On a aussi écouté NO&RD – Twoo
Les éclats fumants de « One » demeurent encore incandescents, après quelques années, que la suite de cette aventure liant Olivier Mellano et Régïs Boulard nous parvient en pleine face. Le temps séparant « One » de « Twoo » ne dit rien pourtant de leur incroyable proximité. Cette série est le fruit d’un dialogue musical aux étincelles hallucinantes, et sans doute encore plus hallucinées sur ce deuxième tome.
La puissance de « Twoo » est sidérante, remarquablement construite, alors qu’elle est le produit de sessions d’improvisation. Ce qui se joue entre ces deux artificiers dépasse la simple expression d’un rock indé poussé dans ses retranchements noisy ou free. La dimension éruptive touche ici au sublime, sans que l’on puisse déterminer si cette violence sonique porte de la colère ou de l’énergie vitale. Ou les deux mêlées. Cette matière sonore, en tout cas, est prodigieuse par sa capacité à s’élever dans un déluge captivant, au delà du raisonnable.
La résonance, la densité de cette musique, qui n’engage que deux artistes, retourne le cerveau. Ce qu’ils forgent a la beauté du diable, c’est une esthétique qui fracasse les cloisons du math rock, de la noise, d’un jazz explosif. On y perçoit l’extrême engagement les liant dans cette création sans équivalent ; un engagement presque physique tant cette musique, que l’on voit littéralement se faire sous nos yeux, est impressionnante. Effrayante souvent, dans le meilleur sens du terme, parce qu’elle réveille l’écoute, et nous tire d’un confort anesthésiant.
« Twoo » réveille et révèle ce que la musique a de plus précieux. Son lien avec le vivant, ce mystère éternel que l’on oublie à force de ne plus être violenté artistiquement. « Twoo » est essentiel, viscéral et beau.





