"> Serge De York - Au Nord de Nulle Part - Indiepoprock

On a aussi écouté Serge De York – Au Nord de Nulle Part

« Au Nord de Nulle Part » pourrait résonner comme la nouvelle version d’un défaitisme bien contemporain, souvent nourri d’opinions faussement pertinentes. Ce n’est pas le cas. C’est même l’exact contraire. Serge De York, à l’instar de Odezenne, trimballe une authentique et bouleversante mélancolie. Qu’il met au service d’un regard moins désespérant que désespéré.

Un regard qui a l’élégance de donner aux tourments intimes une dimension universelle, dans une succession de chansons redessinant les contours de la pop.

Et dans une synthèse particulièrement réussie entre la modernité d’une scène qui s’est émancipée de ses contraintes et de ses figures tutélaires, pour se construire un autre imaginaire, « Au Nord de Nulle Part » symbolise la belle évolution de la chanson française. Ce moment précis, où toute une génération parvient à imposer des références et influences – enfin – renouvelées.

Il y a bien sûr le rap, ce phrasé hip hop, qui traverse le disque. L’électro minimale, connectée aux vertigineuses possibilités offertes par les nouvelles technologies. Puis, surtout, cet impressionnant patrimoine musical français qui s’est constitué ces toutes dernières décennies, et que Serge De York empoigne et fait sien.

S’enchaînent alors les fulgurances autodestructrices inaugurées, notamment, par Daniel Darc, le romantisme noir et réalisme du Miossec de « Boire », la poésie frontale, et l’extrême acuité de cette nouvelle génération devant se (dé)battre dans le chaos d’une époque si contradictoire et difficile à appréhender.

Serge De York positionne ainsi son disque au centre de ces évolutions. « Au Nord de Nulle Part », mais bien au cœur d’une scène en pleine effervescence et passionnante.

Yan
Chroniqueur