On a aussi écouté Palo Alto – Les Furtifs, Emeute Musicale (Remixes)
« Les Furtifs », roman essentiel d’Alain Damasio, pose un regard incandescent sur l’évolution de nos sociétés, qui semblent s’enfoncer dans une violence oscillant entre explosions citoyennes et brutalité institutionnelle. Sous l’œil complice et pervers des algorithmes.
Ce roman a d’emblée été accompagné par une bande-son. Mais son voyage musical s’est poursuivi sur scène, aux cotés de la formation Palo Alto. Il se décline à présent, entre les mains d’une scène électro indépendante, en remixes incendiaires. Huit musicien.n.e.s livrent leur vision des compositions de Palo Alto. Et portent ce récit d’une émeute urbaine dans les méandres complexes et tourmentés d’univers entre frissons synthétiques et vibrations organiques.
La somme de ces relectures est étonnement cohérente. D’une lecture sans rupture, elle revisite le spectacle d’une monde livré à ses pulsions, totalement dominé par les émotions, le conflit. Carburants d’un système qui ne sait plus lire dans son peuple. Sauf pour imposer la répression comme seul dénominateur. Sans jamais tenter de comprendre les racines d’une colère, en apparence irrationnelle.
L’appareil qui s’élève ainsi face à la manifestation d’une revendication incompréhensible pour un pouvoir devenu sourd et aveugle, se heurte à un ensemble de signes. Et de sons. Un ensemble vital. Terriblement humain.
Et dans cet ensemble de signes, se dessine une réalité, que l’on pourrait qualifier paresseusement de dystopique. Elle ne l’est pas. Elle éclaire des évolutions et des fractures en cours. Un effondrement qui recèle une renaissance. Celle d’un corps social bouillonnant, créatif et incontrôlable par sa nature même. Puisqu’il tente de se reconnaître lui-même. Cette redéfinition se lit également dans ces remixes, à l’énergie dévastatrice et terriblement signifiante.
Réunion d’électroniciens underground, ce disque reflète un corps social qui se cherche, dans la violence, faute de trouver une représentation collective à la hauteur des mutations à l’œuvre.
Les furtifs ne le seront plus longtemps. Et cette déflagration annonce un nouveau contrat social. L’art a toujours été une prémonition.





