fil de son voyage. Que l’on imagine nocturne, ou entre deux ombres. Planté au milieu d’un monde plongé dans l’indétermination. Pourtant, cette musique provoque un apaisement inouï. Une écoute ancestrale que l’on retrouve, étonné que ce monde sonique puisse encore exister.
On pénètre dans « III », on le traverse, exactement comme l’on rentrerait dans une forêt immense. Et sans crainte. Juste captivé, attiré d’un bruit à l’autre, d’une sonorité à l’autre. Magie noire, ou reconnexion aux racines de la musique. Qui existait avant les notes. Dans un espace tout en résonance, vibrations et souffles.
Noorg sculpte une matière, taille dans les sensations auditives, et assemble ces morceaux arrachés à des univers défaits. Reconstituant ce qui pourrait être la musique d’une faune et d’une flore à peine imaginaires. Juste sorties de leur silence apparent. Amplifiant cette vie invisible, et la porter au cœur de notre conscience artificialisée.
- Publication 132 vues29 octobre 2026
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