"> Super Parquet - Couteau/Haute Forme - Indiepoprock

On a aussi écouté Super Parquet – Couteau/Haute Forme

On n’osera pas parler, s’agissant de ce nouvel album de Super Parquet de musique électronique de la fin de l’abondance, ou de transe débranchée pour cause de risque énergétique. Même si Super Parquet démontre avec une force saisissante à quel point la puissance n’est pas corrélée au déluge technologique.

A titre personnel ce monde que l’on nous promet éteint et lent aurait tendance à nous déprimer sévèrement,  et l’intention de la formation auvergnate n’est d’ailleurs probablement pas dans ce dessein. « Couteau/Haute Forme » résonne littéralement, comme un objet sonore traversant le temps, reliant des traditions ancestrales à la modernité la plus brûlante.

A la recherche, on aime à le penser, d’une musique hors d’âge, plus forte que les époques qu’elle traverse, au point de se réinventer au fil des siècles. Le fil rouge de « Couteau/Haute Forme » demeure ainsi la résonance en continu d’un son antédiluvien, qui doit tout autant à Philip Glass qu’aux maîtres de l’électro répétitives les plus contemporains, à Steve Bingham qu’aux musiques traditionnelles relevant de l’ethnomusicologie.

C’est une erreur, cela dit, de ne voir dans la musique de Super Parquet qu’un exercice strictement cérébral. C’est même exactement le contraire. Elle est toute entière tournée vers la transe festive, et  la communion populaire aux allures d’une fête totale. Une fête dont le besoin et les manifestations, à nouveau, s’inscrivent dans une forme d’éternité, génération après génération. Et que Super Parquet traduit, dans ses compositions et concerts, en fusionnant rave et bal. Comme la plus belle démonstration possible que la musique est l’incarnation d’une profonde humanité et de ses meilleures pulsions créatives et collectives.

Yan
Chroniqueur
Super Parquet - Couteau/Haute Forme